FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Douane – DNRED): l’interview de Marc Fievet, aka NS 55 DNRED

International informant: Quand, en septembre 2007, un avion appartenant Ă  la CIA s’est Ă©crasĂ© au Mexique et l’on a dĂ©couvert qu’il transportait plus de 4 tonnes de cocaĂŻne, qu’avez-vous pensĂ© ?

Marc Fievet :
Lorsque j’ai lu cette news, j’ai immĂ©diatement pensĂ© que malgrĂ© les annĂ©es qui passent, les gouvernements et les dirigeants des grands services de renseignements utilisaient toujours les mĂȘmes mĂ©thodes pour trouver des fonds.

Comment ne pas se souvenir d’Oliver North du temps de Bush pĂšre et d’Air America au Vietnam, pour ne citer que ces deux exemples qui sont tombĂ©s dans le domaine public.
Ayant travaillĂ© pour la DEA et ayant pu constatĂ© le manque total d’éthique morale des fonctionnaires que j’ai rencontrĂ©s, je ne suis pas Ă©tonnĂ© de ce type de transport par ces avions occupĂ©s Ă  plein temps pour « faciliter » le « travail » de la CIA ou du DEA.
M’étant affrontĂ© au GAL, mouvement terroriste officieux, du gouvernement espagnol de Felipe Gonzalez, je peux affirmer que la morale classique que l’on attend de tous citoyens pour vivre en bonne intelligence avec ses concitoyens, ne fait absolument pas partie des paramĂštres Ă  respecter par la plupart de nos gouvernements.

International informant: Quel est le pourcentage des stupéfiants saisis parmi les quantités qui transitent par les frontiÚres européennes ?

Marc Fievet : Il faut d’abord souligner que l’on ne donne pas aux services chargĂ©s de la lutte contre les narcotrafics les moyens d’agir efficacement.
En Europe , on n’arrĂȘte que 10 Ă  12 % de la drogue qui entre dans les pays consommateurs. C’est le problĂšme de la demande qu’il faudrait traiter, car il est illusoire de croire que l’on rĂšglera la question en jugulant l’offre, ce qui est impossible dans un monde de plus en plus ouvert, avec des Etats aux motivations souvent antagonistes. Croit-on rĂ©soudre l’alcoolisme en supprimant l’alcool?

International informant: Si 90% des stupéfiants passent entre les mailles du filet, cela veut dire que les narcotrafiquants peuvent agir en toute tranquillité ?

Marc Fievet : Les trafiquants demeurent particuliĂšrement tranquilles. J’ai compris, dĂšs le dĂ©but de mon action, qu’il n’y avait pas de volontĂ© rĂ©elle d’enrayer les narcotrafics. Ce qui continue de me choquer est le fait que la plupart de ces trafiquants, parfaitement identifiĂ©s, sont laissĂ©s en libertĂ©. Ceux dont j’avais donnĂ© le nom et signalĂ©s comme Ă©tant actifs dans la derniĂšre organisation que j’ai infiltrĂ©e en 1993, n’ont jamais Ă©tĂ© poursuivis pour les opĂ©rations auxquelles j’ai participĂ©es en parfaite connaissance des services français de la DNRED . Claudio Pascuale Locatelli, qui avait pour conseiller le magistrat Catenacci et l’avocat Ciolla n’a jusqu’à ce jour pas Ă©tĂ© poursuivi pour les faits pour lesquels j’ai dĂ» plaider coupable sur les consignes des autoritĂ©s françaises. Quant Ă  Carlos Hernandez Reumbeault, un cubano-colombo-espagnol, bien qu’arrĂȘtĂ© en Suisse puis extradĂ© vers le Canada sur des preuves accablantes de participation Ă  ce trafic de cocaĂŻne, il a Ă©tĂ© relaxĂ© par la cour de Moncton au Nouveau Brunswick.

D’aprĂšs ce que j’ai pu expĂ©rimenter sur le terrain, il n’y a pas de rĂ©elle volontĂ© politique de s’attaquer aux narcotrafics. On arrĂȘte de temps en temps un gros trafiquant, mais en mĂȘme temps on continue d’en laisser d’autres libres d’agir.

Les autoritĂ©s font juste ce qu’il faut pour faire croire aux gens que l’Etat les protĂšge mais, dans les faits, elles ne font pas grand chose.

International informant: : Avez-vous pu comprendre comment ce marché mondial des drogues fonctionne et comment son contrÎle étatique occulte se met en place ?

