Au-delĂ des satisfecit, un nombre croissant de policiers de terrain, y compris parmi ceux affectĂ©s au sein dâunitĂ©s spĂ©cialisĂ©es, se prend Ă douter de lâefficacitĂ© dâune stratĂ©gie qui ne semble guĂšre endiguer le niveau du trafic ni celui de la consommation.
Des photos de ballots de cocaĂŻne saisis aprĂšs une opĂ©ration policiĂšre et diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux, des communiquĂ©s de presse saluant le dĂ©mantĂšlement dâune nouvelle filiĂšre dâimportation de cannabis ou dâhĂ©roĂŻne : les jours de la lutte antidrogue se suivent et se ressemblent, ponctuĂ©s dâinterpellations, de procĂšs, de condamnations.
Sur le papier â et pour les statistiques â, ces « victoires » tĂ©moignent de la mobilisation rĂ©elle des services de police, de gendarmerie et des douanes dans lâinlassable guerre menĂ©e contre les trafiquants. Mais, au-delĂ des satisfecit, un nombre croissant de policiers de terrain, y compris parmi ceux affectĂ©s au sein dâunitĂ©s spĂ©cialisĂ©es, se prend Ă douter de lâefficacitĂ© dâune stratĂ©gie qui ne semble guĂšre endiguer le niveau du trafic ni celui de la consommation.
Ni les 100 000 amendes forfaitaires dĂ©lictuelles dressĂ©es depuis septembre 2020 ni les importantes saisies rĂ©alisĂ©es la mĂȘme annĂ©e (96 tonnes de cannabis, 13 tonnes de cocaĂŻne, 1 tonne dâhĂ©roĂŻne et 1,2 million de comprimĂ©s dâecstasy) ne sont parvenues Ă dĂ©mentir ce constat : les Français restent les plus gros consommateurs de substances psychoactives en Europe, en particulier de cannabis.
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