LâOffice antistupĂ©fiants a sa raison dâexister, mais il nâest probablement pas le service sur lequel la lutte contre la criminalitĂ© organisĂ©e doit principalement sâappuyer. Si la France change de regard sur les questions criminelles et passe dâune logique de marchĂ©s (stupĂ©fiants, armes) Ă une logique dâacteurs (organisations et rĂ©seaux criminels dans leur diversitĂ© et leurs articulations), ce sont des services Ă rayonnement large qui doivent ĂȘtre renforcĂ©s.
Ă ce titre, les douanes occupent une place centrale qui mĂ©rite dâĂȘtre valorisĂ©e. En effet, elles rĂ©alisent la plus grande part des saisies dans les ports, sur les routes, dans les centres de tris postaux mais aussi en haute mer (en collaboration avec la Marine nationale et des services Ă©trangers), stoppant les marchandises illĂ©gales avant quâelles nâentrent sur le territoire.
Ces saisies ne concernent pas que les stupĂ©fiants mais aussi les armes, les espĂšces protĂ©gĂ©es de faune et de flore, les contrefaçons, les produits chimiques dĂ©tournĂ©s de la sphĂšre lĂ©gale. Les douanes abritent la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquĂȘtes douaniĂšres), qui, avec plus de moyens, permettrait de connecter les saisies de marchandises et les enquĂȘtes sur les organisations criminelles, intervenant sur un champ dâaction stratĂ©gique et cohĂ©rent contre la criminalitĂ© organisĂ©e sous ses formes multiples.
Finalement, la proposition de loi transpartisane de lutte contre le narcotrafic constitue une avancĂ©e, mais ne doit pas ĂȘtre perçue comme un aboutissement. Elle ouvre la voie Ă une rĂ©flexion â nĂ©cessaire et urgente â plus large sur la criminalitĂ© dans sa diversitĂ© et sur la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger nos sociĂ©tĂ©s contre des organisations criminelles qui impactent la sociĂ©tĂ© et la politique, au-delĂ de lâĂ©conomie.
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