Et silence radio Ă l’UDYCO
La haute fonction publique, qu’elle soit espagnole ou française, dĂ©montre qu’elle n’est peuplĂ©e que de salauds institutionnels. L’histoire de Marc Fievet, Aka NS 55 DNRED, basĂ© Ă #Gibraltar aprĂšs 6 ans d’infiltrations dans le narco-business ne fait que le confirmer.
Il a risquĂ© sa vie pour faire tomber un rĂ©seau de cocaĂŻne, et l’Ătat espagnol ne l’a jamais payĂ©. Ce tĂ©moin protĂ©gĂ©, qui rĂ©clamait depuis seize ans plus de 500 000 euros que l’administration lui devait, vient de mourir d’une maladie sans avoir touchĂ© un centime, rĂ©vĂšle le quotidien El PaĂs.
Collaborateur de l’unitĂ© anti-drogue de la police nationale espagnole (Udyco), il Ă©tait restĂ© trois ans infiltrĂ© dans une organisation de narcotrafiquants. Pour gagner la confiance des trafiquants, il affichait un train de vie luxueux, voyages, hĂŽtels et voitures haut de gamme, des dĂ©penses qu’il assumait parfois lui-mĂȘme. Son tĂ©moignage a permis de condamner les tĂȘtes du rĂ©seau et de saisir 1 200 kilos de cocaĂŻne.
L’affaire avait marquĂ© l’Espagne pour ses « narcofootballeurs ». Selon El PaĂs, le financier des cargaisons, expĂ©diĂ©es en conteneurs depuis l’Argentine vers Valence, Ă©tait Zoran Matijevic, un Serbe muni d’un passeport français et agent de joueur agréé par la Fifa. Parmi les condamnĂ©s figuraient d’anciens joueurs de foot, notamment de l’Athletic Bilbao et du HĂ©rcules Alicante (3Ăšme division).
450 658 euros de frais engagés
Le jugement de 2014, qui envoyait Zoran Matijevic et six autres responsables en prison, avait Ă©tĂ© signĂ© par Fernando Grande-Marlaska, alors prĂ©sident de la chambre pĂ©nale de l’Audience nationale et aujourd’hui ministre de l’IntĂ©rieur. C’est prĂ©cisĂ©ment ce ministĂšre qui a refusĂ© de payer. En Ă©change de sa collaboration, la justice avait promis par Ă©crit au tĂ©moin une nouvelle identitĂ©, des moyens financiers, un salaire et une protection policiĂšre. Hormis le changement d’identitĂ©, rien n’a suivi, Ă©crit El PaĂs. L’homme a vĂ©cu sous la menace des membres du rĂ©seau, a dĂ» refaire sa vie dans une autre ville, et son Ă©pouse a renoncĂ© Ă son emploi.
450 658,20 euros de frais ont Ă©tĂ© engagĂ©s par cet homme pendant l’infiltration, un montant qui dĂ©passe aujourd’hui 500 000 euros avec les intĂ©rĂȘts. En 2018, le ministĂšre de l’IntĂ©rieur a rĂ©pondu qu’il n’Ă©tait « pas compĂ©tent », renvoyant la charge au ministĂšre de la Justice. Les deux ministĂšres se sont ensuite retournĂ© le dossier l’un l’autre.
Faute de rĂ©ponse, l’homme s’Ă©tait tournĂ© vers le DĂ©fenseur du peuple, l’Ă©quivalent espagnol du DĂ©fenseur des droits. Ăngel Gabilondo a admis sa plainte en 2023 et rappelĂ© deux fois Ă l’administration son « devoir de collaboration ». Trois ans plus tard, aucune rĂ©ponse n’a Ă©tĂ© apportĂ©.
Dans ses courriers, le tĂ©moin avait anticipĂ© sa propre fin. Il disait sa « honte » d’avoir Ă tant insister et soupçonnait l’administration de faire traĂźner le dossier en attendant sa mort, pour Ă©conomiser la somme. Sa fille promet de poursuivre le combat : « Nous n’allons pas abandonner. Mon pĂšre a risquĂ© sa vie et a tout donnĂ© en Ă©change de rien. »
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