FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (OFAST – Cyber-Gendarmes – Police – Cyber-Douaniers): comment #Lille est devenu un mot-clĂ© pour les trafiquants de drogue

La sous-direction de la police judiciaire chargĂ©e de la lutte contre la cyber criminalitĂ© a refusĂ© de rĂ©pondre aux sollicitations de 20 Minutes, toujours dans l’attente par ailleurs d’un retour de l’Office anti-stupĂ©fiant (OFAST) et de la Gendarmerie Nationale.

C’est une fĂącheuse habitude de nos rĂ©galiennes, qui prĂ©fĂšre systĂ©matiquement ne pas rĂ©pondre !

LIRE l’excellent article de MikaĂ«l LIBERT paru dans 20 Minutes du 7 janvier 2021

RÉSEAUX SOCIAUX

Avec le hashtag #Lille, on tombe sur des dizaines d’annonces proposant Ă  la vente du cannabis, de la cocaĂŻne, etc. mais Ă©galement des armes ou de la fausse monnaie

par Mikaël Libert

  • Le hashtag #Lille est devenu un mot-clef sur les rĂ©seaux sociaux pour les trafiquants de drogue.
  • Ce mot-clef fait apparaĂźtre Ă©galement des annonces pour se procurer des armes ou de la fausse monnaie.
  • Le travail des forces de l’ordre sur les trafics via les rĂ©seaux sociaux est compliquĂ© par l’anonymat qu’ils procurent et les rĂšgles de ces entreprises.

Stups and collect.

Il y a seulement quelques annĂ©es, se procurer des stupĂ©fiants Ă©tait encore relativement compliquĂ© pour le consommateur n’ayant pas les contacts. Il fallait soit maĂźtriser les arcanes du dark Web, soit prendre son courage Ă  deux mains pour se rendre dans un point de deal connu. Les rĂ©seaux sociaux ont radicalement changĂ© la donne et il est dĂ©sormais plus facile de dĂ©goter du cannabis ou de la cocaĂŻne qu’une piĂšce de rechange pour une vieille Twingo. Sur WhatsApp, Snapchat ou encore Twitter, la garantie d’un anonymat quasi total complique la tĂąche des policiers et gendarmes chargĂ©s de lutter contre les trafics en tous genres.

Pour les personnes dubitatives persuadĂ©es que l’on exagĂšre, il leur suffit de se rendre sur Twitter et de taper dans la barre de recherche le trĂšs innocent #Lille. Le rĂ©sultat est Ă©difiant, a tel point qu’il est mĂȘme difficile de trouver une publication en rapport avec le hashtag au milieu des dizaines d’annonces proposant Ă  la vente diverses sortes de stupĂ©fiants. Cannabis, cocaĂŻne, hĂ©roĂŻne, kĂ©tamine, LSD
 Plus rare et aussi plus inquiĂ©tant, on trouve parfois des annonces pour de la vente d’armes ou de fausse monnaie.

Des hashtags accrocheurs pour appĂąter le client

« Il est interdit d’utiliser notre service Ă  des fins illicites ou pour la poursuite d’activitĂ©s illĂ©gales », rĂ©pond Twitter, interrogĂ© par 20 Minutes. A ce niveau, que risquent les contrevenants ? « Si votre compte est dĂ©diĂ© Ă  la vente de biens et/ou services illĂ©gaux ou rĂ©glementĂ©s, il peut ĂȘtre suspendu de maniĂšre dĂ©finitive », ajoute l’opĂ©rateur. Il ne nous a cependant pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© si les comptes incriminĂ©s Ă©taient signalĂ©s aux autoritĂ©s.

Dans la foulĂ©e, Twitter a fait disparaĂźtre quelques comptes que 20 Minutes avait donnĂ© en exemple pour illustrer sa requĂȘte. Comptes qui ont Ă©tĂ© presque aussitĂŽt remplacĂ©s par d’autres. De toute façon, les malfaiteurs n’utilisent cette plateforme que pour « accrocher » le client avec des hashtags d’actualitĂ© comme #coronavirus, #confinement et, donc, #Lille. L’idĂ©e Ă©tant que les personnes vraiment intĂ©ressĂ©es passent commande sur d’autres plateformes.

Nous avons ainsi poussĂ© l’expĂ©rience un peu plus loin en contactant trois vendeurs diffĂ©rents, deux sur Snapchat et un sur WhatsApp.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont trĂšs rĂ©actifs. En quelques minutes, nous avions reçu la liste des produits disponibles ainsi que la grille tarifaire. Pour les novices, l’interlocuteur explique la marche Ă  suivre. Il suffit de dire ce que l’on veut et de payer, soit en Bitcoins, soit via une carte prĂ©payĂ©e. La livraison se fait ensuite Ă  l’adresse indiquĂ©e. Lorsque l’on Ă©met des doutes, l’interlocuteur se veut rassurant, allant mĂȘme jusqu’à envoyer des captures d’écran d’échanges avec des clients satisfaits.

« Offres promotionnelles » et « livraison à domicile »

« Mon dealer fait des stories Snap pour informer des nouveaux produits par exemple. Il s’adapte aussi au contexte. Pour le nouvel an, il a prĂ©venu qu’il fallait commander en avance pour ĂȘtre sĂ»r de se faire livrer », explique Ă  20 Minutes une habituĂ©e de ce type de service. L’épidĂ©mie de coronavirus a aussi induit quelques changements : « Les livreurs ne se dĂ©placent plus pour de petites quantitĂ©s et, avec le couvre-feu, ils refusent de se bouger aprĂšs 20h », assure la cliente.

« Nombreux sont les usagers Ă  recevoir par SMS ou via des applications et des rĂ©seaux sociaux des offres promotionnelles », confirme un rapport de 2019 de l’Observatoire français des drogues. Ce mĂȘme rapport relate que ces « relances rĂ©guliĂšres et autres techniques marketing visent Ă  fidĂ©liser la clientĂšle » et que la livraison Ă  domicile est en plein dĂ©veloppement.

DerriĂšre les multiples comptes sur les rĂ©seaux sociaux, il y a probablement assez peu de personnes. AprĂšs en avoir contactĂ© plusieurs, les rĂ©ponses reçues Ă©taient presque identiques, mot pour mot. Un interlocuteur sur Snapchat, censĂ© arroser toute la France, nous a affirmĂ© pouvoir assurer des livraisons sur Lille en 30 minutes. « Je contacte toujours le mĂȘme numĂ©ro sur WhatsApp, mais ce n’est quasiment jamais la mĂȘme personne qui vient me livrer le produit », reconnaĂźt un autre client. Un de nos interlocuteurs sur ce mĂȘme rĂ©seau a d’ailleurs confirmĂ© que les commandes devaient ĂȘtre « validĂ©es par le boss » avant d’ĂȘtre envoyĂ©es. Nous ne sommes pas allĂ©s jusque-lĂ .

Une tñche particuliùrement difficile pour les forces de l’ordre

Pour les autoritĂ©s, c’est un vrai casse-tĂȘte, notamment parce que les siĂšges de ces rĂ©seaux sociaux sont installĂ©s Ă  l’étranger, essentiellement aux Etats-Unis. Ni Snapchat, ni WhatsApp ne traquent spontanĂ©ment ce type de dĂ©tournement de leurs applications. Pour le premier, c’est Ă  un utilisateur de signaler un contenu illicite aux forces de l’ordre, lesquelles doivent ensuite saisir l’entreprise par le biais d’une commission rogatoire dĂ©livrĂ©e par un juge. Pour WhatsApp, le procĂ©dĂ© est quasiment le mĂȘme.

 

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Et TWITTER aussi!

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