Otto Herrera Garcia, alias « el ingeniero« avait fait du Guatemala un véritable corridor à transfert de coke.
Travaillaient une effet pour lui des gens comme Jorge Mario « le gros » Paredes CĂłrdova, Otoniel « le fou » Turcios (nous reparlerons de lui), Byron Berganza , la famille Lorenzana, Horst Walther Overdick et Mario Ponce. Que du beau linge en effet ! AprĂšs avoir travaillĂ© (honnĂȘtement) dans sa jeunesse aux Etats-Unis, il Ă©tait reparti sâĂ©tablir au Guatemala, pour trĂšs vite se lancer dans un tout autre commerce florissant : « en 1998, Herrera, 33 ans, Ă©tait dĂ©jĂ un trafiquant de drogue bien connu. Selon lâagent LĂłpez de la DEA, lâune des premiĂšres photographies publiĂ©es dans la presse locale montrait Otto Herrera profitant dâune journĂ©e Ă la plage, une biĂšre dans la main, avec une jeune femme en bikini â sa femme amĂ©ricaine, Sherry Blailey -. «à cette Ă©poque, Otto Ă©tait un puissant trafiquant international en raison des contacts quâil avait; il a conclu des accords importants avec lâarmĂ©e guatĂ©maltĂšque et avec certains reprĂ©sentants du gouvernement», explique Vigil, qui a pris sa retraite en 2004 et est consultant pour le cabinet international de conseil en sĂ©curitĂ© Mission Essential Personnel Ă Washington D.C. « Otto opĂ©rait au niveau latino-amĂ©ricain et Ă©tait connu pour sa capacitĂ© Ă acheter une protection. » En fait, un dĂ©tective de la police a dĂ©clarĂ© quâau domicile dâun passeur dans la capitale guatĂ©maltĂšque, les autoritĂ©s avaient trouvĂ© une lettre â datĂ©e de la fin des annĂ©es 1990 â adressĂ©e Ă Herrera GarcĂa et signĂ©e par un haut fonctionnaire du gouvernement. Le responsable a Ă©crit pour le remercier de lâaide apportĂ©e Ă plusieurs communautĂ©s touchĂ©es par la tempĂȘte Mitch en novembre 1998, ajoute-t-il. » RecherchĂ©, il avait sa fiche sur Interpol (ici Ă droite).
Herrera Ă©tait associĂ© à « El Rey », autre tĂ©nor colombien fournisseur de coke : « Selon le dossier dâextradition colombien de Phanor Arizabaleta ArzayĂșs, alias el Rey, au milieu des annĂ©es 90, il Ă©tait associĂ© Ă Otto Herrrera et son frĂšre Guillermo, alias Willy, Byron Linares CordĂłn, lieutenant dâHerrera et famille Lorenzana pour expĂ©dier des milliers de tonnes de cocaĂŻne par bateau de la Colombie au Salvador, oĂč elle Ă©tait dĂ©chargĂ©e, inventoriĂ©e et cachĂ©e dans des camions chargĂ©s de bananes Ă transporter au Guatemala puis au Mexique oĂč elle a Ă©tĂ© livrĂ©e au cartel de Sinaloa, qui lâa introduite aux Ătats-Unis. . LâenquĂȘte de LĂłpez rĂ©vĂšle une note datĂ©e du 12 novembre 2010, Ă©tablit quâentre fin 1999 et dĂ©but 2000, les membres de lâorganisation dirigĂ©e par le roi Arizabaleta ont rencontrĂ© des membres de lâorganisation dâOtto Herrera. En consĂ©quence, les Colombiens ont acceptĂ© de fournir de la cocaĂŻne Ă diverses structures de trafic de drogue au Mexique, via le rĂ©seau Herrera. Son travail consistait Ă transporter la drogue de la Colombie en AmĂ©rique centrale puis au Mexique. Cette association a fonctionnĂ© entre mars 1996 et juin 2007, selon le dossier dâextradition dâArizabaleta, capturĂ© par les autoritĂ©s colombiennes en mars 2012 ». Herrera Ă©tait bien un intermĂ©diaire, un transporteur, avant tout. Et devait donc avoir croisĂ© sur son chemin celui qui montait alors, Ă savoir « El Chapo Guzman », qui avait besoin dâune infrastructure aĂ©rienne de transport.
