EXTRAITS
Amar Bouaou, avocat : « Reconnaissez-vous votre implication dans le trafic ? »
Roberto Blanchedent : « Oui, je suis un trafiquant de Kercado. Je reconnais mon implication. Je veux vous dire aujourdâhui ce que jâai fait rĂ©ellement. Depuis le dĂ©but, ce sont les autres qui parlent parfois sans savoir. Oui, je suis un des patrons du quartier de Kercado. Mais je ne suis pas ‘LE’ patron. Nous sommes trois. Il y a trois rĂ©seaux dans le quartier. On me met beaucoup de choses sur le dos mais en rĂ©alitĂ©, je ne parle quâĂ deux personnes. Jâai ma propre logistique. Les petits, je ne leur parle pas. Je donne la marchandise Ă mes amis, ils gĂšrent. AprĂšs les gens racontent des choses alors quâils ne savent rien. Dans lâenquĂȘte par exemple, il est Ă©voquĂ© que je tiens le terrain de Kerarden et que je vends de lâhĂ©roĂŻne ! Câest nâimporte quoi. Je nâai rien Ă voir avec Kerarden. Et je vends uniquement du cannabis et de la cocaĂŻne. Je ne vends absolument pas dâhĂ©roĂŻne, je ne vends pas de mort, moi.
Quelles quantités avez-vous vendues entre juillet 2017 et janvier 2019 ?
Chaque mois, jâachĂšte 60, 80 ou 100 kg de cannabis et trois Ă cinq kilos de cocaĂŻne. Les quantitĂ©s varient selon les mois. Entre 2015 et 2017, jâai moins vendu. Le kilo de cannabis me rapporte 6 Ă 700 euros de bĂ©nĂ©fice. Le kilo de cocaĂŻne 3 000 à 4 000 euros.
« Et quand jâentends dire quâau Maroc, jâavais des gardes du corps ! Câest nâimporte quoi. Moi, je vends des barrettes, des kilos mais pas des tonnes ».
Aviez-vous la conceptualisation de ce que vous risquiez ?
Non, la fin justifie les moyens. Quand on grandit Ă Kercado, le trafic est quelque chose de banal. Vendre des stupĂ©fiants est normal. Aujourdâhui, jâattends de la justice rennaise quâelle juge Ricardo, mon frĂšre, pour ce quâil a fait. Câest-Ă -dire pas grand-chose. Ricardo nâa jamais eu les mains dedans. Câest un maillon faible du trafic. Il ne se mouille pas lĂ -dedans. Moi, jâattends de la justice quâelle me juge aussi pour ce que jâai fait. Pas parce quâĂ Vannes, on estime que je suis un baron de la drogue. Certes, les quantitĂ©s sont importantes. Mais je suis un trafiquant local. Il existe 4 000 points de vente comme le mien en France.
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