Trafic de drogue Ă Marseille : « La moitiĂ© de la ville est ghettoĂŻsĂ©e en matiĂšre de transports en commun », selon un dĂ©putĂ© LREM des Bouches-du-RhĂŽne
SaĂŻd Ahamada dĂ©nonce « des coups de menton » du maire de Marseille, qui a souhaitĂ© la crĂ©ation d’un parquet spĂ©cial anti-drogue dans la citĂ© phocĂ©enne, aprĂšs une nouvelle tuerie entre trafiquants. Le dĂ©putĂ© LREM mise, lui, sur une meilleure collaboration entre les collectivitĂ©s locales et l’Etat.

« La moitiĂ© de la ville est ghettoĂŻsĂ©e en matiĂšre de transports en commun. Il n’est pas possible, pour quelqu’un qui habite les quartiers nord de Marseille, d’aller travailler tĂŽt le matin ou de rentrer tard le soir », affirme lundi 23 aoĂ»t sur franceinfo SaĂŻd Ahamada, dĂ©putĂ© LREM des Bouches-du-RhĂŽne. Ă Marseille, le trafic de drogue a causĂ© la mort de trois personnes dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 aoĂ»t. franceinfo : Que pensez-vous de la proposition du maire, BenoĂźt Payan, de crĂ©er un parquet antidrogue Ă Marseille ? Est-ce que les moyens judiciaires sont suffisants ?Â
SaĂŻd Ahamada : Je suis aussi sceptique que les professionnels des forces de l’ordre. Toutes les idĂ©es sont bonnes Ă donner. Venant du maire de Marseille et des autres autoritĂ©s locales, j’attends un travail d’introspection, plutĂŽt que tout de suite se retourner vers l’Etat en lui disant de mettre des moyens. Peut-ĂȘtre faut-il que le maire de Marseille s’interroge sur ce que peut faire la municipalitĂ© ? Et que chacun Ă son niveau s’interroge sur ce qu’il peut faire. Cette annĂ©e aura Ă©tĂ© l’annĂ©e oĂč les moyens judiciaires n’auront jamais Ă©tĂ© aussi importants depuis plus de dix ans. On est arrivĂ©s Ă l’objectif que les forces de police soient augmentĂ©es Ă Marseille et dans les Bouches-du-RhĂŽne. On est passĂ© Ă plus de 300 hommes sur deux ans, et 100 dĂ©jĂ cette annĂ©e. Le travail du cĂŽtĂ© de l’Etat, on le fait du mieux que l’on peut.
« Ce qui manque aujourd’hui, c’est un travail collaboratif entre toutes les autoritĂ©s locales et nationales pour arriver Ă l’objectif qui est de rĂ©duire l’insĂ©curitĂ© Ă Marseille. »
Saïd Ahamada, député LREM des Bouches-du-RhÎne
Ă franceinfo
Il ne s’agit pas uniquement de problĂšmes sĂ©curitaires. Il faut Ă©videmment tenir sur la partie sĂ©curitaire, mais Ă Marseille vous avez un terreau pour cette violence. Qui est responsable de l’Ă©tat des Ă©coles ? C’est la mairie de Marseille. Qui est responsable du fait que la moitiĂ© de Marseille soit ghettoĂŻsĂ©e en matiĂšre de transports en commun ? Ce ne sont pas les compĂ©tences de la Ville ou de lâĂtat, ce sont les compĂ©tences de la mĂ©tropole. Si on veut agir sur le long terme sur ces questions de sĂ©curitĂ©, il faut que l’on ait un travail commun. Je demande Ă ce que ce travail d’introspection, que M. Payan veut que lâĂtat fasse, qu’il le fasse aussi Ă son niveau. Et que les consommateurs aussi qui alimentent ce trafic, parce que l’argent de la drogue, c’est d’abord l’argent des consommateurs, fassent aussi ce travail d’introspection.
Pourquoi n’arrivez-vous pas Ă travailler ensemble aujourd’hui ?Â
Ce que je demande Ă la fois Ă l’Ătat mais aussi aux responsables des collectivitĂ©s locales, c’est de mener ce travail partenarial pour arriver Ă des rĂ©sultats. Qu’on ait un plan d’action sur le court terme, le moyen terme, le long terme, les aspects sĂ©curitaires, les aspects de prĂ©vention, d’Ă©ducation, de retour de la RĂ©publique dans ces territoires, pour faire en sorte qu’on ait des rĂ©sultats effectifs. C’est comme ça qu’on arrivera Ă avoir ces rĂ©sultats, et pas avec des coups de menton dĂšs qu’un mort survient sur la ville.
« Si on ne compte que sur l’Etat pour y arriver, on n’y arrivera pas. Cela ne dĂ©pend pas que de l’Etat. »
Saïd Ahamada, député LREM des Bouches-du-RhÎne
Ă franceinfo
La moitiĂ© de la ville est ghettoĂŻsĂ©e en matiĂšre de transports en commun. Il n’est pas possible, pour quelqu’un qui habite les quartiers nord de Marseille, d’aller travailler tĂŽt le matin ou de rentrer tard le soir. Ce n’est pas de la compĂ©tence de l’Etat et si on n’en prend pas conscience, je pense qu’on ira droit dans le mur. Je travaille actuellement avec les autoritĂ©s maritimes pour qu’on ait une Ă©cole de la mer Ă Marseille. C’est quelque chose sur lequel on peut travailler, Ătat, collectivitĂ©, mairie, mĂ©tropole, pour arriver Ă des rĂ©sultats. Sans travail partenarial, on n’y arrivera pas, et je ne jette pas la pierre ni d’un cĂŽtĂ©, ni de l’autre.
Existe-t-il une impunitĂ© des trafiquants Ă Marseille ? Â
Non, je ne dirai pas ça. Assez bizarrement, lorsqu’il y a des morts, souvent c’est parce que la police travaille bien. Malheureusement, il y a des morts, malheureusement il y a des victimes collatĂ©rales. Mais lorsque la police fait ce qu’elle fait aujourd’hui, tape des rĂ©seaux, fait un travail de harcĂšlement, elle met en insĂ©curitĂ© ces rĂ©seaux. Pour continuer Ă pouvoir tenir ces territoires, ils se livrent Ă des guerres de gangs. C’est un moment difficile que l’on a Ă passer Ă Marseille. Si la police continue Ă faire ce travail, je ne dĂ©sespĂšre pas qu’on arrive Ă des rĂ©sultats sur le long terme, qui ne se fera pas sans ce travail partenarial.