CANNABIS : aux États-Unis, une étude publiée le 20 avril 2026 dans la revue Neuropsychopharmacology apporte des données longitudinales inédites sur ses effets neurologiques

Dès 14 ans, le cannabis est associé à un décrochage cognitif chez les ados, révèle une étude sur 11 000 jeunes. (Il serait pourtant illusoire de penser que la prohibition permettra d’y remédier!)

Alors que l’usage du cannabis se banalise chez les jeunes aux États-Unis, une étude publiée le 20 avril 2026 dans la revue Neuropsychopharmacology apporte des données longitudinales inédites sur ses effets neurologiques. Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, avec des collaborateurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie) et de l’Université du Wisconsin à Milwaukee, ont suivi plus de 11 000 adolescents américains de 9 à 17 ans. Résultat principal : les jeunes qui consomment du cannabis ne progressent pas au même rythme cognitif que les non-consommateurs. Ces résultats sont solides mais non définitifs. Le suivi de la cohorte se poursuit jusqu’à l’âge adulte.

L’étude, dirigée par Natasha E. Wade et Susan F. Tapert, s’appuie sur la cohorte ABCD (Adolescent Brain Cognitive Development), recrutée entre 2016 et 2018 dans 21 sites aux États-Unis. L’un de ses atouts majeurs : combiner les déclarations des participants avec des tests toxicologiques objectifs — analyses de cheveux, d’urine, de salive et d’haleine. Cette méthode permet d’éviter les biais classiques des études reposant uniquement sur l’autodéclaration. Cette dernière sous-estime l’usage réel de substances jusqu’à 60 % selon les auteurs.

Des trajectoires cognitives freinées dès la mi-adolescence

Les adolescents qui consomment du cannabis présentent initialement un léger avantage cognitif par rapport aux non-consommateurs. Ce phénomène déjà documenté refléterait une maturation précoce mais illusoire. Effectivement, à partir de 14-15 ans, la tendance s’inverse. Sur sept domaines testés tels que: la mémoire immédiate et différée, la vitesse de traitement, le contrôle inhibiteur, le traitement visuospatial, le langage et la mémoire de travail, les consommateurs montrent un ralentissement significatif de leur progression, voire une stagnation. À 17 ans, leurs performances deviennent inférieures à celles des non-consommateurs sur l’ensemble de ces domaines.

La cohorte principale comprend 11 036 participants (47 % de filles, 53 % de garçons). Les modèles statistiques intègrent de nombreuses variables confondantes : niveau d’éducation parental, exposition prénatale à des substances, antécédents familiaux de troubles liés aux substances, symptômes psychopathologiques précoces, et consommation d’autres substances comme l’alcool ou la nicotine. Ces précautions méthodologiques renforcent la solidité des associations observées. Même si une relation causale directe ne peut être établie avec certitude.

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