Otto Herrera, poursuivi, est repĂ©rĂ© et arrĂȘtĂ© une premiĂšre fois dans son fief guatĂ©maltĂšque : « le 2 avril 2003, la police guatĂ©maltĂšque a fait une descente dans une maison situĂ©e dans la zone exclusive 14 de la ville de Guatemala et, aprĂšs avoir examinĂ© une rĂ©sidence adjacente, a trouvĂ© 14,4 millions de dollars en espĂšces, la rĂ©sidence faisant lâobjet de la descente appartenait Ă Jorge Mario «el gordo». Les murs, oĂč lâargent a Ă©tĂ© trouvĂ©, avaient cependant Ă©tĂ© louĂ©s par Otto Herrera. Dans lâopĂ©ration, la police a capturĂ© deux Colombiens qui gardaient lâargent: Carlos Eduardo RodrĂguez Monar et JosĂ© Fernando «Zimber» Arizabaleta Lenis, neveu et Ă©missaire du « roi » Arizabaleta, le dernier pivot central du Cartel de Cali, Colombie, selon LĂłpez.  Cette capture a mis Herrera sur le radar de la DEA. Son organisation gĂ©rait de lâargent pour le cartel de Cali et pour le cartel de Sinaloa et envoyait de lâargent en AmĂ©rique du Nord et du Sud; Selon le dossier, devant un tribunal de district de Floride, entre octobre 2003 et juin 2006, le cartel de Sinaloa a effectuĂ© 35 virements Ă©lectroniques pour 3,3 millions de dollars depuis des bureaux de change du Mexique vers les Ătats-Unis. pour acheter des avions. Le dossier rĂ©pertorie parmi les accusĂ©s JoaquĂn el Chapo GuzmĂĄn, chef du cartel de Sinaloa, le colombien Jorge MiltĂłn Cifuentes Vila, Otto Herera et son frĂšre Guillermo. » On y est : câest bien Herrera qui a Ă©tĂ© Ă la base dâune bonne partie de la flotte aĂ©rienne dâEl Chapo !
Un recruteur⊠dâavions
Un peu plus dâun douzaine dâavions ont Ă©té sĂ©lectionnĂ©s et achetĂ©s par lui.  » Ces transferts du cartel de Sinaloa ont permis dâacheter 13 avions Ă des sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines. Les avions ont Ă©tĂ© emmenĂ©s au Venezuela et en Colombie, oĂč ils ont Ă©tĂ© chargĂ©s de cocaĂŻne et dirigĂ©s vers lâAmĂ©rique centrale ou le Mexique. Lâun des avions achetĂ©s par Herrera aux Ătats-Unis a Ă©tĂ© saisi prĂšs de la riviĂšre Usumacinta, au Guatemala, en janvier 2004, avec deux tonnes de cocaĂŻne Ă bord. Cet avion a Ă©tĂ© achetĂ© par le truchement du trust Powell Aircraft Title Services aux Ătats-Unis (http://airtitle.com), ouvert au cartel de Sinaloa, selon des informations que le dĂ©lĂ©guĂ© en chef de la DEA au Mexique, David Gaddis, a envoyĂ©es au procureur gĂ©nĂ©ral de la RĂ©publique (PGR). ). Ces avions je vous les avais prĂ©sentĂ©s ici comme Ă©tant ceux dâEl Chapo :
