FRANCE 🇫🇷 (BERCY) : détails de la passivité des ministres du Budget successifs face aux méthodes de la #DNRED

Michel Charasse

La passivité des ministres du Budget successifs sous la Vᵉ République face aux dérives de la DNRED repose sur un secret de polichinelle institutionnel : la protection d’une culture du chiffre politiquement rentable au détriment de la légalité des opérations. En tant que tutelle directe de la Direction générale des douanes, Bercy a longtemps fermé les yeux sur les zones grises entourant la gestion des aviseurs et les importations de stupéfiants.

Cette passivité s’est manifestée à travers trois mécanismes précis :

1. La complaisance face aux fausses saisies pour des motifs politiques

Pour un ministre du Budget, annoncer une saisie record de stupéfiants ou de marchandises de contrebande est une opportunité politique majeure. Elle permet de justifier l’efficacité des services douaniers et de valoriser l’action du gouvernement.

  • L’aveuglement volontaire : Les ministres successifs ont validé des bilans annuels triomphants sans jamais exiger d’audit strict sur la provenance des marchandises.
  • La réalité du terrain : Comme l’ont démontré les procès ultérieurs des cadres de la DOD (Direction des opérations douanières), de nombreuses saisies spectaculaires étaient en fait négociées et orchestrées à l’avance avec des indics-trafiquants. Bercy préférait se contenter du résultat statistique plutôt que d’enquêter sur les méthodes illégales (incitation à l’infraction, livraisons surveillées non déclarées aux magistrats) ayant permis ces saisies. [1]

2. Le parapluie hiérarchique et le refus d’assumer les agents infiltrés

Lorsqu’une opération clandestine de la DNRED tournait au fiasco judiciaire ou international, l’attitude des ministres du Budget a systématiquement consisté à couper les ponts pour protéger l’appareil d’État, appliquant une doctrine de déni institutionnel.

  • Dans l’affaire Marc Fiévet (NS 55), alors que l’infiltré avait agi sous la direction des douanes françaises, la tutelle ministérielle a refusé d’intervenir auprès de la justice canadienne pour confirmer son statut officiel, le laissant condamné à la prison à perpétuité. Pire, le ministère du Budget a envoyé Messieurs Bernard Roux, attaché DGDDI à Washington DC , et Christian Gatard pour le convaincre de plaider coupable pour éviter de perturber le déroulement des affaires judiciaires en cours au Canada.
  • Les directeurs successifs des douanes, couverts par leurs ministres, ont appliqué le principe selon lequel les engagements pris envers les aviseurs ou les agents dans l’illégalité n’engageaient pas l’administration, afin d’éviter que la responsabilité pénale ou politique ne remonte jusqu’aux bureaux de Bercy.

3. L’opacité budgétaire des caisses noires (Fonds de place)

La passivité des ministres s’est également traduite par une absence délibérée de contrôle sur les flux financiers internes de la DNRED.

  • Les rémunérations en liquide : Pendant des décennies, la gestion des « fonds de place » — les enveloppes de cash utilisées pour payer les aviseurs internationaux — s’est faite en dehors de tout contrôle parlementaire ou comptable classique.
  • La défaillance de la tutelle : Les ministres du Budget ont pérennisé ces lignes budgétaires opaques sans imposer de traçabilité, permettant à la DNRED de manipuler des millions de francs (puis d’euros) en espèces. Ce manque de transparence a favorisé le blanchiment occulte et le financement d’opérations hors cadre légal, jusqu’à ce que la Cour des comptes et des enquêtes judiciaires ne forcent la transparence des services de renseignement douanier.

Ce n’est qu’avec la multiplication des scandales judiciaires et les conclusions de la commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic qu’un coup d’arrêt a été mis à cette passivité, obligeant le ministère des Comptes publics à encadrer strictement le statut des aviseurs et à judiciariser pleinement chaque procédure d’infiltration. [1]

David Amiel, l’actuel ministre

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FRANCE 🇫🇷  (#DGDDI) : autres affaires liées aux dérives de la #DNRED

L’affaire Marc Fiévet n’est pas un cas isolé. À partir des années 1990, la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) a opéré une véritable « révolution culturelle » axée sur la course aux chiffres et l’utilisation massive d’aviseurs. Cette stratégie a généré des saisies records, mais a également conduit à des dérives systémiques majeures où la frontière entre la légalité et le complicité de trafic s’est parfois estompée. [1]