Marc Fievet : J’ai compris que, plus les citoyens sont soumis Ă  la drogue, plus les Etats peuvent trouver de prĂ©textes pour instaurer des mesures de plus en plus coercitives voire liberticides qui n’ inquiĂštent pas vraiment les narcotrafiquants et les dealers mais qui, par contre, diminuent les libertĂ©s des citoyens – qui, eux, respectent les lois. Sont donc renforcĂ©s les pouvoirs Ă©tablis.
Pour le reste du fonctionnement, il y a une demande importante et des Etats disposés à faciliter ou le transit ou la production de ces produits.
Les pays producteurs de stupĂ©fiants dont les Ă©conomies dĂ©pendent en grande partie des revenus dus Ă  l’exportation de la drogue sont de plus en plus nombreux.

International informant: Ces mĂ©tiers d’infiltration ne sont-ils pas le plus souvent exercĂ©s par des repris de justice, donc des gens facilement corruptibles ?

Marc Fievet : Il est vrai que les gens que l’administration française engage en qualitĂ© d’ « aviseur » ou d’ « indics » sont gĂ©nĂ©ralement des gens issus de la partie « obscure » de la sociĂ©tĂ©. En ce qui me concerne j’agissais en qualitĂ© d’agent infiltrĂ© sur demande des autoritĂ©s douaniĂšres. Je crois, que l’on peut mener des actions d’infiltration, sans ĂȘtre soi-mĂȘme issu de ce monde « obscur » et que ma totale loyautĂ© envers la douane française a Ă©tĂ© confirmĂ© dans un tĂ©moignage de Christian Gatard, mon ‘officier traitant’.

L’action d’un agent infiltrĂ© permet, entre autres, d’apporter aux autoritĂ©s en charge de la lutte, des informations pour mieux comprendre le fonctionnement des trafics illĂ©gaux et des organisations criminelles. Si l’on veut lutter efficacement contre ce flĂ©au de la drogue, il n’y a pas d’autre solution que l’infiltration.

International informant : Quand Maciej Zaremba dit par exemple, que le Kosovo est le royaume de la corruption, de l’illĂ©galitĂ© et du crime, et que « les officiels de l’ONU mentent, car ils sont liĂ©s Ă  la mafia albanaise » les citoyens ont de quoi s’interroger quant Ă  savoir si la mafia n’a pas dĂ©jĂ  pĂ©nĂ©trĂ© toutes les sphĂšres Ă©tatiques et privĂ©es ?

Marc Fievet : Oui, et cela a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©. La solidaritĂ© entre les possĂ©dants, les narco-trafiquants, les politiciens et les grandes entreprises est si Ă©troite qu’en Colombie, un baron de la drogue a pu dĂ©clarer sans faire scandale que 35 % des parlementaires Ă©taient sous son contrĂŽle.

A l’Ă©poque, le comportement du prĂ©sident colombien Uribe, peu enclin Ă  chercher un arrangement avec la guĂ©rilla pour tirer d’affaire Ingrid Betancourt, s’expliquait par le fait qu’il Ă©tait lui-mĂȘme un fleuron de cette narco-bourgeoisie. Uribe expliquait que son pĂšre avait Ă©tĂ© assassinĂ© par les FARC. C’est vrai ! Mais il ne disait pas que son pĂšre, politicien liĂ© aux narcotrafiquants, prĂȘtait sa propriĂ©tĂ© pour les entraĂźnements des paramilitaires. Il est mort justement lors d’une attaque des FARC contre ce camp d’entraĂźnement. Pour tenter de sauver son pĂšre, le futur prĂ©sident emprunta un hĂ©licoptĂšre Ă  un ami… Pablo Escobar. Aujourd’hui, les dirigeants en place, sont ils diffĂ©rents ?

D’autre part, il ne faut jamais oublier que le troisiĂšme marchĂ© mondial est celui de la drogue. Ce marchĂ© n’est pas pris en compte comme il se devrait par les gouvernements. Durant la campagne Ă©lectorale en France de SĂ©golĂšne Royal et Nicolas Sarkozy, j’avais essayĂ© d’attirer l’attention sur cette question, mais sans succĂšs. Depuis le trafic a explosĂ© bien aidĂ© par le ‘net’, et les services spĂ©cialisĂ©s n’ont cessĂ© de se concurrencer au dĂ©triment de l’efficacitĂ©. Les derniers exploits de la DNRED au boulevard Exelmans n’ont permis que de mettre en exergue que nos directions sont parfois aux mains d’ Ă©narques voyous. Le cas d’Erwan Guilmin en est l’un des meilleurs exemples et constater qu’aujourd’hui se trouve Ă  la tĂȘte de ce grand service une personne qui a Ă©tĂ© aux responsabilitĂ©s dans de nombreux services de la DNRED tout au long de sa carriĂšre sans qu’elle n’ait jamais rien remarquĂ© d’anormal….interpelle!

Il y a un systĂšme mafieux qui s’est instaurĂ© au plus haut niveau des Etats et des gouvernements. Un systĂšme Ă©tatique mafieux qui a des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques communs avec les mafias liĂ©es au crime organisĂ© ; mĂȘme si ces deux entitĂ©s ne sont pas associĂ©es et ne se retrouvent jamais Ă  la mĂȘme table.

