La « guerre à la drogue » ne gagne jamais. Elle n’est pas censée gagner.
Elle est censée durer. Parce que tant qu’elle dure, l’État peut demander plus.
Dès qu’on parle « d’épidémie chez les jeunes », « d’ensauvagement », « de points de deal », on sort du pénal normal.
On passe en mode exception. Et l’exception devient la règle.
Avant : Il fallait un comportement suspect pour un contrôle.
Après la « lutte anti-stup » : Contrôle aléatoire, sur la route, devant les boîtes, dans les gares.
Tu souffles. Tu es coupable 72 h 00 après. Présomption de culpabilité inscrite dans ta salive.
Un fumeur de joint le week-end = même traitement qu’un mec défoncé au volant.
Avant : Tribunal, avocat, débat.
Après 2018 : 200€ cash, immédiat. PV comme un stationnement.
Objectif affiché : « désengorger la justice ».
Effet réel : tu paies, tu fermes ta gueule, tu es fiché. Pas de juge pour te défendre.
Prétexte : « Démanteler les points de deal ».
Effet : Caméras avec IA de détection d’attroupement dans les quartiers populaires. Drones. Fouilles au faciès légitimées par « l’opération place nette ».
On trace, on mappe, on prédit. Au nom des dealers.
Un joint = mention au casier. Tu veux un job, un crédit, un visa ? C’est là.
Pour des millions de Français, une conso récréative = une tache administrative à vie.
Le ministre qui prend du Temesta pour dormir ? Secret médical.
Le député qui a de la Codéine ? Ordonnance.
Le cadre de Matignon qui « gère » ? Immunité, discrétion, cabinet.
On ne met pas de caméra IA devant l’Assemblée. On ne fait pas de tests salivaires à la sortie du Conseil des ministres.
Donc chaque nouveau « plan anti-drogue » n’a jamais retiré un outil de contrôle.
Il n’a fait que les empiler.
La drogue sert d’alibi démocratique.
Personne n’ose dire « non » à un texte « contre les stupéfiants ».
Résultat : Les gueux se font pister. Les marquis restent inviolables.
« Ce n’est pas un bug du système. C’est le système. Car si tout le monde était égal devant le test, l’État perdrait son meilleur prétexte. »
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