« La prohibition du cannabis « Ă la française » est un Ă©chec. »
Voilà le constat dressé par Gil Avérous, maire de Chùteauroux, ici à gauche
Boris Ravignon, maire de Charleville-MéziÚres
Arnaud Robinet, maire de Reims
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Dans une tribune publiĂ©e dans le Journal du Dimanche, les trois Ă©lus de droite appellent une nouvelle fois Ă la lĂ©galisation du cannabis.Â
« Le trafic de cannabis, cette « merde » comme lâa qualifiĂ©e le ministre de lâIntĂ©rieur, nous, les Ă©lus de villes petites, grandes ou moyennes, nous y sommes confrontĂ©s tous les jours! En France, sa consommation est interdite. Mais, nous osons le dire, elle est aujourdâhui devenue massive. On estime que 18 millions de Français ont dĂ©jĂ fumĂ© du cannabis et 1,5 millions de nos concitoyens sont des utilisateurs rĂ©guliers. Il en rĂ©sulte que le trafic illĂ©gal gĂ©nĂšre des profits faramineux pour tous les malfaiteurs et organisations criminelles qui sây livrent, des cartels dâAmĂ©rique du Sud aux petits revendeurs de nos quartiers.
Cet argent sale, estimĂ© Ă au moins 1,2 milliard dâeuros en France, ronge nos villes. Câest pour lui que les revendeurs et guetteurs colonisent les immeubles en terrorisant leurs habitants. Cet argent corrompt largement, parfois dĂšs 11 ou 12 ans. Comment tenir Ă ces jeunes le discours de la rĂ©ussite quand les dealers sâoffrent des berlines allemandes rutilantes tous les mois?
La prohibition « Ă la française » est un Ă©chec
Depuis des dĂ©cennies, les gouvernements ont pour seule politique la prohibition du cannabis, tout en promettant de mettre les moyens pour abattre le trafic. Pourtant son business nâa jamais Ă©tĂ© aussi florissant. Alors, allons-nous continuer longtemps Ă nier lâĂ©vidence? La prohibition du cannabis « Ă la française » est un Ă©chec. En rĂ©alitĂ©, le laxisme, câest maintenant que nous lâavons. Avec la lĂ©gislation la plus rĂ©pressive dâEurope, les Français sont pourtant les plus gros consommateurs.
Pour nous, aucune faiblesse : le trafic de cannabis doit ĂȘtre abattu. Câest une question de sĂ©curitĂ© et de salubritĂ© publique. Mais nous proposons de nous y prendre autrement :
- Rendre lĂ©gales la consommation et la dĂ©tention de petites quantitĂ©s de cannabis. Câest possible pour le cannabis dont lâusage rĂ©crĂ©atif existe dans certains Ătats (Pays-Bas, Uruguay, Californie, Etat de Washington, ColoradoâŠ) depuis parfois plusieurs dĂ©cennies ;
- Inscrire la vente de cannabis dans un cadre réglementé permettant de contrÎler la qualité des clients (interdiction aux mineurs) et des produits ;
- DĂ©velopper une politique complĂšte de filiĂšre, ayant recours Ă un cannabis obligatoirement cultivĂ© en France, traçable du producteur au consommateur en passant par le rĂ©seau de distribution contrĂŽlĂ© et fiscalisĂ© par lâEtat.
Le meilleur moyen dâanĂ©antir le trafic
Le cannabis nâest Ă©videmment pas un produit comme les autres. Il est particuliĂšrement dangereux pour les mineurs chez qui sa consommation rĂ©guliĂšre peut engendrer de graves problĂšmes de santĂ©. Pourtant, derriĂšre le paravent dâune prohibition fictive, la France laisse aujourdâhui les parents dĂ©munis face Ă ce tabou de la consommation des drogues par les jeunes.
La lĂ©galisation du cannabis nâapparaĂźt alors aucunement comme une lubie, un renoncement ou une facilitĂ©, mais au contraire comme une solution rĂ©clamĂ©e par une partie du corps mĂ©dical ou par les spĂ©cialistes en matiĂšre de lutte contre les addictions, Ă lâimage de l’Association nationale de prĂ©vention en alcoologie et addictologie (ANPAA).
LĂ©galiser le cannabis est le meilleur moyen dâen anĂ©antir le trafic et de ruiner les trafiquants. Aussi, les moyens humains et matĂ©riels que les pouvoirs publics nâauront plus Ă consacrer Ă ce combat sans fin, nous proposons de les redĂ©ployer intĂ©gralement pour assurer Ă la fois une politique de prĂ©vention dâampleur et pour reconquĂ©rir la sĂ©curitĂ© et la tranquillitĂ© publiques que rĂ©clament nos concitoyens.
Nous en sommes convaincus, lĂ©galiser la consommation du cannabis est aujourdâhui indispensable pour reprendre la main en matiĂšre de sĂ©curitĂ© dans tous les quartiers de notre pays. La fermetĂ© passe par un effort de luciditĂ©. »
