COLOMBIE 🇹🇮 (Bogota) : l’ambassade de France đŸ‡«đŸ‡·, la valise diplomatique et la cocaĂŻne…

Le Quai d’Orsay

Selon un document rendu public par le FBI des trafiquants auraient mis en place un systĂšme pour exporter 2 kilos de cocaĂŻne par semaine via la valise diplomatique francaise en Colombie. La France dĂ©ment, les États-Unis se murent dans le silence.

Les photos Ă©changĂ©es par les trafiquants – Document du FBI

Au dĂ©tour d’un document rendu public la semaine derniĂšre dans le cadre de l’enquĂȘte internationale Trojan Shield, un agent du FBI expliquait que des trafiquants avaient la possibilitĂ© d’exporter deux kilos de cocaĂŻne chaque semaine (probablement vers l’Australie) via des enveloppes scellĂ©es de la valise diplomatique de l’ambassade de France Ă  Bogota.

Trojan shield a consistĂ© Ă  distribuer prĂšs de 12.000 tĂ©lĂ©phones Ă  des groupes criminels, permettant des Ă©changes chiffrĂ©s. De nombreux exemples d’utilisation de ces tĂ©lĂ©phones pour organiser des trafics Ă©taient fournis dans ce document. Un seul Ă©voquait la complicitĂ© possible de personnels d’une ambassade, c’est Ă  dire, par rebond, d’un pays.

Voici le passage en question :

Le 23 mars 2020, l’utilisateur du JID 58f4a9, qui a Ă©tĂ© identifiĂ© par des messages An0m comme Ă©tant Baris Tukel, a demandĂ© Ă  l’utilisateur du JID cfdf8a, qui a Ă©tĂ© identifiĂ© comme Ă©tant Shane Geoffrey May, quel Ă©tait le prix de la cocaĂŻne en ce moment. Tukel a Ă©galement demandĂ© si May avait « cette adresse de building block » [DĂ©finition de building block]. May a rĂ©pondu que la cocaĂŻne se situait autour de 200.000 et a demandĂ© Ă  Tukel s’il avait des nouvelles. Tukel a Ă©crit : « Ok, j’ai un petit boulot qui est apparu pour le building block », « Il y a 2 kg placĂ©s dans des enveloppes diplomatiques françaises scellĂ©es en provenance de Bogotta [sic] » et « Ils ont dĂ©jĂ  reçu quelques colis ». Tukel a ajoutĂ© : « Le seul problĂšme est que COL prend 50/4. Les partenaires, y compris toi, devront partager les 50 autres » (ce qui signifie que les distributeurs colombiens prennent 50 % des bĂ©nĂ©fices et que quatre autres personnes se partagent les 50 autres). Tukel a Ă©crit : « Ils peuvent le faire chaque semaine [sic] » (ce qui signifie que des colis de deux kilogrammes peuvent ĂȘtre envoyĂ©s chaque semaine). May a rĂ©pondu que c’Ă©tait une bonne idĂ©e et qu’il enverrait l’adresse sous peu. Tukel a ensuite envoyĂ© trois photos : deux des valises diplomatiques françaises et une de la cocaĂŻne disponible. AprĂšs avoir envoyĂ© la photo des paquets de cocaĂŻne, Tukel a Ă©crit : « Il y a des paquets en attente d’ĂȘtre envoyĂ©s par cette Ă©quipe. »

Pourquoi le FBI a-t-il choisi cet exemple pour l’intĂ©grer Ă  un document dont il savait qu’il ferait surface Ă  un moment ou un autre aprĂšs la vague d’arrestation qui ne manquerait pas d’intervenir ? « Vous savez, les amabilitĂ©s entre services, ce n’est pas nouveau », explique un fin connaisseur de ce type de coups de pieds de l’Ăąne. Étrangement, la France n’Ă©tait pas intĂ©grĂ©e dans le groupe de pays participants Ă  Trojan Shield. C’est d’autant plus intriguant que la gendarmerie française avait Ă©tĂ© un pivot dans le piratage de la messagerie Encrochat. Or la disparition de celle-ci a créé une partie du vide qui a Ă©tĂ© mis Ă  profit par le FBI pour lancer l’opĂ©ration Trojan Shield.

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