Entre quatre et six milliards dâeuros : câest ce que gĂ©nĂ©rerait chaque annĂ©e le trafic de drogue en France. Une rente Ă©conomique massive qui porte en elle le risque de cette corruption qui a transformĂ© tant de pays en narco-Ătats.
Douaniers, policiers, dockers, agents pĂ©nitentiaires, Ă©lus locaux ou mĂȘme magistrats sont dĂ©sormais ciblĂ©s par le risque dâapproche
Car pour les voyous, « chaque personne a un prix », sâinquiĂ©tait en mars dernier le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, devant la commission dâenquĂȘte sĂ©natoriale sur le narcotrafic. Le magistrat y dĂ©crivait une « corruption de basse intensitĂ© en forte augmentation », signe dâune « cartellisation » du pays.
Ă lâĂ©poque, le ministre de la Justice Ăric Dupond-Moretti sâĂ©tait empressĂ© de reprocher des « propos dĂ©lĂ©tĂšres ».
Pourtant, lâOffice anti-stupĂ©fiants (OFAST) lui-mĂȘme sâalarme dans son rapport annuel dâun « phĂ©nomĂšne particuliĂšrement inquiĂ©tant », gĂ©nĂ©rĂ© par des groupes criminels dotĂ©s de vĂ©ritables « services de renseignement autonomes » Ă mĂȘme de cibler des « agents intermĂ©diaires ayant une capacitĂ© en commun Ă accĂ©der Ă des lieux ou Ă des donnĂ©es primordiales pour favoriser la rĂ©ussite de lâentreprise criminelle. »
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