Une plantation illĂ©gale de cannabis Ă Martorell, prĂšs de Barcelone, le 6 octobre 2020. – AFP
A la frontiĂšre française, la Catalogne (nord-est) est devenue «la ferme (de cannabis) de lâEurope», selon Ramon Chacon, adjoint aux enquĂȘtes criminelles de la police rĂ©gionale catalane.
L’Espagne reprĂ©sente un tiers des saisies au sein de lâUnion europĂ©enne, selon le dernier rapport europĂ©en sur les drogues, publiĂ© en 2019.
Tout a commencĂ© il y a dix ans, lorsque les organisations distribuant le haschich marocain sur la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne espagnole, qui disposaient dĂ©jĂ dâinfrastructures solides et de contacts, «se sont rendues compte quâelles gagnaient plus dâargent avec la marijuana», poursuit-il.
Avec 25 millions de consommateurs, le cannabis est la drogue la plus consommĂ©e en Europe et son commerce y pĂšserait environ 11,6 milliards dâeuros en 2019, selon les estimations dâEuropol.
Ces juteux bĂ©nĂ©fices attirent en Espagne «les groupes organisĂ©s Ă©trangers et multinationaux qui y crĂ©ent de grandes installations de production pour rĂ©pondre Ă la demande dans leurs pays», explique Jan Op Gen Oorth, porte-parole dâEuropol.
Des groupes anglais, suisses, serbes, polonais ou français sont séduits par les faibles coûts et la législation espagnole et ses «zones grises», explique Ramon Chacon.
Le commerce et la consommation publique du cannabis sont interdits en Espagne mais la production pour la consommation personnelle est autorisĂ©e. Une lĂ©gislation qui a permis la crĂ©ation dâassociations de consommateurs sans statut lĂ©gal qui produisent du cannabis pour leurs membres.
Avec pour résultat, estime Ramon Chacon, une banalisation du cannabis et des «tentacules» du trafic de drogue qui atteignent «toutes les couches de la société», y compris en corrompant policiers et politiciens.