FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Cour d’appel de Rennes) : pour Roberto Blanchedent, le trafic de drogue Ă  Kercado, c’est un grain de riz Ă  cĂŽtĂ© de ce qui se fait ailleurs

par Le Télégramme/Claire Staes

EXTRAITS

CondamnĂ© Ă  14 ans de prison en premiĂšre instance Ă  Vannes, Roberto Blanchedent a reconnu son implication et dĂ©taillĂ© sa vie devant la cour d’appel de Rennes, hier.
Son avocat, Amar Bouaou, lui a posé des questions que le Télégramme retranscrit.

 

Amar Bouaou, avocat : « Reconnaissez-vous votre implication dans le trafic ? »Roberto Blanchedent : « Oui, je suis un trafiquant de Kercado. Je reconnais mon implication. Je veux vous dire aujourd’hui ce que j’ai fait rĂ©ellement. Depuis le dĂ©but, ce sont les autres qui parlent parfois sans savoir. Oui, je suis un des patrons du quartier de Kercado. Mais je ne suis pas ‘LE’ patron. Nous sommes trois. Il y a trois rĂ©seaux dans le quartier. On me met beaucoup de choses sur le dos mais en rĂ©alitĂ©, je ne parle qu’à deux personnes. J’ai ma propre logistique. Les petits, je ne leur parle pas. Je donne la marchandise Ă  mes amis, ils gĂšrent. AprĂšs les gens racontent des choses alors qu’ils ne savent rien. Dans l’enquĂȘte par exemple, il est Ă©voquĂ© que je tiens le terrain de Kerarden et que je vends de l’hĂ©roĂŻne ! C’est n’importe quoi. Je n’ai rien Ă  voir avec Kerarden. Et je vends uniquement du cannabis et de la cocaĂŻne. Je ne vends absolument pas d’hĂ©roĂŻne, je ne vends pas de mort, moi.

Quelles quantités avez-vous vendues entre juillet 2017 et janvier 2019 ?

Chaque mois, j’achĂšte 60, 80 ou 100 kg de cannabis et trois Ă  cinq kilos de cocaĂŻne. Les quantitĂ©s varient selon les mois. Entre 2015 et 2017, j’ai moins vendu. Le kilo de cannabis me rapporte 6 Ă  700 euros de bĂ©nĂ©fice. Le kilo de cocaĂŻne 3 000 à 4 000 euros.

« Et quand j’entends dire qu’au Maroc, j’avais des gardes du corps ! C’est n’importe quoi. Moi, je vends des barrettes, des kilos mais pas des tonnes ».

Aviez-vous la conceptualisation de ce que vous risquiez ?

Non, la fin justifie les moyens. Quand on grandit Ă  Kercado, le trafic est quelque chose de banal. Vendre des stupĂ©fiants est normal. Aujourd’hui, j’attends de la justice rennaise qu’elle juge Ricardo, mon frĂšre, pour ce qu’il a fait. C’est-Ă -dire pas grand-chose. Ricardo n’a jamais eu les mains dedans. C’est un maillon faible du trafic. Il ne se mouille pas lĂ -dedans. Moi, j’attends de la justice qu’elle me juge aussi pour ce que j’ai fait. Pas parce qu’à Vannes, on estime que je suis un baron de la drogue. Certes, les quantitĂ©s sont importantes. Mais je suis un trafiquant local. Il existe 4 000 points de vente comme le mien en France.

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