Sur une table, FrĂ©dĂ©ric Barozzi Ă©tale un caleçon, des affiches, des timbres, des flacons de liquides… Certains portent des inscriptions comme « Spice » ou « Tribe ». D’autres sont Ă l’effigie du dessin animĂ© Les Simpson. Tous ces objets ont cependant un point commun : ils ont servi Ă cacher de la drogue. Le responsable du domaine stupĂ©fiants et mĂ©dicaments au service commun des laboratoires d’Ăle-de-France (un service qui travaille notamment pour les douanes) n’est plus Ă©tonnĂ© par l’inventivitĂ© des dealers . « On a mĂȘme vu un tapis entier dont les fibres Ă©taient imprĂ©gnĂ©es de drogue », explique-t-il.
La cellule investigation de Radio France passe commande
Cette drogue se dĂ©veloppe d’autant plus facilement qu’elle se commande trĂšs simplement par internet. Pas besoin d’aller sur le darkweb ou de faire appel Ă un dealer via Telegram ou WhatsApp. La cellule investigation de Radio France a pu le vĂ©rifier en surfant sur un site hollandais qui propose des « produits de recherche ». Pour une soixantaine d’euros, nous avons pu commander de la 3-MMC et de la 3-MMA, une autre drogue de synthĂšse similaire. Le paiement pouvait se faire par virement en euros ou en cryptomonnaie sur un compte en Espagne. Une fois le virement effectuĂ©, nous avons pu suivre le parcours de notre colis de Rotterdam Ă Paris. Et nous avons reçu au bout de cinq jours un paquet contenant une serviette de plage dans laquelle Ă©taient cachĂ©s deux sachets de cristaux et de poudre.
Des conséquences graves
Certains de ces produits peuvent pourtant entraĂźner de sĂ©vĂšres troubles neurologiques. Une lycĂ©enne de Tarbes (65) a dĂ» ĂȘtre hospitalisĂ©e en avril 2022 pour avoir inhalĂ© un cannabinoĂŻde de synthĂšse. En 2021, 80 jeunes mineurs, dans le nord de la France et la rĂ©gion de Reims, ont Ă©galement fait des malaises aprĂšs avoir consommĂ© ce qu’on appelle du « Buddha Blue » ou du « PĂšte ton crĂąne ». « Cette substance a une affinitĂ© pour les rĂ©cepteurs dans le cerveau beaucoup plus forte que la plante de cannabis », explique le professeur Nicolas Franchitto, chef du service d’addictologie de l’hĂŽpital Purpan Ă Toulouse. MĂȘme pour des gens qui ont dĂ©jĂ consommĂ© du cannabis, « le risque, c’est la crise convulsive, des troubles neurologiques, cardiaques ou des insuffisances rĂ©nales ». Selon une enquĂȘte rĂ©alisĂ©e lors de la journĂ©e de dĂ©fense et de citoyennetĂ© en 2017, prĂšs de 4% des adolescents interrogĂ©s reconnaissaient avoir consommĂ© un NPS, principalement un cannabinoĂŻde de synthĂšse.
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