International informant: OĂč vont les revenus de ce marchĂ© parallĂšle ?

Marc Fievet : Il y a des banlieues entiĂšres qui vivent de ce marchĂ© souterrain liĂ© Ă  la drogue. En 2008, j’avais Ă©tĂ© dans les quartiers nord de Marseille Ă  la rencontre d’associations. J’avais pu constater que la drogue ne provoquait plus le mĂȘme rejet qu’il y vingt ou trente ans. La drogue fait aujourd’hui partie du dĂ©cor social ! Bien sĂ»r, ce ne sont pas les commissaires de quartier, plus occupĂ© Ă  remplir des stats qui vous confirmeront cette situation. En effet, les profits des petits et grands trafiquants sont immenses. La drogue restant une marchandise prohibĂ©e, son commerce est extrĂȘmement lucratif: le marchĂ© de la drogue est celui qui connaĂźt actuellement la plus forte expansion.

Prenons l’exemple de la Costa del Sol en Espagne. Les grands travaux qui, en l’espace de peu de temps, avaient dotĂ© cette rĂ©gion trĂšs pauvre d’une infrastructure touristique extraordinaire, n’auraient pu se faire sans les intermĂ©diaires qui ont blanchi l’argent qui provenait de la drogue. Ces investissements n’ont pu se rĂ©aliser sans des complicitĂ©s au sein de l »Ă‰tat espagnol. Aujourd’hui, c’est la mĂȘme chose, en France sur la CĂŽte d’Azur. Des ressortissants russes arrivent, investissent des sommes colossales dans l’immobilier, sans qu’aucune autoritĂ© ne vĂ©rifie d’oĂč viennent les fonds investis !

On lĂ©galise le blanchiment de l’argent liĂ© au crime et aux narcotrafics, sur une Ă©chelle vertigineuse, partout dans le monde, sans que cela n’alerte les autoritĂ©s. Pourquoi ? Parce que ces investissements qui permettent aux Ă©conomies souterraines liĂ©es au marchĂ© de la drogue de blanchir en toute impunitĂ©, servent les Ă©conomies officielles. Partout l’on constate qu’il n’y a pas de rĂ©el contrĂŽle de la part des autoritĂ©s quant Ă  l’origine de tous ces fonds occultes. Car ces fonds parallĂšles contribuent au dĂ©veloppement des Ă©conomies locales. Alors on ferme les yeux.

International informant: Nos gouvernements, mĂȘme s’ils n’ont aucun lien direct avec les trafiquants, seraient complices dĂšs lors qu’ils ne vĂ©rifient pas de maniĂšre stricte les origines des fonds qui arrivent dans telle ou telle rĂ©gion ?

Marc Fievet : Les grands blanchisseurs, en France, sont les grandes Banques institutionnelles. Arnaud Montebourg, dĂ©putĂ© socialiste, Ă©tait venu me rencontrer durant la pĂ©riode oĂč je me trouvais en prison, dans le cadre d’une commission parlementaire qui devait enquĂȘter sur le blanchiment d’argent. J’ai rĂ©pondu Ă  toutes ses questions. J’ai donnĂ© le nom des banques qui, suite Ă  mon travail d’infiltration, s’étaient avĂ©rĂ©es actives dans le domaine du blanchiment d’argent sale. J’ai dĂ©clarĂ©, alors que je m’étais prĂ©sentĂ© sous la couverture d’un armateur, que je n’avais rencontrĂ© aucune difficultĂ© Ă  faire blanchir dans les banques citĂ©es, les milliards de lires qui provenaient de l’organisation Locatelli que j’avais j’infiltrĂ©e.

International informant: Quels sont les banques en question ?

Marc Fievet : La Barclays Bank, Le Banco Atlantico, l’ABN AMRO, la Banque Indo Suez, ainsi qu’une officine qui se trouvait au Liechtenstein. Je suis persuadĂ© que, dans ces banques, les salles destinĂ©es Ă  compter le « cash » qui provient des narcotrafics existent encore.

J’ai eu par la suite la grande surprise de dĂ©couvrir que mes dĂ©clarations, dĂ»ment enregistrĂ©es par Arnaud Montebourg et transcrites sur 30 pages, qui prĂ©cisaient les noms des gens et des banques comme Ă©tant capables de recycler des sommes d’argent colossales sans Ă©tats d’ñme, ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©es car, selon la loi française, on ne pouvait pas les poursuivre.
Seul, l’agent infiltrĂ© qui avait dĂ©clarĂ© aurait Ă©tĂ© poursuivi

Comment alors faire confiance Ă  nos institutions ?

