BELIZE 🇧🇿 (affaire Elijio Briceno) la DEA qui joue avec le trafic.. comme bon lui semble, entre magouilles, faux tĂ©moignages et ‘entrapment’

Le trafic une fois mis en place, les agents de la DEA en font ce qu’ils veulent.

VexĂ©e de voir les champs de marijuana s’étendre dans le pays, alors qu’elle tente de circonscrire ceux du pays voisin Ă  grands coups de Round Up, la DEA s’en est prise Ă  une tĂȘte de turc qui semblait lui rĂ©sister :  « les contrevenants peuvent mĂȘme ĂȘtre reconnus coupables de dĂ©lits liĂ©s Ă  la drogue sans possĂ©der aucune drogue. Elijio Briceno, ancien ministre de l’Énergie et des Communications du Belize, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en avril 1985 aprĂšs avoir acceptĂ© l’argent du front d’agents de la DEA Ă  Miami pour de prĂ©tendues drogues qu’il n’avait jamais livrĂ©es. Les troubles de Briceno ont commencĂ© en octobre prĂ©cĂ©dent, alors qu’il Ă©tait encore au service du gouvernement du Belize, une nation qui avait attirĂ© l’hostilitĂ© de l’administration Reagan pour son attitude dĂ©contractĂ©e envers la marijuana. Briceno en particulier avait offensĂ© la DEA en s’opposant officiellement Ă  sa demande de pulvĂ©riser des champs de marijuana avec du paraquat toxique (du Round Up). (Au Belize, la DEA n’est pas entravĂ©e par les restrictions de l’Environmental Protection Agency) »

Elijio Briceno

Des menaces, ou un piĂšge, la technique habituelle des amĂ©ricains lui ont alors Ă©tĂ© appliquĂ©es :  « alors que Briceno Ă©tait toujours au pouvoir, l’agent de la DEA, Robert Ridler, s’est approchĂ© de Briceno, lui demandant d’acheter de la cocaĂŻne ou de la marijuana (l’entrevue avait eu lieu Ă  Chetumal au Mexique !). Lorsque Briceno a exprimĂ© son intĂ©rĂȘt, la DEA l’a importĂ© de venir aux États-Unis avec quelques marchandises. Selon l’avocat de Briceno, Reber Boult, Briceno a reportĂ© la DEA, insistant pour qu’ils lui apportent d’abord l’argent. Des semaines de marchandage s’ensuivirent, au cours desquelles le parti de Briceno perdit les Ă©lections de 1984 et Briceno commença Ă  faire face Ă  des difficultĂ©s financiĂšres. Enfin, la DEA l’a persuadĂ© de se rendre Ă  Miami en Ă©change de quelque 32 400 dollars ».

Bien sĂ»r lĂ  c’était la deuxiĂšme solution choisie par la DEA, via un informant-aviseur restĂ© dans l’ombre :Briceno a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© lorsqu »il a rĂ©cupĂ©rĂ© l’argent. Il a Ă©tĂ© inculpĂ© de trois chefs de complot et de 20 chefs d’utilisation du tĂ©lĂ©phone pour commettre un crime fĂ©dĂ©ral (passible d’une peine de quatre ans chacun); la DEA elle-mĂȘme avait initiĂ© au moins 16 des appels, et en tĂ©lĂ©phonant Ă  Briceno depuis la Caroline du Nord, elle a rĂ©ussi Ă  faire juger Briceno Ă  Wilmington, l’un des quartiers les plus conservateurs et les plus enclins Ă  des condamnations du pays. Devant le tribunal, l’avocat Boult a fait valoir que son client n’avait pas l’intention de livrer de la drogue mais qu’il ne cherchait que l’argent, une arnaque pas rare au Belize. Alors que les porte-parole de la DEA ont dĂ©crit Briceno comme un « grand revendeur de marijuana », Boult a fait valoir qu’il n’avait aucune des ressources, des capacitĂ©s ou de la richesse d’un grand concessionnaire. Selon une dĂ©claration sous serment d’un tĂ©moin, l’agent de la DEA, Russell Reina, avait admis en privĂ© que « Briceno n’était pas un pivot ».

NĂ©anmoins, Briceno (mort en 2016) a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  sept ans (il en risquait 48 !) et Ă  une amende de 50 000 dollars, au grand scandale de ses compatriotes bĂ©liziens. Plus de 3 000 de ses concitoyens ont signĂ© une pĂ©tition pour sa libĂ©ration. « Les BĂ©liziens se rendent soudain compte que le gouvernement amĂ©ricain, par le biais de ses agents de la DEA, a peu ou pas d’égard pour les droits constitutionnels de nos citoyens bĂ©liziens et la souverainetĂ© de notre pays », a estimĂ© un chroniqueur du Belize Times ». 

Aujourd’hui, le leader d’opposition du PUP ( People’s United Party) est Johnny Briceno, son propre fils... pour lequel il avait fait campagne juste avant de dĂ©cĂ©der.

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