DNRED 🇨🇵 (NS 55) : l’hommage Ă  Jean Henri Hoguet



Il y a des chefs. Il y a des amis. Et il y a Jean, qui était les deux.

Pour beaucoup, il restera l’ancien patron des services spĂ©ciaux de la Douane. L’homme des opĂ©rations sensibles, de la discrĂ©tion absolue, l’officier pour qui « servir l’État » avait un sens. L’ancien lĂ©gionnaire qu’il Ă©tait savait ce que courage veut dire. Il l’aura dĂ©montrĂ© toute sa vie.

Pour moi, il a Ă©tĂ© le seul haut fonctionnaire Ă  se lever, alors qu’infiltrĂ© pour le compte de la DNRED, le service actions et renseignements de la Douane, j’ai payĂ© 11 ans d’incarcĂ©ration en Espagne, Angleterre, Canada et  France – avant d’être innocentĂ© en France par une juge d’instruction.

Jean est le seul à être venu dire sa colère de me voir enchaîné alors même que j’étais poursuivi pour diffamation par un ministre. Il ne supportait pas l’injustice. Il ne supportait pas les corrompus et les pantouflards, ceux qui se servent avant de servir. Il le disait, outré, très remonté, et il avait raison.

Ce jour-lĂ , j’ai compris ce que « honneur » voulait dire.

De cette défense est née une amitié qui a duré 20 ans après ma libération. 20 ans de conversations sans détour. 20 ans de loyauté. 20 ans de coups de fil où il râlait contre le recul du bon sens dans l’administration française. 20 ans durant lesquels je suis entré dans sa famille,  naturellement.

Il Ă©tait tellement libre qu’il a signĂ© la prĂ©face de mon livre qui racontait mon histoire d’agent infiltrĂ© « Dans la peau d’un narco ».
Un ancien patron des services spĂ©ciaux qui prĂ©facent un narco… Il fallait oser.
Il fallait ĂŞtre Jean : droit, lucide, et parfaitement indiffĂ©rent au « qu’en-dira-t-on » quand l’amitiĂ© et la vĂ©ritĂ© Ă©taient en jeu.

Jean n’aimait ni les médailles, ni les grandes phrases. Il aimait la justice, le travail propre et la parole tenue.

Alors merci, Jean.

Merci d’avoir eu le courage de la colère ce jour-là.
Merci pour ces 20 ans d’amitié.
Merci de nous avoir rappelé que servir, c’est d’abord refuser de se taire.

La Douane perd un grand serviteur. Moi, je perds un ami qui m’a défendu quand j’étais à terre et enchaîné.

On continue le combat pour le bon sens. On gueule Ă  ta place contre les pantouflards. Promis.

Je t’entends dĂ©jĂ  bougonner de lĂ -haut : « C’est pas tout ça, mais le travail n’est pas fini. »

Repose en paix, mon  ami.

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