MAROC: les producteurs de cannabis, des pharmaciens méconnus ?

Marginalisés, poursuivis, racketés, les cultivateurs de kif en ont vu des vertes et des pas mûrs. Aujourd’hui pourtant, l’espoir est relancé pour ceux que les faits divers ont fait passer pour des dangers de santé publique puissent réussir une reconversion en herboristes, laborantins ou même pharmaciens !

Et le salut viendrait du National Cancer Institute aux Etats-Unis.

Explications.

On les croyait dangereux pour la santé publique. Ils sont peut être des médecins. Les cultivateurs de kif pourraient en fait faire leur reconversion dans un secteur connexe en devenant des producteurs d’un produit naturel anti-cancer. Et une information de taille pourrait apporter de l’eau à leur moulin. Une étude rendue publique par la National Cancer Institute, l’organisme de recherches sur le cancer dépendant du ministère américain de la Santé, vient de révéler que des tests sur les souris et des rats ont définitivement démontré que le cannabis peut détruire des cellules cancéreuses.

Le cannabis contient des cannabinoïdes, une substance active à effet psycho-actif agissant sur le cerveau et le changement d’humeur. Outre ces vertus, révèle l’étude, le cannabis agirait sur le système nerveux central et immunitaire. Ainsi, le cannabis permettrait de réduire de façon considérable les risques de cancer du côlon, du foie et même du sein. L’affaire fait grand bruit en Grande-Bretagne et a été reprise par plusieurs titres de la presse britannique.

Cultivateurs de kif reconvertis en pharmaciens

Nos cultivateurs de kif sont-ils des soigneurs qui s’ignorent ? A l’heure où ceux-ci, opérant dans un secteur à la limite de l’illégal ou pour le moins strictement encadré, les conclusions de la National Cancer Institue redorent leur blason et même l’image du Maroc en tant que principal pays producteur de cannabis. Rappelons qu’une étude de l’Office des Nations Unies sur la drogue et le crime (ONUDC), place le Royaume dans le trio de tête des pays de transit ou de départ du cannabis.

D’aucuns préconisent que le Maroc devrait songer à une politique axée sur la recherche pour une utilisation médicale -encadrée par la loi- du cannabis. Le pays pourrait alors se positionner « légalement » en tant que fournisseur de cannabis à des fins thérapeuthiques. La filière de culture du cannabis pourrait alors connaître un essor considérable et peut être amorcé un développement dans le Rif où on recense les exploitations les plus importantes. Les cultivateurs se retrouveraient projetés dans un nouveau statut où ils seraient plus perçus comme des producteurs de plantes médicinales plutôt que des hors-la-loi.

Le débat sur la légalisation du cannabis relancé ?

En 2008, le Massachussetts vote par référendum, la levée de l’interdiction de l’utilisation du cannabis. 23 Etats américains suivront plus tard dans le chemin de la légalisation au moins pour un usage médical encadré. Le Canada, une partie de l’Australie ont suivi l’exemple américain pendant que d’autres pays comme l’Italie, la Jamaïque et la Belgique, les Pays-Bas encadrent son utilisation et réglementent sa vente. En 2009, une étude du département de biologie de l’Université de Madrid avait mis en avant l’efficacité de l’utilisation du cannabis dans le traitement de tumeurs cancéreuses.

Au Maroc, la fumée du cannabis n’a pas dissipé les hésitations et les doutes. En mai dernier en pleine période préélectorale, le PAM proposait la légalisation de la culture du kif. L’affaire avait fait grand bruit et le ministre de l’intérieur était monté au créneau pour opposer une fin de non recevoir à cette proposition au nom de la lutte contre le trafic de drogue. Et le premier ministre Abdelilah Benkirane de trancher la question en déclarant, en juillet dernier, qu’il « il n’y aura pas de légalisation du cannabis ».

Nul ne doute qu’en cette période électorale le PAM pourrait moissonner des voix en reprenant à son compte les arguments de l’étude du National Cancer Institute.

