TURQUIE đŸ‡čđŸ‡· (narco-logistique) : la « Turkish Connection »… Fantasme ou rĂ©alitĂ© ?

Un chef de la mafia turque, qui a fait un certain nombre de dĂ©clarations extraordinaires sur les Ă©lites de son pays et le crime organisĂ©, a affirmĂ© qu’un plan avait Ă©tĂ© mis en place pour organiser le trafic de cocaĂŻne du Venezuela vers la Turquie.

Dans une vidĂ©o mise en ligne sur YouTube fin mai, Sedat Peker, chef de gang turc condamnĂ©, a affirmĂ© qu’Erkam Yildirim – le fils de l’ancien Premier ministre turc Binali Yildirim – avait Ă©tĂ© impliquĂ© dans un « savant montage » visant Ă  envoyer de la cocaĂŻne du Venezuela vers la Turquie.

L’ex premier ministre Binali Yildirim a publiquement niĂ© les allĂ©gations faites contre son fils, affirmant dans une dĂ©claration que les affirmations de Peker Ă©taient «dĂ©finitivement de la calomnie, des mensonges et je les rejette fermement. Nous mentionner cĂŽte Ă  cĂŽte avec la drogue est la plus grande insulte », selon le Washington Post.

Reconnu coupable de crimes liĂ©s Ă  la foule en 2007 et libĂ©rĂ© de prison en 2014, Sedat Peker a quittĂ© la Turquie l’annĂ©e derniĂšre pour Ă©viter des poursuites aprĂšs avoir prĂ©tendu avoir Ă©tĂ© informĂ© d’une enquĂȘte sur son organisation criminelle. Plus tĂŽt cette annĂ©e, la police a arrĂȘtĂ© prĂšs de 50 personnes associĂ©es au groupe.

Depuis mai, il a publiĂ© une sĂ©rie de vidĂ©os YouTube dans lesquelles il a fait des allĂ©gations non corroborĂ©es de morts suspectes et de trafic de drogue, allĂ©guant l’implication de hauts responsables du gouvernement turc et de personnes proches du parti AK au pouvoir, a rapportĂ© Reuters.

À la suite d’une saisie de 4,9 tonnes de cocaĂŻne Ă  destination de la Turquie dans la ville cĂŽtiĂšre de Buenaventura, en Colombie, en juin dernier, Peker a dĂ©clarĂ© que des contacts avaient Ă©tĂ© pris pour trouver une nouvelle route d’approvisionnement de la cocaĂŻne. Il a affirmĂ© que deux visites de quatre jours au Venezuela en janvier et fĂ©vrier 2021 par Erkam Yıldırım devaient Ă©tablir une nouvelle route pour l’envoi de cocaĂŻne en Turquie, selon le mĂ©dia turc Bianet.

Binali Yıldırım a reconnu que son fils s’Ă©tait rendu au Venezuela seulement en dĂ©cembre 2020, apportant des fournitures mĂ©dicales pour aider le pays Ă  combattre le COVID-19.

D’autres allĂ©gations de Peker prĂ©tendaient que le cargaisons de cocaĂŻne arrivant en Turquie pouvaient ĂȘtre transfĂ©rĂ©es sur des yachts se dirigeant vers la marina de Yalıkavak dans la ville portuaire de Bodrum, situĂ©e dans la partie sud-ouest du pays, a rapportĂ© Bianet.

Sedak Peker a Ă©galement affimĂ© que l’ancien ministre de l’IntĂ©rieur Mehmet Ağar avait pris le contrĂŽle de la marina Ă  MĂŒbariz Mansimov Gurbanoğlu, un entrepreneur azerbaĂŻdjanais, actuellement assignĂ© Ă  rĂ©sidence pour des liens prĂ©sumĂ©s avec un groupe tenu pour responsable d’une tentative de coup d’État en 2016 en Turquie. Ağar, qui prĂ©side le conseil d’administration de la marina, a niĂ© les allĂ©gations, affirmant qu’il protĂ©geait la marina de la mafia.

