
Il sort de l’affaire des Ă©coutes, il ne veut pas de nouvelle affaire qui pète Ă la figure de Balladur. Il fait signer la note qui tue l’infiltration Ă l’ancienne.
Ce qui a entraîné :
A la première opĂ©ration menĂ©e pour Locatelli sur Brindisi avec le cargo Melor, Christian Gatard m’informe qu’il ne prĂ©vient pas les autoritĂ©s italiennes. « Première opĂ©ration, on laisse faire! »

Locatelli me fait acheter le Poseidon . Gatard et Lesquert viennent en voiture Ă Barcelone oĂą je leurs donne les plans du navire que je fais immatriculer sous pavillon de Saint Vincent.
Lors de la rencontre Ă l’hĂ´tel Meurice Ă Paris avec les organisateurs australiens d’un enlèvement de plus de 50 tonnes de cannabis, Le directeur de la DNRED, Joseph LeLuarn refusera de faire couvrir cette rĂ©union par les agents parisiens, respectant ainsi les volontĂ©s de Sarkozy. Plus d’ infiltrations !
Christian Gatard envoie ses hommes de Nantes qui ne réussiront pas à couvrir efficacement la rencontre, ne serait-ce que prendre des photos de ces organisateurs.
Entre temps, je pars Ă Santa Fe de Bogotá pour rencontrer Miguel Rodriguez Orejuela, le successeur d’ Escobar lors dune rĂ©union dans la 100 ème rue, accompagnĂ© de Carlos Hernández Reumbaut , un ex CIA (Baie des cochons), information que j’apprendrais plus tard.
C’est ce mĂŞme Carlos qui sera acquittĂ© au Canada.
- La négociation en Colombie : Marc Fiévet se rend à Bogotá pour négocier le transport de plusieurs tonnes de cocaïne directement avec les dirigeants des cartels de Cali et de Barranquilla, notamment Miguel Rodriguez Orejuela.
- L’opĂ©ration du navire Pacifico : L’opĂ©ration aboutit au transport de 5,4 tonnes de cocaĂŻne par voie maritime, rĂ©cupĂ©rĂ©es au large du Venezuela et acheminĂ©es vers le Canada.
- L’abandon institutionnel : Bien que l’opĂ©ration se solde par une saisie record par les autoritĂ©s canadiennes, ces dernières Ă©mettent un mandat d’arrĂŞt contre FiĂ©vet. MalgrĂ© ses alertes, la hiĂ©rarchie au sein des douanes françaises refuse de me couvrir ou de clarifier ma situation d’infiltrĂ©.
- L’arrestation et la condamnation : ArrĂŞtĂ© en Espagne en septembre 1994, je suis extradĂ© et condamnĂ© Ă la prison Ă perpĂ©tuitĂ© au Canada en 1997 après avoir Ă©tĂ© contraint de plaider coupable sans avocat.
- L’issue juridique en France : Après avoir passĂ© 3 888 jours en dĂ©tention Ă travers plusieurs pays, la justice française (via la juge Sophie ClĂ©ment en 2006) rend un non-lieu, reconnaissant officiellement que Marc Fievet agissait comme infiltrĂ© et non comme un narcotrafiquant. Cependant, les directeurs successifs des douanes ont refusĂ© d’assumer la responsabilitĂ© de ma protection.
Lors de la prĂ©paration de l’enlèvement de l’importante cargaison de haschich du cĂ´tĂ© de Djibouti, Locatelli fait charger 2 tonnes 500 de cannabis pour Cagliari. Je demande Ă Christian Gatard de faire sauter le Melor. Il me dit que c’est trop tĂ´t et que, aux questions posĂ©es par la Guardia di Finanza, il a rĂ©pondu qu’il ne connaissait pas Fievet ni le Melor.
De retour du Caire, je rencontre Gatard Ă Barcelone oĂą il est venu sans l’accord de la DGDDI. En effet, les douaniers de la DNRED ne peuvent plus sortir du territoire sans autorisation ministĂ©rielle.
