
Par Eric Marmottans
Le procĂšs de lâaffaire Air CocaĂŻne qui sâest ouvert lundi devant la cour dâassises spĂ©ciale des Bouches-du-RhĂŽne, Ă Aix-en-Provence, a atteint sa vitesse de croisiĂšre.
En attendant la reprise des débats ce lundi, retour sur les temps forts de la premiÚre semaine.
Lundi : deux absents avec de bonnes excuses
Comme annoncĂ© la veille dans Var-matin, deux des onze accusĂ©s ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune dispense. Ils seront jugĂ©s ultĂ©rieurement.

Nicolas Pisapia, le passager unique des vols suspects est empĂȘchĂ© de quitter la RĂ©publique dominicaine avec une condamnation Ă 20 ans de prison au-dessus de la tĂȘte.

Lâapporteur dâaffaires Alain Castany – qui a mis en relation le client avec la compagnie aĂ©rienne – vient de subir une lourde intervention chirurgicale.
Sur les bancs de la dĂ©fense, on rĂ©clame un renvoi de lâensemble du procĂšs au nom du « droit Ă un procĂšs Ă©quitable ».
La cour rendra sa dĂ©cision Ă lâissue des dĂ©bats.
Mardi : un premier coup de théùtre
Les avocats du commanditaire prĂ©sumĂ©, Ali Bouchareb, font la dĂ©monstration que lâune des piĂšces Ă conviction nâa pas Ă©tĂ© saisie au domicile barcelonais de leur client, contrairement Ă ce que soutenaient les enquĂȘteurs. Cette note manuscrite – sur laquelle est inscrite lâadresse dâune station-service du Muy, lieu supposĂ© dâune premiĂšre livraison de valises – a Ă©tĂ© retrouvĂ©e au domicile dâun autre individu, jamais inquiĂ©tĂ© dans lâaffaire Air CocaĂŻne⊠Cette piĂšce avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e par erreur ou nĂ©gligence par la justice espagnole.

Mercredi : la piscine dâun accusĂ©
Un enquĂȘteur du service national de la douane judiciaire (SNDJ) tĂ©moigne Ă la barre.
Me Antoine Vey, lâun des avocats des pilotes, lâinterroge sur la fameuse piscine que Pascal Fauret a indiquĂ© faire construire, dans un SMS prĂ©sentĂ© comme une piĂšce Ă charge.
« Les dĂ©marches ont Ă©tĂ© faites en amont, reconnaĂźt le tĂ©moin, cette piscine nâa aucun lien avec cette affaire. » Me Thierry Fradet, avocat de François-Xavier Manchet, douanier toulonnais soupçonnĂ© dâavoir usĂ© de sa qualitĂ© pour aider au trafic, obtient Ă©galement des concessions sur les motivations de son client : « Câest quelquâun qui aime rendre service (…) Il nâa pas reçu dâargent. »

Jeudi : lâamertume des pilotes
La cour dâassises aborde notamment le procĂšs de Saint-Domingue, Ă lâissue duquel les pilotes ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă vingt ans de prison. « Ce procĂšs Ă©tait un peu comme celui-lĂ , on se demandait ce quâon faisait là », commente Pascal Fauret. « Tout se passait bien pour nous, explique Bruno Odos, on nâavait pas lâintention de partir en pensant que la vĂ©ritĂ© serait faite. » Les deux pilotes avaient fini par fuir la RĂ©publique dominicaine sans attendre leur procĂšs en appel.

Vendredi : une guerre des polices
La semaine se clĂŽt sur le tĂ©moignage dâun policier de lâoffice de rĂ©pression des trafics illicites de stupĂ©fiants (OCRTIS), qui avait fini par ĂȘtre dessaisi, pour « manquement Ă la loyautĂ© », au profit de la gendarmerie et de la douane judiciaire. Cette dĂ©cision – rare – a Ă©tĂ© prise aprĂšs que la juge dâinstruction a dĂ©couvert en mai 2014 quâun accusĂ©, Fabrice Alcaud (actionnaire de la compagnie aĂ©rienne en cause) Ă©tait fichĂ© comme « indic » depuis mars 2013.
« La veille de son interpellation, le 2 septembre 2013, jâavisais (par tĂ©lĂ©phone) la magistrate du statut de M. Alcaud », contredit lâenquĂȘteur. « Je suis formel. » Quant au manque de coopĂ©ration dont auraient fait preuve les policiers de lâOCRTIS vis-Ă -vis des gendarmes qui leur ont succĂ©dĂ© (« ils nous ont mis des bĂątons dans les roues », « ils nâont pas Ă©tĂ© coopĂ©ratifs », « on nâa pas reçu [certaines piĂšces] », selon un militaire de la section de recherches), le policier – comme ses collĂšgues entendus la veille – oppose un dĂ©menti aussi catĂ©gorique.

La juge dâinstruction devrait ĂȘtre entendue par la cour le 22 mars.
Source
https://www.nicematin.com/faits-divers/la-premiere-semaine-du-proces-air-cocaine-en-bref-301121
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