FRANCE đŸ‡šđŸ‡” : la guerre contre la drogue, un Vietnam sans accord de paix

Par Marc Fievet


SaĂŻgon, 29 avril 1975. Le dernier hĂ©licoptĂšre quitte le toit de l’ambassade amĂ©ricaine. La guerre du Vietnam est perdue. Washington mettra des annĂ©es Ă  l’admettre.

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Paris, 2026. La France mĂšne sa propre guerre sans fin. Contre la drogue. Sans hĂ©licoptĂšre, sans ambassade Ă  Ă©vacuer, mais avec le mĂȘme dĂ©ni stratĂ©gique. Et surtout : sans date d’armistice en vue.

Le syndrome vietnamien, transposé en métropole


Toute guerre asymĂ©trique obĂ©it aux mĂȘmes lois. L’ennemi est diffus, enracinĂ©, financĂ© par la demande. La rĂ©ponse militarisĂ©e ne fait qu’engraisser le conflit.

La France reproduit le schĂ©ma : opĂ©rations « Place Nette XXL », quadrillage des citĂ©s par les CRS 8, drones, unitĂ©s d’élite. Le ministĂšre communique sur les « kilos saisis ». Sur le terrain, un point de deal dĂ©mantelĂ© rouvre Ă  300 mĂštres, 48h plus tard. Le prix de rue absorbe la rĂ©pression. C’est la loi du marchĂ©, pas celle de la guerre.

L’opacitĂ© budgĂ©taire : le « secret dĂ©fense » Ă©conomique


Quelle est la facture annuelle ? L’État refuse la consolidation.
Aviseur International estime le coĂ»t rĂ©pressif Ă  plus de 5 Md€/an : police, justice, pĂ©nitentiaire pour les seuls dĂ©lits liĂ©s aux stups. Soit 1,5€ dĂ©pensĂ© pour 1€ de chiffre d’affaires du trafic, estimĂ© Ă  3,5 Md€. Aucun conseil d’administration ne validerait ce business plan.

Pourquoi cette opacitĂ© ? Parce que la transparence imposerait le constat d’échec. Le « secret dĂ©fense » budgĂ©taire n’est pas celui des opĂ©rations : c’est celui du bilan comptable.

« On ne gagne pas une guerre contre un marchĂ©. On le rĂ©gule ou on le subit. La France a choisi de le subir en faisant croire qu’elle le combat.« 


David Weinberger, chercheur associĂ© Ă  l’IRIS, spĂ©cialiste des politiques de sĂ©curitĂ©.

L’impasse politique : gouverner par le dĂ©ni


Aux USA, de 1965 Ă  1973, aucun prĂ©sident ne pouvait dire « on a perdu ». Il a fallu les accords de Paris pour offrir une sortie « honorable ».

En France, admettre que 53 ans de loi de 1970 n’ont pas rĂ©duit la consommation ni l’offre, c’est dĂ©savouer un demi-siĂšcle de doctrine. RĂ©sultat : l’escalade verbale. Chaque ministre promet « d’éradiquer ». Pendant ce temps, l’OFDT constate 5 millions d’usagers rĂ©guliers de cannabis et une disponibilitĂ© « haute et stable » pour la cocaĂŻne.

L’alternative portugaise : le traitĂ© qui manque Ă  Paris


Le Portugal a signĂ© son armistice en 2001. DĂ©pĂ©nalisation de l’usage, traitement sanitaire, ciblage du trafic.
25 ans plus tard : overdoses -60%, VIH liĂ©s Ă  la drogue -80%. Lisbonne n’a pas lĂ©galisĂ©. Elle a cessĂ© de faire la guerre Ă  ses citoyens.

La France refuse ce parallĂšle. Le dogme prohibitionniste tient lieu de stratĂ©gie. On prĂ©fĂšre l’enlisement Ă  la paix, parce que la paix exigerait de renĂ©gocier avec le rĂ©el.

Tant que Paris refusera de voir que son ennemi est une loi de l’offre et de la demande, elle continuera de dĂ©ployer des moyens pour un combat sans SaĂŻgon Ă  Ă©vacuer. La chute sera budgĂ©taire, sociale, et morale. Et comme en 1975, ce seront les citoyens qui paieront le prix du dĂ©ni d’État.


CHIFFRES CLÉS : LE COÛT D’UNE GUERRE SANS FIN


Poste Estimation annuelle
Volet rĂ©pressif total > 5 Md€
Police/Gendarmerie/Douanes 2,8 Md€
Justice + PĂ©nitentiaire ILS 1,4 Md€
OpĂ©rations « Place Nette » 120-150 M€
MarchĂ© illĂ©gal visĂ© 3,5 Md€ de CA
Ratio dĂ©pense/perte infligĂ©e 1,5€ pour 1€
Sources : Cour des Comptes, OFDT, INHESJ, estimations Aviseur International 2025-2026.


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