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AFGHANISTAN đŸ‡ŠđŸ‡« (Narcobusiness) : les Talibans sont aussi des narcotrafiquants

Pour l’auteur de Gomorra, les nouveaux maĂźtres de Kaboul, qui fournissent toutes sortes de mafias et de cartels, tirent leur pouvoir du trafic de l’opium. Et les Occidentaux ont commis l’erreur de l’ignorer pendant vingt ans en Afghanistan, Ă©crit-il dans le Corriere della Sera.

“Ce n’est pas l’islamisme qui a gagnĂ© aprĂšs plus de vingt ans de guerre, c’est l’hĂ©roĂŻne.”

SOURCE

Dans les colonnes du Corriere della Sera, Roberto Saviano, jamais en retard d’un scoop, ce spĂ©cialiste italien du crime organisĂ© et des archives policiĂšres qu’il utilise en Ă©cartant des rĂ©alitĂ©s parfois dĂ©rangeantes, a livrĂ© sa propre analyse du retour des talibans Ă  Kaboul.

Pour Roberto Saviano : “Les talibans sont des trafiquants de drogue”.

Oubliant au passage que les Talibans sont des combattants essentiellement Pachtounes, l’ethnie principale en Afghanistan qui reprĂ©sente environ 40 % de la population et que la « guerre d’indĂ©pendance » pour eux ne pouvait trouver sa source de financement que par les taxes perçues sur la production locale du pavot, qui Ă  elle seule fait vivre une bonne partie de la population, et sur la commercialisation de ce produit.

Les leçons de narcotrafic donnĂ©es par les occidentaux dans les guerres coloniales menĂ©es sont exemplaires et ont donc servi d’exemple et de modĂšle aux Talibans. Inutile de revenir sur les exploits des Anglais, des Français et des AmĂ©ricains en la matiĂšre !

Quant au financement, il est bon de rappeler à Roberto Saviano que 80 % du revenu des Talibans provient de taxes légales sur des biens légaux.

Précieux pavot

Le latex extrait de cette plante cousine du coquelicot est l’ingrĂ©dient de base des drogues opiacĂ©es, comme l’opium ou l’hĂ©roĂŻne, dont l’Afghanistan est Ă  l’origine de 90 % de la production mondiale. « Si les talibans maĂźtrisaient l’ensemble du trafic, cela reprĂ©senterait 400 millions de dollars », avance David Mansfield, Ă©conomiste spĂ©cialiste de la production d’opium en Afghanistan (1) et ancien membre de l’Afghanistan Research and Evaluation Unit (AREU)

Bien implantĂ©s dans les zones rurales, les talibans contrĂŽlent dĂ©jĂ  la majeure partie des cultures de pavots. Ce ne fut pourtant pas toujours le cas. Aux dĂ©buts des annĂ©es 2000, le mollah Omar, chef des talibans alors au pouvoir, dĂ©cide d’interdire la production. « La culture du pavot avait presque Ă©tĂ© Ă©radiquĂ©e », se souvient Karim Pakzad, chercheur Ă  l’Iris et spĂ©cialiste du pays. L’arrivĂ©e des AmĂ©ricains en 2001 met fin Ă  la rĂšgle imposĂ©e par le mollah. TrĂšs vite, les plantes aux pĂ©tales roses fleurissent de nouveau dans les plaines afghanes. Et avec elles, les importants profits qui servent Ă  financer, en partie, l’insurrection islamiste.

« Estimer le poids du trafic d’opium dans la richesse globale des talibans est trĂšs compliquĂ©, indique David Mansfield. Pour le savoir, il faudrait analyser leurs revenus rĂ©gion par rĂ©gion. » Ses Ă©tudes ont toutefois rĂ©vĂ©lĂ© que le trafic d’opiacĂ©s n’est pas la premiĂšre source de revenu du groupe terroriste.

« Dans la province de Nimroz (l’une des principales rĂ©gions productrice de pavot, NLDR), le commerce d’opium et de ses dĂ©rivĂ©s ne reprĂ©sente que 9 % des sommes collectĂ©es », poursuit l’économiste.

Taxes et droits de douane

Au Nimroz, « 80 % du revenu des talibans provient de taxes lĂ©gales sur des biens lĂ©gaux », ajoute David Mansfield. Dans les zones contrĂŽlĂ©es, ils prĂ©lĂšvent la zakat, un impĂŽt islamique Ă  hauteur de 2,5 % de la richesse d’un foyer. D’autres s’appliquent sur les propriĂ©tĂ©s fonciĂšres et les productions agricoles. Mais le vĂ©ritable nerf de la guerre concerne la maĂźtrise des postes frontiĂšres. Essence, nourriture, denrĂ©es agricoles : tous les produits qui transitent font l’objet de taxes. Selon un rapport de l’Agence amĂ©ricaine pour le dĂ©veloppement international (USAID), elles rapportent 3,4 milliards de dollars par an aux talibans. Le poste frontiĂšre de Zarandj Ă  la frontiĂšre avec l’Iran, tombĂ© entre leurs mains samedi 7 aoĂ»t, reprĂ©sente Ă  lui seul un gain de prĂšs de 100 millions de dollars supplĂ©mentaires.

SOURCE

Certes, les talibans, qui ont dirigĂ© l’Afghanistan de 1996 Ă  2001, sont depuis longtemps impliquĂ©s dans le gigantesque trafic de stupĂ©fiants du pays et de l’extraction d’opium, du trafic et de la «taxation» des laboratoires de drogue Ă  la facturation de frais de contrebande pour les expĂ©ditions Ă  destination de l’Afrique, de l’Asie, de l’Europe, du Canada, de la Russie et du Moyen-Orient, les  talibans ont rĂ©coltĂ© des millions de dollars de ce commerce pour financer leur combat.

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