Le tabou de la drogue
« Je n’ai rien Ă dire », « Pourquoi moi ? » de nombreux messages restent sans rĂ©ponses. La simple mention du mot drogue fait fuir les interlocuteurs. Ceux qui veulent bien en parler demandent tous l’anonymat le plus strict. Ils sont encore plus rares Ă accepter de tĂ©moigner devant un micro. Nous avons pu nous entretenir avec un ancien conseiller ministĂ©riel, qui a passĂ© plus de deux ans dans des cabinets. Sous les dorures, Maxime a Ă©tĂ© confrontĂ© pour la premiĂšre fois de sa vie Ă des personnes qui consommaient des stupĂ©fiants.
Il se souvient notamment d’un « collĂšgue qui Ă©tait sur un dossier brĂ»lant et qui donc Ă©tait trĂšs sollicitĂ©, souvent trĂšs tard le soir, passĂ© 21 h dans son bureau, il lui arrivait de prendre de la cocaĂŻne. » Pendant son passage dans ce cabinet, il se souvient Ă©galement d’une « autre scĂšne » qui l’a marquĂ© : « Je cherchais un stylo dans le bureau d’un collĂšgue et j’ouvre un tiroir et je vois ce qui s’apparente ĂȘtre de la drogue. »
Ce jeune qui a tournĂ© la page de la politique assure ne jamais avoir consommĂ©. Au moment oĂč il voit ces collĂšgues se livrer Ă ces pratiques, il se souvient ne pas avoir Ă©tĂ© choquĂ©. « On sait que ça circule beaucoup, c’est un secret de Polichinelle, tout le monde le sait, mais personne n’en parle », glisse-t-il. Cet ancien conseiller considĂšre que cette circulaire est une bonne idĂ©e. « Si elle s’applique, attendez-vous Ă voir du mĂ©nage au Journal officiel dans les prochaines semaines », glisse un autre proche d’un ministre.
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