sorti du tunnel, El Chapo a pris lâavion. Il a toujours adorĂ© les avions, en fait : il en achetĂ© pas mal (est citĂ© un peu partout le chiffre de treize exemplaires, rien quâĂ titre personnel). Il avait dĂ©marrĂ© tĂŽt ce goĂ»t pour les avions en En Colombie, le 11 septembre 2005, jour oĂč lâarmĂ©e de lâair colombienne avait dĂ©tectĂ© un appareil King Air 65-C90 immatriculĂ© N193A, se dirigeant vers lâĂźle de San AndrĂ©s, lieu oĂč sera arrĂȘtĂ© le pilote avec 300 kilos de coke Ă bord. Lâavion avait été achetĂ© 415 000 dollars, Ă Powell Aircraft Title Services, (1) par le biais de six transferts Ă©lectroniques effectuĂ©s par Angelina Huerta GarcĂa, David Alejo LĂĄzaro, Ădgar GarcĂa Roa, Esteban GarcĂa Campos et Tania MartĂnez RodrĂguez les 25 et 26 juillet 2005, par lâintermĂ©diaire de la branche de la Casa de Cambio Puebla.Â
 Les transferts dâargent avaient Ă©tĂ© envoyĂ©s au compte 00-28680-48493 de la succursale de Bank of America de New York !!!  Casa de Cambio Puebla allait tomber plus tard avec la gestion de dâargent pour lâachat dâavions amĂ©ricains pour le cartel de Sinaloa, aprĂšs la saisie au Guatemala, en octobre 2003, de prĂšs de 2 tonnes de cocaĂŻne Ă bord dâun avion Beach Craft King Air 200, numĂ©rotĂ© N694FC, (ex Guatemalan Air Force, ici Ă droite) posĂ© prĂšs de la riviĂšre Usumacinta. Lâavion avait Ă©tĂ© achetĂ© par par Jorge Milton Cifuentes Villa alias « Jota » ou  » J », par 20 transferts Ă©lectroniques dâune valeur totale de 1, 289 million de dollars. Les noms utilisĂ©s ayant Ă©tĂ© Juan Granados Patiño, Fernando Camargo LĂłpez, Raquel Aguirre ResĂ©ndiz y MarĂa Aurelia Trejo Valle. Le 19 aoĂ»t 2005, le N193A confisquĂ© passait chez lâarmĂ©e colombienne sous lâappellation FAC5730 (ici en haut Ă droite).
A ses heures aussi, Herrera avait Ă©tĂ© pilote pour Elchapo, qui  possĂ©dait aussi un Falcon-20 bien connu, lâenregistrĂ© XB-IYK, vu aussi Ă Â Â Campeche⊠restĂ© cĂ©lĂšbre en train dâattendre ce quâallait faire le DC-9 rempli de 128 sacs de cocaĂŻne qui avait fait couler tant dâencre (pour le rĂŽle quâavait jouĂ© la CIA dans lâhistoire. A bord devait monter le pilote, Otto Roberto Herrera Garcia qui, une fois dĂ©guisĂ© en policier, Ă©tait tranquillement sorti de lâaĂ©roport, dans le Ford Lobo du chef des gardiens Alfredo Cazares. Otto Herrera Ă©tait alors recherchĂ© aux Ătats-Unis (par la DEA) qui offrait 5 millions de dollars en rĂ©compense pour sa capture (le gouvernement mexicain promettait 2 millions de dollars). Lâavion, gris, est devenu tout noir (ci-dessus Ă droite)  sous lâimmatriculation XC-HID (PF-203 ci-dessus Ă gauche), et appartient dĂ©sormais Ă la Police mexicaine, aprĂšs
avoir Ă©tĂ© XC-DIP de la Banco Nacional de CrĂ©dito Rural et le fameux YB-IYKÂ
En 2004, donc le nouveau « seigneur du ciel  » tombe. En janvier 2008, ajoute le rapport de LĂłpez, six mois aprĂšs la saisie dans la zone 14, le bureau du procureur amĂ©ricain a accusĂ© Herrera de trafic de drogue et a offert une rĂ©compense de 2 millions de dollars pour des informations qui permettent sa localisation et sa capture. Le 21 avril 2004, la police mexicaine a capturĂ© Herrera en attendant sa petite amie Marcela GonzĂĄlez Ă lâaĂ©roport international de Mexico. Le DĂ©partement amĂ©ricain de la Justice a cĂ©lĂ©brĂ© la capture de « lâun des plus grands trafiquants de drogue en AmĂ©rique centrale » et qui Ă©tait le rĂ©sultat dâune enquĂȘte multinationale impliquant des agents de la DEA au Mexique, au Guatemala et au Salvador, et a liĂ© Herrera et quatre autres accusĂ©s au transfert de cinq expĂ©ditions de cocaĂŻne totalisant 6 500 kilos entre mars 1996 et octobre 2003. Ils ont Ă©galement demandĂ© son extradition rapide vers les Ătats-Unis. »
