FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (amende forfaitaire): bienvenue chez les tartuffes

La consommation de stupĂ©fiants en France et en particulier de cannabis a Ă©volué  car, aujourd’hui, les consommateurs cultivent eux-mĂȘmes ou se font livrer sur internet via Twitter, Snapchatt ou autre Whatsapp, voire Signal et le problĂšme du trafic en banlieue n’est pas pour autant solutionnĂ©.

Que pensez de cette mesure annoncée samedi par Jean Castex ?

C’est affligeant. C’est affligeant de vouloir rĂ©gler les problĂšmes du trafic en taxant  les usagers par cette amende forfaitaire pour usage de stupĂ©fiants dans les lieux publics, qui ne s’accompagne mĂȘme pas d’une incitation aux soins.

Le permis de fumer moyennant une amende Ă  payer de 200 euros.

En termes de prĂ©vention des addictions et des conduites addictives, ça n’a aucun sens. Ensuite, le deuxiĂšme argument, c’est que soi-disant, c’est pour plus d’efficacitĂ© et de simplicitĂ© du travail policier… La police et les gendarmes n’ont ils rien de mieux Ă  faire pour assurer la sĂ©curitĂ© des citoyens?

Pour Yann Bisiou, professeur de Droit Ă  l’universitĂ© Paul ValĂ©ry Ă  Montpellier, qui dĂ©nonce une mesure contre-productive en termes de santĂ© publique et inadaptĂ©e Ă  lutter contre le trafic.

« C’est de l’hypocrisie, c’est de l’effet d’annonce. C’est en rĂ©alitĂ© une trĂšs vieille proposition qui traĂźne dans les cartons depuis une quinzaine d’annĂ©es et qui Ă©tait portĂ©e par certains syndicats policiers. Donc c’est donner des gages Ă  certains syndicats policiers, mais ce n’est absolument pas une politique de santĂ© publique. Bien sur que la lĂ©galisation par l’État ne rĂšglerait pas tout. Mais elle rĂ©duirait considĂ©rablement certains effets. Et surtout n’entraĂźnerait pas d’augmentation des consommations chez les jeunes. La lĂ©galisation permet de parler du produit, de ses risques, parce que le cannabis ce n’est pas anodin. C’est comme tous les produits, comme le tabac, comme tous les produits toxiques, ça a des consĂ©quences qui peuvent ĂȘtre dangereuses. Donc, lĂ©galiser, ça permet d’informer. Ça permet d’Ă©changer et ça permet de discuter. La deuxiĂšme chose, c’est que ça permet aussi de contrĂŽler la nature du produit. C’est Ă  dire que l’État dĂ©finit les qualitĂ©s de produit qui sont commercialisĂ©s et vous pouvez avoir un suivi, un traçage des produits consommĂ©s, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement oĂč les gens peuvent consommer un peu n’importe quoi. 

Xerfi Canal avait reçu Yann Bisiou, maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’universitĂ© de Montpellier III, pour parler de la dĂ©pĂ©nalisation des drogues douces.

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