NARCO-BUSINESS : « Neutraliser les acteurs d’une économie criminelle ne signifie pas nécessairement affaiblir l’économie elle-même. »

  • Les États arrêtent des narcotrafiquants, démantèlent des points de vente, saisissent des cargaisons et mobilisent leurs moyens policiers, judiciaires et militaires. Dans certains territoires, les homicides reculent considérablement.
  • Pourtant, le commerce de stupéfiants peut se poursuivre, changer de mains ou se déplacer.
  • Comment expliquer que ces résultats tangibles ne se traduisent pas nécessairement par une contraction équivalente des marchés ?

Cette question révèle une distinction fondamentale : neutraliser les acteurs d’une économie criminelle ne signifie pas nécessairement affaiblir l’économie elle-même. Tant que la demande persiste et que les conditions d’approvisionnement, de financement et de rentabilité restent favorables, de nouveaux opérateurs peuvent prendre la relève. Les effets d’une intervention sur la violence, la production ou les réseaux de distribution doivent donc être distingués de ses conséquences sur l’ensemble du marché.

Pour examiner ce décalage, nous nous intéresserons à trois situations parmi d’autres : Marseille, où les modes de distribution se diversifient ; Rosario, en Argentine, où les homicides ont fortement reculé ; et l’Afghanistan, où l’interdiction de la culture du pavot a provoqué un effondrement de la production d’opium. Ces exemples permettent d’observer différentes réponses aux interventions étatiques et d’interroger leurs effets économiques, parfois différés ou difficiles à mesurer.

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