Deux tonnes de coke par mois, en moyenne⊠et des pontes enrÎlés dans le réseau
Dâune efficacitĂ© redoutable avec ses avions, il arrivait en effet Ă transporter environ 2 tonnes chaque mois aux USA, Ă Â lâĂ©poque de sa capture. « En 2004, lâUSDOJ qualifiait Herrera de « lâun des plus grands trafiquants de drogue en AmĂ©rique centrale ». Son organisation a servi dâintermĂ©diaire entre les restes du cartel colombien de Cali et du cartel mexicain de Sinaloa. Selon le DĂ©partement dâĂtat amĂ©ricain (DOS), il Ă©tait responsable du transport de plus de 18 tonnes de cocaĂŻne Ă travers lâAmĂ©rique centrale et le Mexique aux Ătats-Unis Ă partir de 1998. Les dossiers montrent quâil a Ă©galement envoyĂ© des millions de dollars en virements
bancaires du Mexique vers les Ătats-Unis, dont certains Ă©taient utilisĂ©s pour acheter des avions Ă une sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. Il Ă©tait liĂ© Ă lâhomme dâaffaires et courtier politique guatĂ©maltĂšque Gustavo Herrera (sans lien de parentĂ©, (ici Ă droite), qui aurait aidĂ© lâorganisation dâOtto Herrera Ă dĂ©placer et Ă stocker des cargaisons de drogue ».
Or en 2004, justement, alors quâil venait dâĂȘtre capturĂ© au Mexique, et attendait une demande dâextradition vers les USA, il avait rĂ©ussi Ă sâenfuir de sa prison⊠dĂ©guisĂ© en policier, aprĂšs avoir largement arrosĂ© en dollars tout le personnel pĂ©nitentiaire (on parle de pots-de-vin allant de 200 000 Ă 2 millions de dollars !). Fait notable, lâintelligentsia politique guatĂ©maltĂšque Ă©tait de mĂšche directe avec lui : Gustavo Herrera Ă©tait en fait le gestionnaire du Patriot Party (PP), dont il dĂ©tournait allĂšgement les fonds, en ne dĂ©clarant rien au impĂŽts (IGSS) et en les plaçant dans une entitĂ© appelĂ©e Jekyll Properties, constituĂ©e Ă la fois aux Bahamas et au Guatemala, créée au dĂ©part par lâavocat Francisco Palomo, assassinĂ© en 2015.
Parmi la liste des personnes bénéficiant des transactions effectuées en sous-mains par Jekyll Properties figuraient Conrado Arnulfo
Reyes (ici Ă gauche) â lâancien procureur gĂ©nĂ©ral
et Ăscar Eugenio DubĂłn Palma (ici Ă droite)- ancien contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des comptes -, qui auraient reçu respectivement 100 000 et 350 000 Quetzals.
Herrera, qui avait fui au Nicaragua, avait pompĂ© Ă lui tout seul 350 millions de dollars de lâIGSS !
Tout le systÚme politique du Guatemala était de mÚche avec les trafiquants, qui devenaient grùce à lui intouchables !!!