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Analyse de la criminalité par InSight

La Turquie a servi de point de transit pour la cocaïne sud-américaine introduite en contrebande en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

Les trafiquants ont rĂ©ussi Ă  envoyer de la drogue dans le pays dans des conteneurs maritimes qui arrivent via la ville belge d’Anvers et d’autres ports europĂ©ens.

De la cocaïne a également été introduite clandestinement à bord de vols entre la Colombie et la Turquie.

Sedat Peker a suggĂ©rĂ© qu’une nouvelle route reliant le Venezuela et la Turquie avait Ă©tĂ© choisie par le rĂ©seau prĂ©sumĂ© pour deux raisons: le manque de contrĂŽle de la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis au Venezuela et la proximitĂ© du pays avec la Colombie, qui connaĂźt un boom de la production de cocaĂŻne. .

Mais il est restĂ© vague sur le « modus operandi » spĂ©cifique en suggĂ©rant seulement que les cargos quittant le port nord du Venezuela de La Guaira s’arrĂȘtent Ă  Panama avant d’atteindre la Turquie, selon Bianet.

Bien que cela ne semble pas ĂȘtre une filiĂšre de trafic de cocaĂŻne Ă©tablie, elle pourrait ĂȘtre plausible avec les bonnes connexions en place. Le fret transportant de la ferraille expĂ©diĂ©e du Venezuela continue d’atteindre la Turquie.

Bien qu’aucune des affirmations de Sedat Peker n’ait Ă©tĂ© Ă©tayĂ©e, ses commentaires indiquent comment les rĂ©seaux de drogue turcs pourraient prendre le contrĂŽle de nouvelles routes pour rĂ©pondre Ă  la demande europĂ©enne de cocaĂŻne.

Un rapport de 2019 d’Europol et de l’Observatoire europĂ©en des drogues et des toxicomanies (OEDT) a signalĂ© que des groupes criminels organisĂ©s turcs mettent de plus en plus en place leurs propres opĂ©rations pour transporter la cocaĂŻne directement d’AmĂ©rique du Sud vers l’Europe.

Le rapport ajoute que ces groupes achĂštent Ă©galement de la cocaĂŻne directement dans ou Ă  proximitĂ© des pays producteurs, en s’appuyant sur leur propre infrastructure de transport maritime pour expĂ©dier de la drogue Ă  travers l’Atlantique.

Analyse de la criminalité par Aviseur International

Sedak Peker ne fait que reprendre ce qui est parfaitement connu de l’ensemble des services europĂ©ens dĂ©diĂ©s Ă  la lutte contre le narcotrafic. Donc ces informations ne permettent pas de faire une rĂ©elle dĂ©couverte.

Seules les visites d’Erkam Yıldırım au Venezuela pour raisons humanitaires peuvent Ă©ventuellement dĂ©clencher un complĂ©ment d’informations par les enquĂȘteurs, bien qu’il soit vraisemblable que les agents de la DEA connaissent dĂ©jĂ  les raisons rĂ©elles des visites de Erkam Yıldırım.

Sedak Peker a Ă©galement affirmĂ© que l’ancien ministre de l’IntĂ©rieur Mehmet Ağar avait pris le contrĂŽle de la marina Ă  MĂŒbariz Mansimov Gurbanoğlu, un entrepreneur azerbaĂŻdjanais, actuellement assignĂ© Ă  rĂ©sidence pour des liens prĂ©sumĂ©s avec un groupe tenu pour responsable d’une tentative de coup d’État en 2016 en Turquie. Ağar, qui prĂ©side le conseil d’administration de la marina, a niĂ© les allĂ©gations, affirmant qu’il protĂ©geait la marina de la mafia.

Pour cette derniĂšre allĂ©gation de Sedak Peker, il ne serait pas autrement surprenant qu’un ex ministre de l’intĂ©rieur ait saisi l’opportunitĂ© de prendre le contrĂŽle d’une marina, sachant que le cĂŽtĂ© sĂ©curisation apportĂ©e par son contrĂŽle autorise ‘de facto’ toutes autres dĂ©rives savamment calculĂ©es.

Souvenons-nous de Charles Pasqua en France et de JosĂ© Barrionuevo et Rafael Vera en Espagne, qui Ă©taient des experts dans le double jeu sans ĂȘtre pour autant bi-polaire !

SOURCE

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