EUROPE đŸ‡ȘđŸ‡ș (Coke en stock – CCCXIV): la spaghetti connexion

DerniĂšrement nous nous sommes arrĂȘtĂ©s en route du BrĂ©sil Ă  la CĂŽte d’Ivoire, suite Ă  la parution d’un article retentissant au printemps dernier qui continue Ă  faire des remous dans le pays, car il a clairement montrĂ© du doigt comme responsable du trafic de cocaĂŻne dans le pays, un ministre bien en vue, pas moins.

On y a dĂ©couvert une nouvelle filiĂšre, en fait, surnommĂ©e trĂšs vite la « spaghetti connection » car elle Ă©tait dirigĂ©e
 par des italiens liĂ©s à l’inĂ©vitable mafia calabraise. Des italiens qui vont nous faire faire un tour en Afrique du Sud et en Croatie, comme quoi le trafic de coke nous fait beaucoup voyager. Avec au bout, hĂ©las, la menace que toute cette coke serve à alimenter les rĂ©seaux terroristes du Sahel, tous plus mafieux les uns que les autres


Pour nos deux journalistes , Nicholas Ibekwe (qui est nigĂ©rian d’origine, il est nĂ© dans le bidonville Maroko au sein d’une famille de onze enfants (1) et le belge Daan Bauwens, (2), la cocaĂŻne, dĂ©sormais, c’est sĂ»r, a bien envahi toute la CĂŽte d’Ivoire, depuis 2012 (voir notre Ă©pisode prĂ©cĂ©dent) en commençant par la cĂŽte et les rejets intempestifs de la mer de ballots tombĂ©s des cargos les vĂ©hiculant.

En commençant un article au titre un peu trop provocateur par une info douteuse ou mal documentĂ©e en fait : »Un matin, elle s’échouait sur la cĂŽte, on s’est littĂ©ralement fait submerger », dit Babacar, un grand rastafari qui supervise le chantier. « Un bateau d’AmĂ©rique du Sud se faisait poursuivre par un bateau de police et le capitaine n’a rien trouvĂ© de mieux Ă  faire que de jeter toute la marchandise par dessus bord. On trouvait des sacs en plastique remplis de coke sur toute la cĂŽte de l’Afrique de l’Ouest. Encore aujourd’hui, ça arrive. » Plusieurs personnes du village ont confirmĂ© l’histoire de Babacar mais personne ne parvient Ă  mettre une date dessus. Il se peut qu’il s’agisse des 6 tonnes qui ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans l’ocĂ©an par un bateau bĂ©lizien devant la cĂŽte marocaine en 1997. Il est fort possible qu’il s’agisse d’un de ces incidents non-signalĂ©s ». Seulement voilĂ  : les courants  descendants des Canaries n’auraient pu que difficilement apporter en CĂŽte d’Ivoire cette fameuse cargaison abandonnĂ©e par le Duanas et qui s’est rĂ©pandue sur les plages, allant de Casablanca jusqu’au maximum Ă  la ville de Safi qui est bien plus au Nord du pays Ă©galement. (en CĂŽte d’Ivoire, les plages du pays sont en effet aussi lĂ©chĂ©es par un fort courant inverse, d’Est en Ouest, qui s’appelle le courant de Benguela ) ! Bon, toujours est-il que des ballots, il y en a eu, et
 beaucoup mĂȘme. Mais provenant du Maroc c’est nettement moins sĂ»r !

Dans son rapport « COCAINE TRAFFICKING IN WESTERN AFRICA » d’octobre  2007, l’UNDOC l’avait notĂ©  : « selon les forces de l’ordre, la cocaĂŻne est principalement expĂ©diĂ©e vers l’Afrique de l’Ouest sur des bateaux de pĂȘche et des cargos. La drogue est gĂ©nĂ©ralement dissimulĂ© dans des zones de dissimulation construites spĂ©cialement Ă  cet effet dans le cadre du bateau, comme un rĂ©servoir d’huile modifiĂ©. Ces zones de dissimulation rendent trĂšs difficile la dĂ©tection du mĂ©dicament sans intelligence spĂ©cifique quant Ă  sa localisation. Des saisies de cocaĂŻne ont Ă©galement Ă©tĂ© effectuĂ©es sur des yachts privĂ©s plus petits ».

En illustration la photo de l’interception du cargo «Master Endeavour» et les ballots de cocaĂŻne retrouvĂ©s dans le chĂąssis du navire par la Marine Nationale, prĂȘts Ă  ĂȘtre balancĂ©s Ă  l’eau. « Les saisies effectuĂ©es en haute mer nĂ©cessitent de longs prĂ©paratifs et la perquisition ne peut ĂȘtre effectuĂ©e qu’aprĂšs avoir reçu l’autorisation des autoritĂ©s du pavillon du navire » y-ajoutait-on : les attraper n’est pas facile, dĂšs qu’il s’agit de relais international, si on veut ne se mettre personne Ă  dos


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