Un général froidement éliminé
RecapturĂ© (comme El Chapo) en 2007, Ă Bogota, en Colombie aprĂšs deux annĂ©es de cavale, il avait Ă©tĂ© finalement extradĂ© en 2008 aux USA, oĂč il encourait une trĂšs lourde peine avec ses 18 tonnes de coke transportĂ©es au total et son accusation pour blanchiment dâargent. Il en prendra en effet pour 30 ans, Ă effectuer au Rivers Correctional Facility en Caroline du Nord, pas vraiment un hĂŽtel de repos⊠Or surprise, il sort de prison aux USA dĂšs 2013, une annonce dissimulĂ©e par les autoritĂ©s US pendant un an au moins. Pourquoi les amĂ©ricains lâavaient-il aussi vitre relĂąchĂ©, mystĂšre. LâidĂ©e de lâavoir « retourné » pour en avoir fait un informateur est un peu risquĂ©e Ă prendre, Ă©tant donnĂ© sa violence incontrĂŽlable (une de ses cibles avait reçu 18 impacts de balle !)⊠Alors pourquoi, donc ? Un cĂąble de 2013 (Confidencial Guatemala 001673) de leur ambassadeur, John Hamilton, restĂ© cĂ©lĂšbre depuis, nous donne une indication  : « Lâambassade a appris dĂ©but juin que le juge Felix Eliseo Garcia Arenas (largement considĂ©rĂ© comme un juge honnĂȘte) qui avait prĂ©sidĂ© le cas de Byron Linares (commandant en second de lâ organisation de stupĂ©fiants Otto Herrera) et deux accusĂ©s colombiens dans une affaire de millions de blanchiment dâargent impliquant lâorganisation Herrera, avait Ă©té remplacĂ© par le juge Luis Alfredo Morales Lopez Ă travers une  procĂ©dure irrĂ©guliĂšre. Morales Ă©tait le juge qui a libĂ©rĂ© un certain nombre de personnalitĂ©s prĂ©tendument corrompues ayant des liens Ă©troits avec le prĂ©sident Portillo â y compris le banquier Alvarado McDonaldâŠÂ » En somme les amĂ©ricains sâattendaient Ă voir dâautres narcos-trafiquants arriver de nouveau au Guatemala, systĂ©matiquement relĂąchĂ©s dans la nature par des juges corrompus...  » la capacitĂ© du GOG Ă poursuivre les principaux trafiquants de stupĂ©fiants et toute lâaction dâun juge pour libĂ©rer les accusĂ©s dans cette affaire serait une grave coup Ă la guerre contre la drogue au Guatemala »⊠EspĂ©rait-on en secret que les deux chefs de car sâĂ©trillent entre eux, si Herrera ressortait plus vite que prĂ©vu ? La lecture ds messages hebdomadaires envoyĂ©s par lâambassadeur Hamilton est Ă©difiante, tel cet extrait Ă©tonnant postĂ© le 17 dĂ©cembre 2014 dĂ©voyant un Ă©niĂšme dĂ©tournement au sein du gouvernement de Portillo : » Nous avons mentionnĂ© dans notre derniĂšre lettre le cas mystĂ©rieux du colonel Raul Cerna, lâancien chef des finances disparu de la sĂ©curitĂ© militaire prĂ©sidentielle (EMP) et tĂ©moin clĂ© des efforts pour retrouver les 115 millions de dollars ou plus qui ont disparu dans des mains militaires sous lâadministration Portillo. Alors que les GuatĂ©maltĂšques placent toujours des paris entre eux sur le sort de Cerna (cf mort en 2004), les autoritĂ©s ont exhumĂ© un cadavre dâun cimetiĂšre. La presse a rapportĂ© quâun dentiste avait identifiĂ© le reste comme Cerna (ici droite), mais, pour ĂȘtre sĂ»r, un Ă©chantillon dâADN a Ă©tĂ© envoyĂ© en Espagne pour voir sâil correspond aux Ă©chantillons fournis par le fils et le pĂšre de Cerna. »A son dĂ©cĂšs personne nâavait rĂ©clamĂ© son corps, de lĂ les autoritĂ©s ! On avait dĂ©couvert entre-temps quâil savait que lâargent destinĂ© aux repas scolaires avait disparu dans le parti de Portillo, lâensemble des dĂ©tournements prĂ©sidentiel avoisinant les 2 milliards de dollars ! « Le colonel JosĂ© RaĂșl Cerna RamĂrez, qui Ă©tait le directeur financier de lâEMP, Ă©tait considĂ©rĂ© comme le principal suspect, avec 13 autres personnes impliquĂ©es. Cerna collaborait aux enquĂȘtes et son tĂ©moignage a Ă©tĂ© dĂ©terminant pour dĂ©terminer lâimplication des suspects dans le dĂ©tournement de fonds. AprĂšs sa mort, Juan JosĂ© de LeĂłn Pineda, Surama Payeras, Jorge Rivera, David ElĂas et William Rivera, anciens employĂ©s de lâagence, sont morts de causes mystĂ©rieuses » Ă©crit ici Prensa Libre. Dans un tel Ă©tat minĂ© de partout par la corruption, relĂącher Herrera nâĂ©tait-ce pas aussi envenimer encore les choses ? Et tenter de faire tomber Portillo pour trafic de drogue ? Pourrir davantage encore la situation pour se proposer ensuite en sauveur nimbĂ©s de tous les bons sentiments, voilĂ bien une technique chĂšre⊠à la CIA !!!
