FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (CĂŽte d’Azur) : violences, superprofits
 les policiers dĂ©cryptent un business de la drogue en pleine mutation

L’histoire se dĂ©roule bien loin des Moulins. Elle met en scĂšne, Ă  DubaĂŻ, deux figures du trafic de drogue. L’une marseillaise, l’autre niçoise. Le premier s’y serait retirĂ© fin 2020 aprĂšs que son frĂšre s’était fait « charclĂ© » C’est comme ça qu’on appelle les rĂšglements de compte dans le milieu. Le second n’y aurait Ă©tĂ© que de passage. Les voyous aussi ont le droit de prendre des vacances.

« Les beaux mecs n’habitent plus les quartiers »

« Les beaux mecs n’habitent plus les quartiers depuis longtemps », relĂšve un policier niçois. Autrefois aux Moulins, ils s’appelaient Kader ou « le Gros » Fred. Le premier vivrait dans son riad marocain. Le second s’est rĂ©cemment fait rattraper par les carabinieri juste de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre. Ce qui, ni pour l’un, ni pour l’autre, ne saurait constituer un obstacle suffisant Ă  la poursuite de leurs affaires.

« Les gros bonnets gĂšrent dĂ©sormais depuis l’étranger. Parfois mĂȘme depuis la prison oĂč, on le sait, ils ont tous des portables. Ils ne mettent gĂ©nĂ©ralement plus les mains dans le cambouis, dĂ©crypte un enquĂȘteur. Ils se contentent de faire dans l’import-export et de toucher leur piĂšce au passage. Mais ce n’est pas lĂ  que le trafic rapporte le plus. C’est Ă  la dĂ©coupe, au bout de la chaĂźne. Le plus petit point deal des Moulins gĂ©nĂšre entre 3.000 et 5.000 euros par jour. Jusqu’à 30.000 euros pour les plus gros. »

« Ils s’entre-tuent pour une dette de 3.000 euros »

La main-d’Ɠuvre bas de gamme des dealers

Calife Ă  la place du calife

« Du produit, on en trouve partout »

L’ubĂ©risation en cours des points de deal

Le combat serait donc sans fin? Pas si sĂ»r
 A entendre cet enquĂȘteur niçois, le trafic de quartier n’aurait guĂšre d’avenir: « En fait, les points de deal ont vocation Ă  disparaĂźtre. Ce n’est qu’une question de temps. » La mutation de ce business trĂšs lucratif serait dĂ©jĂ  entrĂ©e dans une nouvelle phase. Le marchĂ© de la drogue n’aurait pas Ă©chappĂ© Ă  l’ubĂ©risation de l’économie: « L’avenir, ce sont les livrettes. »

Aujourd’hui, ce n’est plus le consommateur qui se dĂ©place, mais le dealer. Et ce dernier ne gĂšre plus seulement son business depuis un point de deal, mais sur les rĂ©seaux sociaux. « Ils font de la publicitĂ© agressive sur Snap ou Insta. En mode: « Salut la team! Le deux fois filtrĂ© vient d’arriver! » Ils offrent des petites gratifications aux clients. Certains vont jusqu’à organiser des tombolas. »

VoilĂ  qui tranche avec la violence gĂ©nĂ©rĂ©e par le trafic de stups dans les quartiers. « Et pourtant, derriĂšre, ce sont souvent les mĂȘmes que l’on retrouve », assure ce policier niçois.

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