La participation des Mozambicains au trafic d’hĂ©roĂŻne et cocaĂŻne est devenue une des composantes du PIB du pays.
Venant par voie maritime d’ Afghanistan via le Pakistan, avec transit par Dar-es-Salam, Zanzibar, MocĂmboa da Praia et Pemba et destination pour l’Afrique du Sud et l’Europe, ce trafic se renforce depuis le milieu des annĂ©es 1990, avec des flux annuels compris entre 10 et 40 tonnes.
Plus rĂ©cemment, il a Ă©tĂ© rejoint par le trafic de cocaĂŻne de Colombie via le BrĂ©sil, avec des plaques tournantes Ă Durban et Maputo, vers Pemba et Zanzibar, Ă destination de l’Europe. Lâestimation basse des flux de coke se situerait aux alentours de 20 tonnes para an.
Corruption des autorités locales
Le rĂŽle du Mozambique, qui dispose de plus de 2 400 km de cĂŽtes sur lâocĂ©an Indien, inquiĂšte depuis des annĂ©es les chancelleries occidentales. DĂšs 2009, des tĂ©lĂ©grammes diplomatiques amĂ©ricains rĂ©vĂ©lĂ©s par WikiLeaks avaient fait du pays la « deuxiĂšme place africaine la plus active pour le transit des narcotiques » aprĂšs la GuinĂ©e-Bissau. « Pas tout Ă fait un narco-Etat corrompu, mais la tendance est inquiĂ©tante », avait estimĂ© lâun dâeux.
Selon John Hanlon, la situation ne sâest pas amĂ©liorĂ©e. « Depuis vingt-cinq ans, le trafic est contrĂŽlĂ© par quelques familles de commerçants locaux et Ă©troitement rĂ©gulĂ© par le Frelimo, le parti au pouvoir », Ă©crit le chercheur. La corruption des autoritĂ©s locales et leur manque de moyens empĂȘchent de lutter efficacement contre le trafic. « Certaines compagnies [maritimes] ne sont pas contrĂŽlĂ©es et la corruption rĂšgle tous les problĂšmes », note M. Hanlon, ajoutant que « le Mozambique ne dispose pas de garde-cĂŽtes ».


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