Avec Herrera, une rĂ©volution sâĂ©tait donc produite au Guatemala  ?
AprĂšs coup, il faut sâapercevoir de ce quâavait amenĂ© le fameux Herrera au Guatemala : tout simplement une autre et nouvelle façon de faire (du trafic) indiquent ici fort judicieusement Ralph Espach, Javier MelĂ©ndez Quiñonez Daniel Haering, et Miguel Castillo GirĂłn dans le superbe dossier « Criminal Organizations and Illicit Trafficking in Guatemalaâs Border Communities » : « Avant 2008, le trafic local de drogues, dâĂȘtres humains, dâarmes et dâautres objets de contrebande Ă©tait principalement contrĂŽlĂ© par des capos locaux, des individus et des familles ayant une longue tradition de propriĂ©tĂ© et dâinfluence au sein de leurs communautĂ©s. Non seulement les criminels, les capos Ă©taient des propriĂ©taires fonciers et des hommes dâaffaires, des employeurs communautaires, des bienfaiteurs et des dirigeants dans une certaine mesure dont les opĂ©rations bĂ©nĂ©ficiaient dâune lĂ©gitimitĂ© aux yeux des rĂ©sidents locaux. Ils avaient construit des routes, des cliniques, des terrains de football; ils avaient fourni de lâargent aux citoyens locaux pour les fĂȘtes de leurs enfants et pour les urgences mĂ©dicales; et â comme le montrent les Ă©tudes de cas â ils avaient assurĂ© lâordre et la sĂ©curitĂ© dans les rues afin que les rĂ©sidents se sentent en sĂ©curitĂ© dans leurs activitĂ©s quotidiennes. Ils avaient pu mener ces diverses activitĂ©s, licites et illicites, sous la protection fournie par leurs relations avec les militaires, les services de renseignement et les reprĂ©sentants du gouvernement. Cependant, le systĂšme de traite stable, contrĂŽlĂ© et relativement pacifique au Guatemala, dans lequel des groupes Ă©trangers ont payĂ© les trafiquants guatĂ©maltĂšques pour un passage sĂ»r et sĂ©curisĂ© et sinon les a laissĂ©s pour la plupart, a pris fin en 2008. Une partie de la rupture de ce systĂšme peut ĂȘtre attribuĂ© aux arrestations de « transportistas » guatĂ©maltĂšques de haut niveau. Otto Herrera, considĂ©rĂ© comme le contact principal du cartel mexicain du Golfe au Guatemala, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en 2007 et Jorge Mario Paredes, liĂ© au cartel de Sinaloa, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en 2008. Ces arrestations ont dĂ©clenchĂ© une sĂ©rie de compĂ©titions entre des groupes et des individus subordonnĂ©s, qui cherchait Ă Ă©tablir le contrĂŽle de certains territoires et Ă Ă©liminer ses rivaux. Cela a provoquĂ© des turbulences et de lâincertitude sur plusieurs itinĂ©raires de trafic clĂ©s ». En somme, on avait toujours trafic au Guatemala, par dĂ©finition zone de passage entre lâAmĂ©rique du Sud et les Etats-Unis, mais avant Herrera ça se passait Ă la bonne franquette, avec des trafiquants plutĂŽt fondus dans la population et acceptĂ©s, car ce sont  eux qui empĂȘchaient la violence (le pays ne disposant pas dâune police autre que corrompue !), un calme qui leur garantissait une circulation tranquille de leurs produits. Herrera a tout flanquĂ© par terre, en amenant Los Zetas et leur violence intrinsĂšque.
LâĂ©tape entre les « trafiquants Ă lâancienne » et le nouveaux a Ă©tĂ© cruciale, et a Ă©tĂ© marquĂ©e par dâhorribles massacresâŠ
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