De nombreux éditorialistes de Contrepoints ont déjà démontré en long et en large la futilité du plan gouvernemental de Guerre à la Drogue actuellement en place aux États-Unis (cf ici, ici). J’aimerais cependant prendre le temps de démontrer encore une fois au lecteur dubitatif, en faisant appel à son bon sens de contribuable, pourquoi une telle approche prohibitive n’est qu’un gigantesque bûcher d’argent public.

Pour ce faire, plongeons sans tarder dans les dossiers de la Drug Enforcement Administration (DEA), la fameuse agence fédérale créée par Nixon en 1973 pour chapeauter le programme de Guerre à la Drogue (« War on Drugs » en version originale).
Dotée de 2,867 milliards de dollars de budget et de 11 025 employés pour 2014, la DEA pointe allègrement à 260 000 dollars de dépenses par employé. Un chiffre difficilement justifiable au vu des résultats obtenus. Ainsi de 2005 à 2013, la DEA affirme avoir saisi des actifs et des drogues ayant causé aux trafiquants des pertes de 25,7 milliards de dollars. C’était sans oublier les lois les plus basiques de l’économie et la relation entre le prix, l’offre et la demande. Pour faire simple, à chaque fois que la DEA crée 1 $ de perte marchande au gang A en saisissant sa marchandise, le gang B se frotte les mains en voyant disparaître un concurrent sans avoir à tirer un coup de feu, une fois n’est pas coutume dans ce milieu, avant de saisir la balle au bond et de venir combler le vide. Si les coups de filet se multiplient et que l’offre vient réellement à se tendre un peu plus, on peut potentiellement assister à une augmentation des prix et à une baisse des consommateurs potentiels. Sans vouloir entrer dans un débat technique d’économiste sur l’élasticité de la demande de drogue en fonction du prix, on peut aisément comprendre qu’il est naïvement simpliste d’affirmer que causer 25,7 milliards de pertes à certains trafiquants, revient à causer 25,7 milliards de pertes à tous les trafiquants, loin de là.
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