Le Melor , pas assez puissant pour faire le tour de l’Afrique, Locatelli trouve un supplyer qui rĂ©cupère les 32 tonnes chargĂ©es et le telex qui Ă©tait sur le Melor. TĂ©lex qui est au nom de ma compagnie de Gibraltar.
Je recevrai les factures de communication entre ce télex et un numéro sur liste rouge dans le Var et une banque américaine de New-York.
J’apporterai ces factures Ă l’attachĂ© douanier Ă Madrid, Jean Paul Garcia, mais je n’aurais jamais aucune explication…
En septembre 1993, Christian Gatard vient me voir en Andalousie, au Parador de Malaga, pour m’annoncer que la DNRED a fini par percer l’identitĂ© de ce Mario de Madrid, comme Ă©tant Claudio Pascuale Locatelli.
Locatelli parle dĂ©jĂ d’une grosse opĂ©ration pour livrer 10 tonnes de cocaĂŻne Ă Propriano en Corse. Mais il veut faire une opĂ©ration circulaire, Ă savoir, livrer du cannabis au Canada avant de faire enlever les 10 tonnes au large de la Guyane par parachutage.
Le Poseidon est chargĂ© de 6 tonnes de cannabis pour le Canada, mais un des marins serbes, malade, doit ĂŞtre Ă©vacuĂ© d’urgence. DĂ©cision est prise de le faire Ă©vacuer sur l’Angleterre oĂą je peux larguer une partie de la cargaison destinĂ©e au Canada. Au retour , je rencontre LeLuarn et Gatard au Concorde Lafayette et c’est lĂ que LeLuarn me proposera les services de Weber, lex DG de la DGDDI, devenu banquier en Alsace, pour blanchir ce qu’il Ă©tait normal que j’exige comme commission suite Ă l’opĂ©ration canadienne.
LeLuarn me dira mĂŞme que pour blanchir 1 ou 2 millions de US dollars, Weber savait faire. Ajoutant pour l’atterrissage des 10 tonnes sur Propriano, qu’il Ă©tait prĂ©fĂ©rable que je m’arrange pour faire ça sur Toulon, oĂą lĂ , la Douane disposait de plus de moyens.
Les autoritĂ©s anglaises qui m’ont fait suivre Ă Londres, dĂ©barquent Ă Paris pour demander ce que je faisais au « Four Seasons ». LeLuarn dira que la DNRED ne savait pas ce que je faisais.
Gatard me prĂ©vient que les ‘Anglais’ voulaient me voir, mais suite Ă l’opĂ©ration contre l’IRA, en 1992, lors d’une rĂ©union Ă Londres, Ă l’ambassade de France, en prĂ©sence de Marc Lerestre, l’attachĂ© douanier, j’avais signifiĂ© Ă John Hector que je ne souhaitais plus travailler avec eux. En effet, il me demandait de venir tĂ©moigner contre les membres de l’IRA que j’avais rencontrĂ© Ă Dublin. Je l’ai envoyĂ© chier!
La DNRED ne rĂ©vĂ©lant pas l’opĂ©ration en cours, John Hector, fit taper les 3 tonnes livrĂ©es en Angleterre et utilisa un destroyer de la marine royale au nom de ‘Avenger’ pour poursuivre le Poseidon et se faire helitreuiĚ‚ller au milieu de l’Atlantique pensant que j’Ă©tais Ă bord.
Locatelli fit acheter alors le Pacifico, un cargo de 150 mètres à Gdansk et le Sea Harmony, un yacht de 28 mètres à Palma aux Baleares.
J’achetais le motor-yacht avec le nom de Charles Henri de Bossieu et HervĂ© Maignie, douanier de la DNRED Nantes, est allĂ© Ă Jersey, oĂą Ă©tait immatriculĂ© ce Yacht, pour faire noircir la copie de mon passeport pour Ă©viter toutes poursuites après la saisie des 10 tonnes de cocaĂŻne.
Le yacht devant récupérer en haute mer la cargaison de cocaïne.

A la suite de cette première alerte, Locatelli me fit prendre un appartement sur Madrid.
J’Ă©tais en cavale !
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