Ă Djibouti, tout le monde mĂąche longuement les feuilles de khat, chargĂ©es dâalcaloĂŻdes proches des amphĂ©tamines. Dans un rĂ©cit qui semble marquĂ© par la torpeur qui a saisi le pays entier, la âFrankfurter Allgemeine Zeitungâ livre un rĂ©cit pointilliste dâun Ătat mĂ©connu, oĂč les bases militaires Ă©trangĂšres cĂŽtoient les candidats Ă la migration et Ă©videmment dâimmuables mĂącheurs de khat.

Un homme consomme du khat, sur un marché dans la capitale, à Djibouti, le 20 mars 2019. Photo Mazen Mahdi/EPA/MAXPPP
âPrenez, je vous en prieâ, dĂ©clare Akram en nous tendant deux sachets en papier marron par-dessus le dossier de la banquette avant. Comment, dĂ©jĂ ? Il nâest mĂȘme pas 10 heures du matin. Nous ne connaissons Akram que depuis dix minutes, depuis quâil est venu nous chercher Ă lâaĂ©roport de Djibouti avec son Land Cruiser beige.
Mmm, pourquoi pas au fait ? Tout Djibouti mĂąche du khat, Catha edulis de son nom scientifique. Certes, on sây met dâordinaire dans lâaprĂšs-midi, et ce ne sont en gĂ©nĂ©ral que les hommes, mais il faut bien commencer Ă un moment. Pour ce faire, on dĂ©tache les vertes feuilles des jeunes pousses, on les mĂąche, et on laisse cette bouillie dans un coin de la bouche, oĂč elle dĂ©ploie ses substances actives semblables aux amphĂ©tamines, puis on mĂąche dâautres feuilles pour les oublier aussitĂŽt dans le coin de la bouche pendant que des choses des plus surprenantes vous viennent Ă lâesprit. Le khat, câest gĂ©nial, mais ça peut aussi provoquer dĂ©pendance, apathie et extrĂȘme confusion.
Cette drogue est totalement lĂ©gale dans ce petit pays de la Corne de lâAfrique. Elle est importĂ©e dâĂthiopie parce que rien ou presque ne pousse Ă Djibouti et surtout pas Catha edulis.
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