PRISONS BUSINESS đŸ‡šđŸ‡” (Investissement conseillĂ©) : quant Ă  l’apport des dĂ©tenus pour affaires de stupĂ©fiants dans les systĂšmes pĂ©nitentiaires


Un « marchĂ© » qui se dĂ©veloppe !

Dans la plupart des pays, les infractions liĂ©es aux stupĂ©fiants reprĂ©sentent une part majeure des entrĂ©es en prison. En France, en Europe et aux États-Unis, les affaires de trafic, dĂ©tention et usage de drogues alimentent de façon continue les Ă©tablissements pĂ©nitentiaires.

La question se pose donc : quel est l’apport rĂ©el de ce public dans le fonctionnement des systĂšmes carcĂ©raux ? Et pourquoi certains analystes parlent-ils d’un « secteur » structurellement dĂ©pendant de ce flux ?

1. Un apport massif et récurrent
Les dĂ©tenus condamnĂ©s pour stupĂ©fiants ont plusieurs caractĂ©ristiques qui les rendent « visibles » dans les statistiques pĂ©nitentiaires :

  • Volume : Les infractions Ă  la lĂ©gislation sur les drogues sont parmi les premiers motifs d’incarcĂ©ration. Elles assurent un renouvellement constant des effectifs.
  • Peines longues : Le trafic et l’association de malfaiteurs donnent des peines de plusieurs annĂ©es. RĂ©sultat : un taux d’occupation stable et prĂ©visible pour les prisons.
  • Profil jeune : Une grande partie a moins de 35 ans. Ce sont donc des peines qui s’étalent sur du long terme.

En clair, sans les affaires de stupéfiants, de nombreux établissements verraient leur taux de remplissage chuter de maniÚre significative.

2. Un impact économique direct sur le systÚme
Un dĂ©tenu reprĂ©sente un coĂ»t pour l’État : hĂ©bergement, nourriture, santĂ©, surveillance, programmes de rĂ©insertion. Mais il reprĂ©sente aussi une activitĂ© :

  • Emplois : Agents pĂ©nitentiaires, juges d’application des peines, avocats, Ă©ducateurs, services mĂ©dicaux, prestataires de cantine et de blanchisserie. Le maintien d’un haut niveau d’incarcĂ©ration soutient des milliers d’emplois.
  • Infrastructures : Construction de nouvelles prisons, centres de dĂ©tention, bracelets Ă©lectroniques, sociĂ©tĂ©s de sĂ©curitĂ© et de transport. Les budgets allouĂ©s suivent la demande.
  • Services associĂ©s : Formations, ateliers, addictions, suivi post-peine. Les programmes de lutte contre la rĂ©cidive liĂ©s aux drogues sont un segment financĂ© chaque annĂ©e.

De ce point de vue, les affaires de stupĂ©fiants sont « les meilleurs clients » du systĂšme : elles gĂ©nĂšrent du flux, de la durĂ©e, et donc des budgets rĂ©currents.

3. Faut-il « investir » dans ce secteur ?
Si on prend une logique purement gestionnaire et budgétaire, la réponse de certains décideurs est oui.
Investir ici veut dire :

  • Agrandir les capacitĂ©s : plus de places, plus de centres spĂ©cialisĂ©s.
  • Externaliser : gestion dĂ©lĂ©guĂ©e, cantines, santĂ©, formation.
  • Technologie : surveillance, contrĂŽle, gestion des donnĂ©es des dĂ©tenus.

Mais cette logique se heurte Ă  une autre rĂ©alitĂ© : l’objectif officiel des politiques pĂ©nales est de rĂ©duire la rĂ©cidive et la dĂ©linquance, pas de dĂ©pendre d’elle. Un systĂšme qui « a besoin » de dĂ©tenus pour tourner financiĂšrement pose une question Ă©thique et politique majeure.

Conclusion
Les affaires de stupéfiants sont structurelles pour les prisons modernes. Elles apportent du volume, de la prévisibilité et des budgets. Sans elles, le paysage pénitentiaire serait trÚs différent.

Parler d’ »investissement » dans ce secteur, c’est donc poser le vrai dĂ©bat : veut-on un systĂšme carcĂ©ral qui se maintient parce que le dĂ©lit se maintient ? Ou veut-on investir dans la prĂ©vention, le soin et l’alternative Ă  l’incarcĂ©ration pour rĂ©duire Ă  terme ce flux ?

Le choix n’est pas que Ă©conomique. Il est aussi de sociĂ©tĂ©



Les stupéfiants : la vache à lait des systÚmes pénitentiaires

Soyons clairs. Si demain toutes les affaires de drogue disparaissaient, la moitié des prisons devraient fermer.

Les dĂ©tenus pour stups sont les meilleurs clients du systĂšme : ils entrent jeunes, ils restent longtemps, ils ressortent et souvent ils reviennent. C’est un cycle parfait pour faire tourner la machine.

Pendant qu’on parle de « lutte contre le trafic », on construit des prisons, on embauche des surveillants, on signe des contrats de gestion privĂ©e. Toute une Ă©conomie tourne autour de ce dĂ©lit.

Alors la question dĂ©range mais elle est lĂ  : a-t-on vraiment intĂ©rĂȘt Ă  tarir la source ?
Investir dans la prison pour drogue, c’est investir dans le problùme pour justifier la solution. C’est rentable à court terme. C’est catastrophique à long terme.

Le vrai investissement serait ailleurs : prévention, soin, désengorgement. Mais ça ne remplit pas les cellules.


Alors, tous les membres de nos régaliennes seraient ils compromis dans ce business ?


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