…Source : http://www.yabiladi.com/articles/details/38420/cancer-producteurs-cannabis-maroc-pharmaciens.html

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4 réflexions au sujet de « MAROC: les producteurs de cannabis, des pharmaciens méconnus ? »

  1. La saisie des stocks de drogue, et leur destruction sont encore nécessaires.
    Les punitions actuelles ne le sont que très peu ( emprisonnements sans aide de prise de conscience).
    Il faut aller encore plus loin, plus en amont sur la chaine intellectuelle !
    Pourquoi une personne se tourne-t-elle vers les drogues à un moment de sa vie ?
    Constatons que les enfants ne pensent pas à en prendre…
    Mais à un moment certaines personnes goutent à une drogue (elles peuvent alors s’en détourner ou s’y adonner). Il s’est donc intellectuellement passé quelque chose : à un moment précis, la vie ne leur a plus du tout semblé vivable, et il leur était impossible d’envisager de continuer à vivre pareillement.
    Selon l’ humaniste américain Ron Hubbard, une explication possible est la mauvaise compréhension des mots étudiés ou entendus. Alors la personne se couperait d’une grande partie de la société : celle qu’elle ne comprend pas. Elle se crée son monde, et recherche logiquement dès lors la compagnie de personnes qui ont la même vision qu’elle sur la société.
    (Le « décrochage scolaire », dont il est question actuellement, aurait donc lieu juste avant le fait de s’adonner à une drogue, et non après. Par contre, une fois la décision prise et l‘action faite de consommer de la drogue, le décrochage scolaire s’amplifie car la décision de l‘individu est prise : il ne peut pas réussir – c’est du moins la conclusion à la quelle il est parvenu – dans cette société en continuant à se comporter comme il l‘avait fait jusque là).
    Et plus la personne pense qu’elle ne peut plus aider ou ne peut plus être aidée (à l’école, par exemple), plus elle va rechercher ce manque d’aide ( humaine, ou en ressource morale ou analytique) dans le(s) médicament(s) ou la drogue. Et bien sûr à forte doses ces produits sont très nuisibles.

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  2. Je ne pense pas qu’il faille punir les consommateurs de drogue ou les dealers ( leur retirer leur stock serait sans doute suffisant), car c’est sévir sur des gens de notre communauté, sans trouver la raison qui a incités des gens à consommer de la drogue.
    Mais il faut informer la jeunesse, à l’aide de campagnes nationales intenses faites par des pompiers, des médecins et surtout d’anciens drogués qui ont réussi à s’en sortir : leur expérience douloureuse sous l’emprise des drogues mérite d’être connue, et les jeunes retiendront les effets des drogues.

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  3. Je pense que l’idée de ne pas trop punir les consommateurs est bonne.
    Mais je pense aussi que le cannabis est une drogue dure ! La pub nouvelle qui lui est faite pour des qualités médicinales est exagérée et très probablement fausse : d’autres études scientifiques affirment que « … le cannabis modifie la structure des cellules du sperme en les déformant. Donc même de petites quantités de cannabis peuvent causer une stérilité temporaire chez des hommes. La consommation de cannabis peut bouleverser le cycle menstruel des femmes… »
    Bref, comme l’opium (et l’alcool ou les psychotropes médicaux) il va sembler produire des miracles au début ; mais en fait les drogues endommagent rapidement et bien davantage le corps qu’elles ne l’aident. Il faut en consommer très, très peu.

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  4. Ce commerce n’est pas très bon pour la santé …
    ( Le côté médicinal de cette plante reste à être démontré, vérifié, établi par de nombreuses équipes de chercheurs).
    La saisie et la destruction du cannabis à but récréatif (et de sa résine), ou d’autres drogues, s’expliquent pour une simple raison : chez le consommateur, la drogue produit rapidement une perte de la vivacité intellectuelle, un ralentissement des réflexes, et cela est dangereux pour lui et ses congénères ( au volant, dans la rue, au travail… ).
    Le reste de la société ne peut accepter ces mises en danger évitables ( après l’accident, c’est trop tard pour la victime et le fautif)

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