FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Amine Kessaci et Bernard Petit) : « Un contrat et une somme d’argent ont Ă©tĂ© placĂ©s sur ma tĂȘte », explique Amine Kessaci au sujet de sa mise sous protection policiĂšre

« Un contrat et une somme d’argent ont Ă©tĂ© placĂ©s sur ma tĂȘte », explique Amine Kessaci au sujet de sa mise sous protection policiĂšre

Publié le 23/07/2026 10:06 Mis à jour le 23/07/2026 10:17

Article rĂ©digĂ© par franceinfo – ÉditĂ© par l’agence 6Medias

Invités de La Matinale de franceinfo, Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille et militant contre le narcotrafic, ainsi que Bernard Petit, ancien chef de la police judiciaire du 36, quai des OrfÚvres, réagissent à la multiplication des menaces visant les élus et aux moyens de renforcer la lutte contre les réseaux criminels.

Les menaces visant les Ă©lus se multiplient sur fond de lutte contre le narcotrafic. AprĂšs l’exfiltration du maire d’AlĂšs par le Raid, la question de la sĂ©curitĂ© des Ă©lus et de la riposte face aux rĂ©seaux criminels est plus que jamais au cƓur des dĂ©bats. La Matinale de franceinfo a interrogĂ© Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille et militant contre le narcotrafic, ainsi que Bernard Petit, ancien chef de la police judiciaire du 36, quai des OrfĂšvres.


France TĂ©lĂ©visions : Amine Kessaci, je vais commencer avec vous. Vous ĂȘtes placĂ© sous protection policiĂšre. Aujourd’hui, on ne peut pas vous voir Ă  l’image, aussi pour des raisons de sĂ©curitĂ©. Est-ce que vous pouvez nous raconter votre quotidien sous protection policiĂšre ?

Amine Kessaci : Cette protection policiĂšre peut sauver des vies, elle peut sauver des gens, elle peut permettre Ă  des personnes qui sont menacĂ©es d’ĂȘtre lĂ , de vous parler, de vous rĂ©pondre. Donc, quand cette question m’est posĂ©e, j’explique que je n’aipas de quoi me plaindre. Et le quotidien sous protection policiĂšre, il est celui de quelqu’un qui doit prĂ©voir, planifier ou organiser chacun de ses dĂ©placements. Mais cela ne me donne en rien le droit de me plaindre.

Vous avez l’impression aujourd’hui que votre vie est menacĂ©e Ă  chaque seconde ?

Ce n’est pas une impression. Il y a aujourd’hui des rĂ©alitĂ©s, des faits. Un contrat, une somme d’argent ont Ă©tĂ© placĂ©s sur ma tĂȘte. Donc il n’y a pas de sentiment de ma part, simplement des faits de police.

Quand vous avez vu que le maire d’AlĂšs avait Ă©tĂ© exfiltrĂ© par la police, vous aussi, vous avez dĂ» ĂȘtre exfiltrĂ© il y a quelques mois d’un meeting Ă  Aix-en-Provence. Quelle a Ă©tĂ© votre premiĂšre pensĂ©e ?

J’ai tout de suite contactĂ© le maire d’AlĂšs, Ă  la fois pour lui faire part de mon soutien et pour lui dire qu’il n’est pas seul. Quand j’avais vĂ©cu cette exfiltration il y a quelques mois, c’est vrai que je me suis senti relativement seul. C’Ă©tait d’ailleurs la premiĂšre fois qu’on exfiltrait quelqu’un d’un meeting politique Ă  cause des narcotrafiquants. Le maire d’AlĂšs a tout mon soutien. Je lui ai demandĂ©, Ă  ce moment-lĂ , puisqu’il n’avait pas encore acceptĂ© la protection policiĂšre, d’accepter cette protection, et je lui ai dit qu’il n’Ă©tait pas seul dans ce combat.

Qu’est-ce que le gouvernement doit faire pour lutter encore mieux contre les narcotrafiquants ? Il y a la loi narcotrafic, un parquet anti-criminalitĂ© basĂ© Ă  Marseille, des prisons. Qu’est-ce qu’il faut faire de plus ? OĂč est-ce qu’il faut taper pour tenter de mettre fin Ă  ces narcotrafiquants ?

Cette question, j’y rĂ©ponds 372 fois par jour. Et je pense qu’Ă  l’heure actuelle, nous ne sommes plus Ă  l’heure du constat ni Ă  celle de la recherche des solutions. J’ai Ă©crit un livre, j’ai publiĂ© plus d’une vingtaine de tribunes depuis novembre dernier. On a Ă©crit, interpellĂ©, alertĂ©. Je pense que tout le monde, aujourd’hui, est au fait des solutions que nous proposons.

Vous disiez qu’il fallait s’inspirer de ce qui se passait en Italie, de la loi italienne ?

Je pense qu’on a tout Ă  apprendre, tout Ă  tirer de la loi italienne contre le crime organisĂ©, notamment en rééquilibrant cette guerre et en affirmant que nous ne la financerons plus avec l’argent public, mais avec les avoirs et les biens des narcotrafiquants. Je pense aussi que l’urgence actuelle est de se doter, au niveau europĂ©en, d’une agence de renseignement dĂ©diĂ©e Ă  la lutte contre le narcotrafic, qui nous permette d’identifier oĂč sont les tĂȘtes de rĂ©seau, oĂč se trouvent leurs biens, oĂč sont leurs avoirs, et de nous permettre de travailler Ă  leur confiscation.

Pourquoi, pour l’instant, cela ne se fait-il pas ? Est-ce parce qu’on manque de rĂ©activitĂ© ou parce qu’il y a un manque de volontĂ© politique ?

Je pense qu’il y a un manque de coordination. Je pense que la volontĂ© politique est lĂ , et j’espĂšre qu’elle est lĂ . Ce sujet est bien trop important pour ĂȘtre un sujet de second plan. Il manque aujourd’hui de la coordination. Dans quelques jours, nous annoncerons avec diffĂ©rents maires la crĂ©ation de l’Association nationale des maires europĂ©ens qui agissent contre le narcotrafic, que j’ai l’honneur de prĂ©sider Ă  son lancement. Cette association organisera et coordonnera, avec les maires, la rĂ©ponse que doit apporter la RĂ©publique face au narcotrafic.

Ce texte correspond Ă  une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez vidĂ©o pour la regarder dans son intĂ©gralitĂ©.

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