Plusieurs autres affaires emblématiques mettent en lumière ces pratiques :

1. L’affaire du cargo Melor (1993)

Mentionné brièvement par Marc Fiévet lui-même, le cargo Melor est au cœur d’une autre opération trouble menée par la DNRED à la même période. En 1993, ce navire a transporté plus de 30 tonnes de cannabis afghan sous la supervision des douanes françaises. L’objectif officiel était de mener une livraison surveillée pour identifier les réseaux de distribution en Europe. Cependant, l’opération a mis en lumière l’opacité des canaux de communication de la DNRED (notamment via des lignes sur liste rouge dans le Var) et l’incapacité — ou le refus — des autorités de remonter jusqu’aux véritables donneurs d’ordres financiers et aux banques complices.

2. L’affaire Zoran Petrovic et les dérives de la DOD

Bien que le procès ait eu lieu plus tard (le jugement a été rendu en septembre 2022 par le tribunal correctionnel de Paris), cette affaire plonge ses racines directes dans les méthodes héritées des années 1990 et 2000. [1]

  • Le mécanisme : Plusieurs anciens hauts responsables de la DNRED et de sa branche opérationnelle, la DOD (Direction des opérations douanières), ont été jugés pour avoir fermé les yeux sur le trafic massif orchestré par leur aviseur vedette, le Serbe Zoran Petrovic. [1]
  • La dérive : Pour obtenir des saisies spectaculaires de marchandises (notamment de cigarettes et de stupéfiants) et gonfler artificiellement leurs statistiques de réussite, les douaniers laissaient l’informateur importer légalement d’immenses cargaisons tout en n’en saisissant qu’une partie. Les cadres de l’époque, dont Pascal Schmidt, ont été condamnés pour avoir agi en dehors de tout cadre légal. [1]

3. Le scandale de la saisie du Havre et l’affaire du café (2015)

Cette affaire a provoqué un séisme institutionnel, entraînant le limogeage du patron de la DNRED de l’époque, Jean-Paul Garcia (qui avait été l’attaché des douanes en poste à Madrid lors de l’affaire Fiévet). [1]

  • Les faits : Les douanes avaient mis en scène une saisie spectaculaire de 43 tonnes de café de contrebande dans le port du Havre.
  • La manipulation : L’enquête judiciaire a révélé que la marchandise avait en réalité été entièrement achetée, importée et acheminée par les douanes elles-mêmes, par l’intermédiaire d’un indicateur grassement rémunéré. L’opération n’avait pour but que de créer une fausse saisie pour valoriser le service, illustrant la persistance des pratiques d’incitation à l’infraction. [1, 2]

Une culture du résultat qui a forcé la réforme

Ces dérives à répétition reposaient toutes sur le même triptyque : la recherche effrénée de la saisie record, l’autonomie excessive des services d’enquête par rapport aux magistrats, et le recours à des indics-trafiquants intouchables. C’est précisément l’accumulation de ces scandales qui a poussé le législateur à cadenasser les pratiques de la DNRED, menant à la refonte globale de leur statut. [1]

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FRANCE 🇫🇷  (#DNRED – #DGDDI) : le statut juridique actuel des agents infiltrés et des aviseurs des douanes

Le statut juridique des agents infiltrés et des aviseurs des douanes en France a été profondément réformé pour éviter les dérives du passé. Le cadre légal actuel repose notamment sur la refonte globale issue de l’ordonnance n° 2026-265 du 8 avril 2026, entrée en vigueur le 1er mai 2026, qui codifie strictement ces pratiques de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). [1]

Voici l’état du droit applicable en 2026 :

1. Le statut des agents infiltrés (Douaniers)

Contrairement à l’époque de l’affaire Marc Fiévet, seuls des agents des douanes spécifiquement habilités peuvent mener des opérations d’infiltration. Un civil (comme un indicateur) ne peut pas être juridiquement qualifié d’« agent infiltré » doté de prérogatives de puissance publique. [1]

