C’est dans Paris Normandie que les premiĂšres informations sortent sur le dĂ©roulement du procĂšs.
A noter que les six agents sont redevenus six haut responsables douaniers. DĂ©cidĂ©ment les fonctionnaires de la DG ont toujours le chic pour réécrire et modifier les faits qui les dĂ©rangent ! Parfois mĂȘme, c’est Alzheimer qui les rend muets !
Dans cette affaire, oĂč six hauts responsables douaniers sont soupçonnĂ©s dâavoir gonflĂ© artificiellement les chiffres des saisies en pactisant secrĂštement avec un trafiquant, le tribunal correctionnel de Paris est revenu sur la gestion trouble de lâancien militaire serbe Zoran Petrovic, lâinformateur-clĂ© au centre du dossier.
« Câest dĂ©lirant dâessayer de faire croire quâon Ă©tait dĂ©pendant de cet informateur », sâest indignĂ© Vincent SauvalĂšre, lâex-patron de la Direction des opĂ©rations douaniĂšres (DOD), responsable du recrutement de cet « aviseur » dĂšs la fin 2008.
Une affaire dâautant plus troublante que le Serbe, proche de la mafia chinoise, est inscrit depuis 2009 sur une « liste noire » dâaviseurs Ă Ă©viter absolument, aprĂšs un comportement jugĂ© « instable » et des menaces envers un douanier. Il est Ă©galement mis en cause dans une autre affaire de stupĂ©fiants, qui a conduit Ă la mise en examen de plusieurs douaniers.
«Cafouillage administratif »
M. SauvalÚre, ex-numéro deux du renseignement douanier, plaide un simple « cafouillage administratif », sur fond de luttes intestines entre ses équipes.
Sur demande dâun service parisien, il a autorisĂ© par mail en 2009 le « blacklistage » de « Z ». Mais celui-ci nâaurait jamais Ă©tĂ© suivi dâeffet, notamment sur instruction orale de son supĂ©rieur Guy Gouin, grand patron alors de la DNRED â pas mis en cause dans lâaffaire â, qui dĂ©fend le « potentiel » de lâindic.
« Lâerreur formelle » aurait ensuite continuĂ© à « traĂźner dans les dossiers », sans ĂȘtre rectifiĂ©e, alors que Petrovic poursuivait sa collaboration avec les douanes.
Mais alors, pourquoi lâindic a-t-il Ă©tĂ© immatriculĂ© sous cinq identitĂ©s alternatives pour ĂȘtre payĂ© en Ă©change de ses « informations » ?
En thĂ©orie, « lâimmatriculation multiple nâest pas possible », a reconnu Jean-Paul Garcia, grand patron de la DNRED entre 2011 et 2017, que lâenquĂȘte accuse de « nĂ©gligence ».
Jean Paul Garcia a soutenu nâavoir jamais Ă©tĂ© mis au courant de la prĂ©sence dâun aviseur actif sur liste noire.
Si J.P. Garcia savait que Petrovic Ă©tait derriĂšre certaines grosses affaires, il nâavait « aucune raison de (s)âintĂ©resser Ă lâactivitĂ© dâun aviseur » sur plus de 1.200 qui travaillaient avec la DNRED : il devait se concentrer sur la stratĂ©gie et cela ne rentrait pas dans ses fonctions.
Pour Jean Paul Garcia, « Le traitement et le recrutement des aviseurs incombe au directeur opérationnel », M. SauvalÚre, a-t-il rappelé.
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