FRANCE 🇫🇷 (Prohibition): tout est dit par PCP (Police Contre la Prohibition) sur les Ă©ventuelles actions ‘pĂ©dagogiques’ dans les Ă©coles que pourraient mener gendarmes et policiers

Le PCP n’est pas favorable à l’envoi de policiers et gendarmes dans les écoles pour des missions d’information et de prévention des dangers des drogues.

  • Entre la rĂ©pression et la santĂ©, l’usage de drogues en France dĂ©finit des dĂ©linquants-malades.
    Tant que l’usage de drogues est un délit, la démarche est incohérente et contreproductive. Si des jeunes veulent poser des questions qui les impliquent, étant consommateurs, ou juste par curiosité, ils ne le feront pas par crainte d’être identifiés et interpelés un jour ou l’autre.
    Si éventuellement leur consommation (ou celle d’un proche) est hasardeuse ou problématique, ils n’en feront pas état non plus et l’occasion d’être aidé sera manquée.
    La rĂ©pression des usagers de stupĂ©fiants est intense, et cible essentiellement les jeunes. Ces missions ont un goĂ»t de double-discours peu convaincant, d’autant moins qu’aucun acte de prĂ©vention n’est exercĂ© sur le terrain.
    La prévention recouvre bien d’autres conduites que l’abstinence. À propos de drogues, ce genre d’interactions avec des jeunes doit pouvoir se faire sans crainte ni tabou.
  • Les policiers et gendarmes n’ont qu’une formation sommaire en matière de drogues, dĂ©livrer de l’information destinĂ©e aux plus jeunes devrait ĂŞtre rĂ©servĂ© Ă  ceux qui ont une expertise plus Ă©tendue des produits, des modes de consommation et de la rĂ©duction des risques.
    Le sujet est assez sérieux, notamment chez les mineurs dont la consommation est en augmentation, pour qu’une telle démarche soit réalisée avec des intervenants neutres ayant les connaissances et le savoir-faire appropriés. Se faire entendre d’un public particulier est un exercice à part entière, c’est du ressort de gens rodés à cela.
  • 3/ Pour peu que les Ă©coliers / collĂ©giens / lycĂ©ens soient issus de quartiers dits « sensibles » ils n’accorderont que peu de crĂ©dit au message prĂ©ventif de la police, l’essentiel de son activitĂ© Ă©tant la chasse Ă  l’usager de drogues.
    C’est sur le terrain que l’image de la police doit être restaurée, et pas à la faveur d’opérations com’ dans les établissements scolaires, qui ne correspondent pas à l’information appropriée.

Obéissant à la philosophie de la prohibition, le message délivré, celui qui sera retenu, sera in fine celui de la répression. La prévention contre les dangers des drogues a vite fait de se muer en peur. La peur du flic, la peur d’être embarqué, celle de se faire punir par les parents quand ils viennent récupérer un mineur au commissariat.

L’interdit pénal est aveugle. L’interdit pénal n’explique pas pourquoi la drogue est une conduite à risques, et n’a rien de pédagogique.

L’interdit éducatif c’est justement la parole sans tabou, dans les écoles et dans les familles. La peur n’évite pas le danger, et l’interdit strict attise la curiosité.
On devrait pouvoir parler de la drogue comme du tabac ou de l’alcool, et ĂŞtre en mesure d’expliquer sereinement les risques, sans dramatiser outre-mesure. Avec un peu d’habiletĂ© dans le discours prĂ©ventif Ă  l’attention d’un jeune, il est mĂŞme possible de glisser des conseils de consommation « au cas oĂą » sans sembler ĂŞtre suspicieux. Il faut ĂŞtre lucide sur l’appĂ©tit d’expĂ©riences des jeunes, et oser aborder le sujet.
Mais pour ça, il faudrait évidemment que la diffusion de messages de prévention à destination des jeunes en particulier, des familles et des écoles, et de tous les concernés par la drogue en général, soit décomplexée et accessible.
L’article L.3421-4 du CSP constitue une sorte d’entrave de plus : parler de drogues, qui plus est à des mineurs, est un exercice délicat quand estimant que la menace de la répression est inopérante, un manque de sévérité peut être interprété comme une incitation ou de la négligence.

Pour les policiers et gendarmes, l’implication dans la réduction des risques doit se limiter aux situations de terrain et d’urgence.

  • Connaissance des CAARUD et CSAPA de secteur pour crĂ©er des contacts et une forme de partenariat, et ĂŞtre en mesure d’y orienter des usagers, des parents.
  • Un savoir de base sur les drogues les plus consommĂ©es et les plus prĂ©sentes sur le secteur, et celles prĂ©sentant le plus de risques.
  • Et peut-ĂŞtre un jour, une dotation de kits de Naloxone pour venir en aide aux victimes d’overdose, qu’il s’agisse de drogues illicites ou de mĂ©dicaments opioĂŻdes.

Le collectif Police Contre la Prohibition

Paris, le 10 mars 2020

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