StĂ©phanie Cherbonnier , directrice de l’Ofast, revient sur l’Ă©volution des trafics et le problĂšme du narcobanditisme.
Extraits
Alors que les villes moyennes semblent de plus en plus concernĂ©es par le trafic de stupĂ©fiants, et ce, quasiment partout en France, l’Office anti-stupĂ©fiants (Ofast) lutte pour dĂ©manteler les points de deal. StĂ©phanie Cherbonnier , directrice de l’Ofast, revient sur l’Ă©volution des trafics et le problĂšme du narcobanditisme.
Un quart des saisies dâarmes en France, dont des armes de guerre, interviennent lors dâenquĂȘtes liĂ©es au trafic de drogue. Ces armes et cette violence servent Ă faciliter leur trafic et Ă conquĂ©rir de nouveaux territoires.
Il nây a en France que trois dĂ©partements â le Gers, la Haute-Loire et la LozĂšre â oĂč aucun point de deal nâa Ă©tĂ© identifiĂ© et quatre villes de taille moyenne figurent dans le top 20 des villes qui comptent le plus de points de deal qui ne se limitent pas aux citĂ©s.
En dehors des enquĂȘtes nationales et internationales de lâOfast, comment sâorganise la lutte contre lâenracinement de ce narco business dans les territoires ?
Ăa ne veut pas dire que tous ces points ont dĂ©finitivement disparu puisque ces organisations sont assez agiles et inventives pour investir de nouveaux lieux dâimplantation ou se diversifier en utilisant les rĂ©seaux sociaux avec ce quâon appelle lâubĂ©risation des trafics.
On signale réguliÚrement la présence de dealers originaires de région parisienne sur des points de deal dans des villes de province. Vous confirmez ?
Ces intĂ©rimaires du point de deal, souvent des jeunes en dĂ©shĂ©rence sociale et familiale, viennent monnayer leur expĂ©rience, leur expertise. Inconnus des policiers locaux, ils offrent moins de prises pour les enquĂȘteurs.
La maire de Canteleu en Normandie et un de ses adjoints ont été mis examen en avril pour complicité de trafic de drogue. Un cas isolé ?
Dire que câest un phĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©ralisĂ©, non. Dire que câest un phĂ©nomĂšne sur lequel il faut ĂȘtre attentif, oui. Il y a un vrai sujet et il ne concerne pas que les Ă©lus. Les organisations criminelles ont besoin dâavoir accĂšs Ă des informations, de la part de policiers, de douaniers, de dockers ; Ă des infrastructures pour stocker par exemple de la drogue dans un local municipal. Des individus impliquĂ©s dans les trafics peuvent tenter de se faire Ă©lire dans des conseils municipaux.
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