Les agents infiltrĂ©s et les aviseurs, indispensables sources de nombreuses opĂ©rations importantes, Ă©galement, sont insuffisamment reconnus, lorsqu’ils ne sont pas totalement oubliĂ©s, voire mĂŞme lâchĂ©s par la haute hiĂ©rarchie douanière.
L’exemple de Marc Fievet, AKA NS 55 en est un des meilleurs exemples oĂą l’on constate le refus d’assurer des engagements pris par les dirigeants de la DNRED, Jean Paul Garcia, l’attachĂ© DGDDI Ă Madrid, Bernard PouyannĂ© #DNRED, Jean Puons DNRED, Philippe Galy, l’attachĂ© DGDDI Ă Londres, Christian Gatard et Bernard ROUX, l’attachĂ© de la #DGDDI Ă Washington D.C. lors des innombrables visites qu’ils rendirent Ă Fievet, aussi bien en Espagne, en Angleterre, au Canada et en France, pour lui demander de plaider coupable et de taire sa qualitĂ© d’infiltrĂ© pour ne pas dĂ©ranger les opĂ©rations menĂ©es par HM Customs excise et RCMP/GRC.
N’hĂ©sitant pas Ă pratiquer un chantage inacceptable de la part de fonctionnaires et allant jusqu’à demander aux tĂ©moins de cette pĂ©riode de lui conseiller de se taire et que tout s’arrangerait dès son retour en France.

C’est François Auvigne, un DG de la DGDDI, de passage, qui dĂ©clara qu’il n’avait pas Ă assumer les dĂ©cisions de ses prĂ©dĂ©cesseurs ne rĂ©ussissant qu’Ă dĂ©montrer sa lâchetĂ©, allant jusqu’Ă se planquer derrière ses jeunes enfants lorsque Fievet chercha Ă le rencontrer chez lui rue d’Assas. Il rĂ©ussit aussi Ă ce que son Ă©pouse Sophie Auvigne, fasse en sorte que jamais la radio, dans laquelle elle s’exprime rĂ©gulièrement, n’aborde le cas Fievet.
Seuls Jean Henri Hoguet de la DNED, puis DNRED et Yves Bonnet, ex Directeur de la DST se sont clairement exprimĂ©s sur la situation de Marc Fievet, n’hĂ©sitant pas Ă clairement reprocher la lâchetĂ© dont a fait preuve la Douane française.
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Clotilde Champeyrache, chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), dans le pôle sécurité, défense, renseignement, fut récemment auditionnée par une commission sénatoriale sur le financement de la criminalité organisée.
Voici quelques questions et ses réponses.
Derrière les saisies record, l’activité des douaniers est-elle suffisamment connue?
Oui, les douaniers manquent de reconnaissance, c’est clair. On les entend peu et c’est un regret que j’avais eu au moment de la commission sénatoriale, quand on cherchait à mieux orienter la lutte contre les trafics et à casser l’offre, on ne mentionnait pas les douanes. Ils ont été eux aussi auditionnés par la commission, mais on avait d’abord pensé à police, gendarmerie ou Ofast (Office anti-stupéfiants). Les douaniers ont une position qui est dans les faits très importante et qui n’est pas suffisamment reconnue. On ne voit pas toujours que la grande majorité des saisies de stupéfiants, de 50 à 80%, ce sont eux. Ce qui est important aussi, ce sont les armes, la contrefaçon, ils sont présents sur une multitude d’activités. Ce sont les gardiens de la frontière, du territoire. »
Payent-ils un cliché de saisies par chance?
« Tomber par hasard sur un conteneur avec des marchandises prohibées, ce n’est quasiment jamais le cas. On ne se rend pas compte que, déjà , il y a toute une politique de ciblage en amont. Dans un contexte extrêmement contraint en termes budgétaires, on ne peut pas mener des contrôles systématiques sur toutes les marchandises. Et on ne peut pas perdre de temps à faire de l’aléatoire. »
Quelle est la partie invisible de leur travail?
« Il y a un travail de renseignement du premier cercle, donc vraiment accès à des sources confidentielles en lien avec d’autres services pour faire de grosses saisies, pas de petites saisies au niveau du trafiquant, du dealer. Là on essaie d’intercepter les cargaisons et ce travail de collaboration à l’international permet aux douanes françaises d’avoir des informations venues de pays exportateurs de stupéfiants. Et en retour, les douanes communiquent à d’autres services pour permettre ces fameuses saisies en haute mer qui sont impressionnantes en termes de volume. Ce travail de renseignement, c’est un peu l’opposé de l’opération +place nette+ qui va être mise en scène. Là , au contraire, on est plutôt sur des logiques d’infiltration à long terme, de livraisons surveillées, tous ces processus qui impliquent les personnes parfois au risque de leur vie. C’est du travail de l’ombre. Ils mériteraient d’avoir plus d’effectifs pour articuler encore mieux l’approche marchandise et l’approche filière criminelle. »
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