Une centaine de participants, des dĂ©lĂ©gations d’une douzaine de pays seront prĂ©sents sur le territoire, pour enrayer un phĂ©nomène qui prend de l’ampleur. Celui du narcotrafic en mer. En juin 2025, 2,5 tonnes de cocaĂŻne avaient Ă©tĂ© saisies dans un navire au large de la Nouvelle-CalĂ©donie. Il transportait la cargaison entre le PĂ©rou et l’Australie. Sept personnes avaient Ă©tĂ© placĂ©es en garde Ă vue dans le cadre de l’enquĂŞte pour trafic de stupĂ©fiants
Renforcer la sécurité
Poursuivre l’organisation de la lutte dans la rĂ©gion, c’est le but d’un sĂ©minaire organisĂ© Ă NoumĂ©a les 4 et 5 novembre prochains. Il est Ă l’initiative du procureur gĂ©nĂ©ral près la cour d’Appel de NoumĂ©a et du haut-commissaire de la RĂ©publique en Nouvelle-CalĂ©donie. Objectif : renforcer la sĂ©curitĂ© avec les partenaires du Pacifique et inscrire la coopĂ©ration rĂ©gionale dans la mobilisation internationale.
“Ce sont des enjeux de connaissance, de partage d’information pour connaître les circuits, les marchés, les modalités de transport mais aussi des enjeux qui sont opérationnels. Comment agir ? Avec quels outils ? Qui est en capacité d’agir sur le plan des interceptions et sur le plan judiciaire ? Quel droit doit-on appliquer quand on intercepte un navire étranger en haute mer, dans les eaux internationales ? Toutes ces questions pratiques dont il faut parler à l’échelle française, mais aussi avec nos partenaires”, explique Camille Miansioni, procureur près la cour d’Appel de Nouméa.
Des représentants de la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Fidji, les Samoa, les Etats-Unis, les Tonga et plusieurs autres pays seront présents. Pour tenter de “définir des modalités de fonctionnement, de coordination et de partage d’information. Et trouver des Modus opérandi efficaces”, pour lutter contre le narcotrafic en mer.
« On est sur une chaĂ®ne avec des complicitĂ©s qu’il faut contrer »
La Nouvelle-Calédonie semble pour l’heure épargnée. Mais des navires transportant de la drogue sont interceptés dans la zone économique exclusive du territoire. “On est sur un trafic transocéanique. Avec des pays producteurs situés au niveau de l’Amérique latine et des pays consommateurs que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce sont les marchés qui ont les moyens d’acheter ces drogues qui sont assez onéreuses”, explique Olivier Roitel, commissaire principal et chef du bureau de l’action de l’État en mer.
“Pour organiser une telle traversée, il faut pouvoir avoir des points d’appui. On est sur une chaîne avec des complicités dans les différents états du Pacifique qu’il faut contrer. L’idée de ce séminaire, c’est bien de collectivement identifier ces réseaux et pouvoir les contrer dans chacun des pays traversés”, poursuit Olivier Roitel.
Et il faut être prudent concernant le territoire. “Il n’est pas exclu que la Nouvelle-Calédonie devienne demain une zone de consommation ou de transbordement”, révèle le haut-commissaire, Jacques Billant. “Les narcotrafiquants n’hésitent pas à investir dans des pays tiers pour créer ces zones de transbordement en injectant de la marchandise, donc de la cocaïne, en procédant à de la corruption parce que le trajet n’est pas linéaire. Il y a besoin d’étapes et d’organisation. Donc nous tenons à prendre les devants”.
Par Maurice Violton, Alix Madec
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