Dans les annĂ©es 90, l’Albanie frappĂ©e par une grave crise Ă©conomique Ă©tait dĂ©jĂ affaiblie par la guerre en Yougoslavie. De nombreux jeunes Albanais considĂ©raient le trafic de drogue comme le seul moyen de sortir de ce rĂ©seau de pauvretĂ© et de corruption.
Depuis le pays est devenu le premier narco-Ătat d’Europe. Et ceci en dĂ©pit du fait que l’Albanie est membre de l’OTAN et est sur le point de nĂ©gocier son adhĂ©sion avec l’UE.
DĂšs le dĂ©but des annĂ©es 2000 de jeunes adolescents furent envoyĂ©s en Angleterre, en Allemagne, en Belgique en France, en Italie et aux Pays-Bas et, sous l’Ă©tiquette de rĂ©fugiĂ©s, sâimplantĂšrent dans ces diffĂ©rents pays avec l’aide des services d’accueil Ă l’enfance. Ces jeunes gens devenus adultes et bien intĂ©grĂ©s ont permis la mise en place de « cellules dormantes », disponibles pour toutes opĂ©rations de narcotrafic ou de vente d’armes.
Dans un rapport, VICE s’est entretenu avec deux trafiquants de cocaĂŻne d’une banlieue dĂ©labrĂ©e de la capitale albanaise, Tirana.
Ils venaient de rentrer d’un voyage en Allemagne. Comme beaucoup de leurs collĂšgues, Artin et Luli sont passĂ©s du cannabis Ă la cocaĂŻne. Cela rapporte plus d’argent et le matĂ©riel est facile Ă obtenir. Ils gagnent environ 20 000 euros s’ils apportent un kilo de cocaĂŻne dans les pays riches d’Europe. Et le marchĂ© se dĂ©veloppe: « Il faut faire le tour de l’Allemagne, de l’Italie ou de l’Angleterre si l’on veut rĂ©aliser quelque chose ici. La cocaĂŻne est un vrai travail », dĂ©clare Artan.
Le trafic de drogue en Albanie a une longue histoire
Entre-temps, le pays est devenu le premier narco-Ătat d’Europe. Selon la dĂ©finition du Fonds monĂ©taire international, un narco-Ătat est un pays «dans lequel toutes les institutions lĂ©gitimes sont imprĂ©gnĂ©es de la puissance et de la richesse du trafic de drogues illicites».
Les exemples habituellement donnĂ©s sont le Venezuela, la GuinĂ©e-Bissau et l’Afghanistan, mais certains pays europĂ©ens font aussi partie de la liste comme l’Albanie entre autres.
