
Il y a des chefs. Il y a des amis. Et il y a Jean, qui était les deux.
Pour beaucoup, il restera lâancien patron des services spĂ©ciaux de la Douane. Lâhomme des opĂ©rations sensibles, de la discrĂ©tion absolue, lâofficier pour qui « servir lâĂtat » avait un sens. L’ancien lĂ©gionnaire qu’il Ă©tait savait ce que courage veut dire. Il l’aura dĂ©montrĂ© toute sa vie.
Pour moi, il a Ă©tĂ© le seul haut fonctionnaire Ă se lever, alors qu’infiltrĂ© pour le compte de la DNRED, le service actions et renseignements de la Douane, jâai payĂ© 11 ans dâincarcĂ©ration en Espagne, Angleterre, Canada et France â avant dâĂȘtre innocentĂ© en France par une juge dâinstruction.
Jean est le seul Ă ĂȘtre venu dire sa colĂšre de me voir enchaĂźnĂ© alors mĂȘme que jâĂ©tais poursuivi pour diffamation par un ministre. Il ne supportait pas lâinjustice. Il ne supportait pas les corrompus et les pantouflards, ceux qui se servent avant de servir. Il le disait, outrĂ©, trĂšs remontĂ©, et il avait raison.
Ce jour-lĂ , jâai compris ce que « honneur » voulait dire.
De cette dĂ©fense est nĂ©e une amitiĂ© qui a durĂ© 20 ans aprĂšs ma libĂ©ration. 20 ans de conversations sans dĂ©tour. 20 ans de loyautĂ©. 20 ans de coups de fil oĂč il rĂąlait contre le recul du bon sens dans lâadministration française. 20 ans durant lesquels je suis entrĂ© dans sa famille, naturellement.
Il Ă©tait tellement libre quâil a signĂ© la prĂ©face de mon livre qui racontait mon histoire d’agent infiltrĂ© « Dans la peau dâun narco ».
Un ancien patron des services spĂ©ciaux qui prĂ©facent un narco… Il fallait oser.
Il fallait ĂȘtre Jean : droit, lucide, et parfaitement indiffĂ©rent au « quâen-dira-t-on » quand lâamitiĂ© et la vĂ©ritĂ© Ă©taient en jeu.
Jean nâaimait ni les mĂ©dailles, ni les grandes phrases. Il aimait la justice, le travail propre et la parole tenue.
Alors merci, Jean.
Merci dâavoir eu le courage de la colĂšre ce jour-lĂ .
Merci pour ces 20 ans dâamitiĂ©.
Merci de nous avoir rappelĂ© que servir, câest dâabord refuser de se taire.
La Douane perd un grand serviteur. Moi, je perds un ami qui mâa dĂ©fendu quand jâĂ©tais Ă terre et enchaĂźnĂ©.
On continue le combat pour le bon sens. On gueule Ă ta place contre les pantouflards. Promis.
Je tâentends dĂ©jĂ bougonner de lĂ -haut : « Câest pas tout ça, mais le travail nâest pas fini. »
Repose en paix, mon ami.

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