DerniĂšrement nous nous sommes arrĂȘtĂ©s en route du BrĂ©sil Ă la CĂŽte dâIvoire, suite Ă la parution dâun article retentissant au printemps dernier qui continue Ă faire des remous dans le pays, car il a clairement montrĂ© du doigt comme responsable du trafic de cocaĂŻne dans le pays, un ministre bien en vue, pas moins.
On y a dĂ©couvert une nouvelle filiĂšre, en fait, surnommĂ©e trĂšs vite la « spaghetti connection » car elle Ă©tait dirigĂ©e⊠par des italiens liĂ©s Ă Â lâinĂ©vitable mafia calabraise. Des italiens qui vont nous faire faire un tour en Afrique du Sud et en Croatie, comme quoi le trafic de coke nous fait beaucoup voyager. Avec au bout, hĂ©las, la menace que toute cette coke serve Ă Â alimenter les rĂ©seaux terroristes du Sahel, tous plus mafieux les uns que les autresâŠ
Pour nos deux journalistes , Nicholas Ibekwe (qui est nigĂ©rian dâorigine, il est nĂ© dans le bidonville Maroko au sein dâune famille de onze enfants (1) et le belge Daan Bauwens, (2), la cocaĂŻne, dĂ©sormais, câest sĂ»r, a bien envahi toute la CĂŽte dâIvoire, depuis 2012 (voir notre Ă©pisode prĂ©cĂ©dent) en commençant par la cĂŽte et les rejets intempestifs de la mer de ballots tombĂ©s des cargos les vĂ©hiculant.
En commençant un article au titre un peu trop provocateur par une info douteuse ou mal documentĂ©e en fait : »Un matin, elle sâĂ©chouait sur la cĂŽte, on sâest littĂ©ralement fait submerger », dit Babacar, un grand rastafari qui supervise le chantier. « Un bateau dâAmĂ©rique du Sud se faisait poursuivre par un bateau de police et le capitaine nâa rien trouvĂ© de mieux Ă faire que de jeter toute la marchandise par dessus bord. On trouvait des sacs en plastique remplis de coke sur toute la cĂŽte de lâAfrique de lâOuest. Encore aujourdâhui, ça arrive. » Plusieurs personnes du village ont confirmĂ© lâhistoire de Babacar mais personne ne parvient Ă mettre une date dessus. Il se peut quâil sâagisse des 6 tonnes qui ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans lâocĂ©an par un bateau bĂ©lizien devant la cĂŽte marocaine en 1997. Il est fort possible quâil sâagisse dâun de ces incidents non-signalĂ©s ». Seulement voilĂ : les courants  descendants des Canaries nâauraient pu que difficilement apporter en CĂŽte dâIvoire cette fameuse cargaison abandonnĂ©e par le Duanas et qui sâest rĂ©pandue sur les plages, allant de Casablanca jusquâau maximum Ă la ville de Safi qui est bien plus au Nord du pays Ă©galement. (en CĂŽte dâIvoire, les plages du pays sont en effet aussi lĂ©chĂ©es par un fort courant inverse, dâEst en Ouest, qui sâappelle le courant de Benguela ) ! Bon, toujours est-il que des ballots, il y en a eu, et⊠beaucoup mĂȘme. Mais provenant du Maroc câest nettement moins sĂ»r !
Dans son rapport « COCAINE TRAFFICKING IN WESTERN AFRICA » dâoctobre  2007, lâUNDOC lâavait notĂ©  : « selon les forces de lâordre, la cocaĂŻne est principalement expĂ©diĂ©e vers lâAfrique de lâOuest sur des bateaux de pĂȘche et des cargos. La drogue est gĂ©nĂ©ralement dissimulĂ© dans des zones de dissimulation construites spĂ©cialement Ă cet effet dans le cadre du bateau, comme un rĂ©servoir dâhuile modifiĂ©. Ces zones de dissimulation rendent trĂšs difficile la dĂ©tection du mĂ©dicament sans intelligence spĂ©cifique quant Ă sa localisation. Des saisies de cocaĂŻne ont Ă©galement Ă©tĂ© effectuĂ©es sur des yachts privĂ©s plus petits ».
En illustration la photo de lâinterception du cargo «Master Endeavour» et les ballots de cocaĂŻne retrouvĂ©s dans le chĂąssis du navire par la Marine Nationale, prĂȘts Ă ĂȘtre balancĂ©s Ă lâeau. « Les saisies effectuĂ©es en haute mer nĂ©cessitent de longs prĂ©paratifs et la perquisition ne peut ĂȘtre effectuĂ©e quâaprĂšs avoir reçu lâautorisation des autoritĂ©s du pavillon du navire » y-ajoutait-on : les attraper nâest pas facile, dĂšs quâil sâagit de relais international, si on veut ne se mettre personne Ă dosâŠ