Quand l’Etat nomme des commissions, quand des dĂ©putĂ©s de l’AssemblĂ©e nationale vont enquĂȘter, les gens croient que l’Etat est vraiment engagĂ© dans le combat contre les narcotrafiquants, mais en rĂ©alitĂ© il n’en est rien. L’enquĂȘte conduite par Messieurs Montebourg et Peillon a permis Ă  Monaco, qui faisait partie du peloton de tĂȘte des blanchisseurs les plus malins, de sortir innocentĂ© et de continuer d’ĂȘtre une place forte offshore de blanchiment.

Les Etats ne se concertent pas pour s’attaquer au narcotrafic sur une Ă©chelle mondiale. Il y a des intĂ©rĂȘts Ă©tatiques particuliers, qui sont en concurrence, selon qu’il y ait des juridictions plus permissives que d’autres. Des places financiĂšres comme Luxembourg, Liechtenstein, Jersey ou Gibraltar, rĂ©putĂ©es comme assez permĂ©ables, permettent ce que d’autres Etats ne peuvent s’autoriser qu’officieusement.

International informant: Quels sont les Etats mis en concurrence ?

Marc Fievet : L’Etat le plus performant d’entre tous est indubitablement celui des Etats-Unis. Sous prĂ©texte d’apporter Ă  d’autres Etats de l’aide et des conseils pour lutter contre la drogue, les USA imposent une politique gĂ©nĂ©rale Ă  mener qui correspond aux intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs des seuls USA.

International informant: : Dick Marty a donc raison quand il affirme « qu’il y a d’autres menaces tout aussi dangereuses que le terrorisme », qui sont « en train de causer des dĂ©sastres immenses partout sur la planĂšte » et qu’il est important de combattre ?

Marc Fievet : Je suis d’accord. Plus il y a du terrorisme, plus il y a de drogue, plus cela permettra la mise en place de mesures liberticides. Les gens acceptant de perdre leur libertĂ© en pensant que ces lois rĂ©pressives servent l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

International informant: : Quels sont les moyens consacrĂ©s et combien de taupes l’Etat français a-t-il engagĂ©es pour surveiller les gens dans la lutte contre le terrorisme, en comparaison des moyens consacrĂ©s Ă  la lutte contre les narcotrafics ?

Marc Fievet : Je ne suis pas en mesure de rĂ©pondre Ă  cette question. Ce que je sais, c’est que le narcotrafic est devenu l’une des principales sources de financement des organisations terroristes depuis l’ « abandon » du sponsoring international d’Honecker ou Kadhafi. L’IRA que j’avais infiltrĂ©e en est un des exemples. D’aucuns disent qu’aujourd’hui le financement des organisations terroristes est en provenance des pays qui semblent ĂȘtre en pointe pour lutter contre ces mĂȘmes organisations criminelles que sont ces diffĂ©rentes factions terroristes.

International informant : Vous qui avez frĂ©quentĂ© ce monde de l’espionnage, vous ne devez pas ignorer, qu’aujourd’hui, l’infiltration des milieux qui dĂ©battent des questions de sociĂ©tĂ© est devenue plus intense que jamais. De simples citoyens, dont l’opinion dĂ©range les pouvoirs Ă©tablis, sont mis massivement sous surveillance. Cela vous paraĂźt-il normal ? Avez-vous une idĂ©e du nombre de personnes qui ont pour tĂąche d’espionner des gens Ă  leur insu ?

Marc Fievet : Les agents secrets de la DST ou des RG infiltraient tout groupe et mettaient sous surveillance toute personne soupçonnĂ©e d’avoir des opinions « dissidentes ». Aujourd’hui ce sont les agents de la DGSI qui continuent cette action. Plus de 4000 fonctionnaires et c’est un secteur qui recrute.

International informant : Agent infiltrĂ© au service de la France, celle-ci vous a lĂąchĂ© quand vous vous ĂȘtes retrouvĂ© en prison. Ce sont-lĂ  les risques inhĂ©rents au mĂ©tier ?

Marc Fievet : Les risques inhĂ©rents aux actions d’infiltration devraient ĂȘtre assumĂ©s par les autoritĂ©s qui utilisent ce type d’actions. De Michel Charasse en passant par tous les directeurs gĂ©nĂ©raux de la Douane française, ils ont tous trouvĂ© le bon argument pour ne pas assumer.
Les douanes françaises dont dĂ©pendait le service de la DNRED qui m’employait, m’oubliĂšrent plus de 10 ans et demi en prison par lĂąchetĂ© et manque totale d’éthique morale. Il a fallu attendre une dĂ©cision de justice de juin 2006 pour que je sois enfin blanchi et qu’il soit reconnu que l’étiquette de narcotrafiquant que l’on m’avait collĂ© n’était qu’une manipulation juridico-policiĂšre.

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