Le PLAT PAYS 🇧🇪 (Cours et Tribunaux de Belgique) : « Nous sommes confrontĂ©s Ă  une menace organisĂ©e qui sape nos institutions », Ă©crit une juge d’instruction anversoise, dans une lettre publiĂ©e, anonymement

Ça fait 30 ans que des magistrats auraient dû dénoncer cet état de fait !

Les volumes qui Ă©taient transportĂ©s il y a 30 ans n’ont rien Ă  envier Ă  ceux d’aujourd’hui et quand vous avez des gens compĂ©tents dans cette lutte antistups, vous ne levez pas le petit doigt et vous les sortez dĂ©finitivement du circuit. Les exemples sont innombrables.  En France les cas de François Thierry et Marc Fievet ont dĂ©montrĂ© la stupiditĂ© d’un système incapable de protĂ©ger ses serviteurs les plus zĂ©lĂ©s.

Mais, les magistrats, coincĂ©s dans leur psychorigiditĂ© pour appliquer des textes abscons, ne pensent enfin qu’Ă  rĂ©agir lorsqu’ils sont Ă  leur tour menacĂ©s.

Triste résultat !

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« Nous sommes confrontĂ©s Ă  une menace organisĂ©e qui sape nos institutions« , Ă©crit une juge d’instruction anversoise, dans une lettre publiĂ©e, anonymement, sur le site des Cours et Tribunaux de Belgique. Elle dĂ©nonce la montĂ©e en puissance des narcotrafiquants, en particulier Ă  Anvers. La magistrate a, elle-mĂŞme, dĂ©jĂ  dĂ» vivre quatre mois sous surveillance, dans une habitation sĂ©curisĂ©e, après avoir reçu des menaces de trafiquants de drogue. La Belgique Ă©volue vers un narco-Etat, constate la juge d’instruction. Elle rĂ©clame l’attention des pouvoirs publics et fait des propositions.

Cette juge d’instruction a publiĂ© sa lettre anonymement. Elle est l’une des 17 juges d’instructions d’Anvers. Elle explique avoir menĂ©, ces dernières annĂ©es, des enquĂŞtes qui ont menĂ© Ă  l’arrestation d’employĂ©s du port d’Anvers, de douaniers, de policiers, d’agents administratifs dans diffĂ©rentes villes et communes, mais aussi, explique-t-elle, d’agents pĂ©nitentiaires et d’agents affectĂ©s au palais de justice d’Anvers. Le point commun entre ces arrestations : des liens avec des organisations criminelles actives dans le trafic de drogues.

Dans sa lettre ouverte, publiĂ©e sur le site des Cours et Tribunaux, la juge d’instruction dresse un tableau des dĂ©fis qui, selon elle, se dressent devant la Justice. Elle propose aussi des solutions. 

Un tableau inquiĂ©tant : la Belgique, « un narco-Etat » ?

Le tableau que la magistrate dresse est inquiĂ©tant. « Nous sommes confrontĂ©s Ă  une menace organisĂ©e qui sape nos institutions« , Ă©crit-elle. Selon elle, « de vastes structures mafieuses se sont installĂ©es ». « Elles sont devenues une force parallèle qui dĂ©fie non seulement la police, mais aussi le système judiciaire« , Ă©crit la juge d’instruction.

« Sommes-nous en train de devenir un narco-Etat ? « , interroge la magistrate. Elle explique qu’elle et ses collègues partagent le sentiment que « cette Ă©volution est amorcĂ©e« .

Pour la juge d’instruction anversoise, les caractĂ©ristiques d’un narco-Etat sont dĂ©sormais prĂ©sentes : Ă©conomie illĂ©gale, corruption et violence.

En matière d’économie illĂ©gale, l’enquĂŞte Sky ECC a rĂ©vĂ©lĂ© l’existence d’une Ă©conomie parallèle « de plusieurs milliards de dollars » dans le port d’Anvers, rappelle la juge d’instruction. Celle-ci rappelle aussi les enquĂŞtes menĂ©es qui ont permis de dĂ©couvrir des rĂ©seaux de blanchiment d’argent « visibles dans la rue ». « L’argent noir s’infiltre dans le secteur immobilier, faisant grimper les prix pour les citoyens ordinaires« , explique la juge, dĂ©nonçant que « ces circuits restent intouchables« , faute d’un nombre suffisant d’enquĂŞteurs spĂ©cialisĂ©s.

En matière de corruption, c’est en direction du port d’Anvers que la magistrate dirige les regards. « Les organisations criminelles corrompent ou menacent de corrompre les employĂ©s portuaires« , explique la magistrate. Selon cette dernière, « dĂ©placer un conteneur, une tâche qui prend 10 minutes, rapporte 100.000 euros » au docker soudoyĂ© par les narcotrafiquants. Les organisations criminelles dĂ©bourseraient 50.000 euros, « parfois 20 fois plus » pour faire dĂ©placer un sac de sport, ajoute la juge.

Enfin, troisième signe de l’établissement d’un narco-Etat, la violence s’est installĂ©e, explique la juge d’instruction. « Ces organisations criminelles recourent Ă  la violence sur commande« , Ă©crit-elle. « Meurtre, torture, enlèvements, menaces ou attaques ciblant parfois des civils innocents sont utilisĂ©s pour conserver le pouvoir et Ă©liminer les rivaux« , poursuit-elle.

Le pouvoir judiciaire victime d’intimidations

La juge d’instruction souligne aussi que le pouvoir judiciaire fait l’objet d’intimidations. Plusieurs juges d’instruction ont été contraints d’être placés sous protection judiciaire en raison de menaces sur eux ou leur famille, raconte la juge d’instruction, qui a passé quatre mois dans une habitation sécurisée.

« Aucun gouvernement ne nous contacte, personne ne nous propose activement du soutien, il n’y a aucune indemnisation« , constate et dĂ©plore la juge d’instruction. Elle dĂ©nonce aussi le manque de solutions pour la famille et les collèges des magistrats menacĂ©s et l’absence d’assurance pour le dommage subi.

Les magistrats, explique la juge d’instruction, font ce travail par « engagement » et par « conviction« . Mais, ajoute la juge, « si le système judiciaire commence Ă  dysfonctionner, c’est une attaque dangereuse contre notre dĂ©mocratie« . 

Les signes de dysfonctionnement de la justice face au narcotrafic seraient visibles, Ă  en lire la juge d’instruction. « Il devient dĂ©jĂ  difficile de trouver des juges disposĂ©s Ă  statuer dans de telles affaires« , constate-t-elle, Ă©voquant les cas de juges qui se dessaisissent. La juge d’instruction craint que des collègues en viennent Ă  invoquer des vices de procĂ©dure pour ne pas ĂŞtre en mesure de condamner certaines personnes.

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