  • Identité d’emprunt et protection : L’infiltration consiste pour un douanier à utiliser une fausse identité pour surveiller des réseaux criminels en se faisant passer pour un complice. Selon l’article L427-25 du Code des douanes, l’identité réelle de l’agent infiltré ne doit apparaître à aucun stade de la procédure afin de garantir sa sécurité physique. [1, 2]
  • Irresponsabilité pénale encadrée : Les douaniers infiltrés bénéficient d’une immunité pénale pour certains actes indispensables à leur mission (acquérir, détenir, transporter ou livrer des produits frauduleux ou stupéfiants, ou mettre à disposition des moyens logistiques). [1]
  • Interdiction de la provocation à l’infraction : À peine de nullité de toute la procédure, les actes de l’agent infiltré ne doivent jamais constituer une incitation à commettre une infraction. Ils doivent se borner à constater ou intégrer une fraude déjà existante. [1]
  • Supervision stricte : L’opération doit être coordonnée par un agent douanier de catégorie A et s’effectue sous le contrôle rigoureux de l’autorité judiciaire (Procureur de la République ou Juge d’instruction). [1]

2. Le statut des « Aviseurs » (Indicateurs civils)

Un aviseur est une personne extérieure à l’administration (un civil) qui fournit des renseignements aux douanes en échange, généralement, d’une rémunération. Les règles fixées au Chapitre IV du Code des douanes (articles L614-1 et suivants) encadrent cette activité : [1, 2]

  • Secret absolu et anonymat : L’identité de l’aviseur est protégée par le secret le plus strict. L’administration conserve de façon hautement confidentielle les pièces établissant son identité ainsi que les modalités et montants de sa rétribution. Son nom n’apparaît jamais dans les dossiers transmis à la justice.
  • Exploitation des données d’origine illicite : Depuis le 1er mai 2026, la loi encadre strictement la manière dont les douanes exploitent les informations fournies. L’article L614-2 autorise l’administration à exploiter des renseignements douaniers même s’ils n’ont pas été régulièrement obtenus par l’aviseur lui-même (par exemple, des fuites de données ou des documents volés au sein d’une organisation), mais exclut cette utilisation pour certaines mesures de coercition particulièrement intrusives.
  • Absence de statut de « collaborateur de justice » automatique : Contrairement aux douaniers, l’aviseur civil ne bénéficie pas d’une immunité pénale générale s’il commet lui-même des délits de trafic. Il reste un simple informateur et ne peut en aucun cas se substituer aux forces de l’ordre pour mener des actes d’enquête ou des livraisons surveillées de son propre chef.

En résumé, la législation a mis fin au flou juridique des années 1990 : la frontière entre l’enquêteur de l’État (qui infiltre sous contrôle judiciaire) et l’informateur civil (qui apporte le renseignement) est désormais étanche et solidement verrouillée par le Code des douanes sur Légifrance.

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FRANCE 🇫🇷 (#DNRED) : lorsque Jean Henri Hoguet rencontrait Michel Charasse

La politique anti-stups était au programme des conversations et les résultats des saisies obtenues par l’action de l’agent infiltré NS 55 provoquaient les félicitations que Michel Charasse ne manquaient d’adresser à Jean Henri Hoguet, le patron de la DNRED.

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CANADA 🇨🇦 (Ministère de la Justice) : révision rejetée, il aurait fallu rembourser et reconnaitre les magouilles des magistrats canadiens

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FRANCE 🇫🇷 (Haute fonction publique) : ne serait-elle peuplée que d’irresponsables ?

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FRANCE 🇫🇷 : Justice hebdo avec Marc Fievet, AKA NS 55 de la #DNRED de la #DGDDI

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FRANCE 🇫🇷 (#DNRED) : quand Marc Fievet parlait du #DGDDI François Auvigne

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FRANCE 🇫🇷 (Bordeaux) : le prochain ‘bal des tartuffes’ s’ouvre demain

L’ancien grand patron des stups parmi les prévenus : on vous explique ce procès hors norme qui se tient pendant un mois à Bordeaux

C’est un procès d’ampleur qui s’ouvre ce lundi 2 mars à Bordeaux. Pendant un mois, François Thierry, l’ex patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiant (OCRTIS) comparaît pour complicité de trafic de stupéfiant et destruction de preuves. Aux cotés de son principal informateur, le baron de la drogue Sophiane Hambli et de seize autres prévenus. Un dispositif spécial a été mis en place par le parquet de Bordeaux.

Demande d’accréditation, dossier de presse de onze pages envoyé aux rédactions régionales, nationales et internationales, le parquet ne veut rien laisser au hasard pour la couverture d’une affaire considérée comme le plus gros scandale d’État de la lutte anti-drogue en France. Un mois d’audience, soixante-dix tomes de procédures et, à la barre, dix-huit prévenus, dont deux qui retiennent particulièrement l’attention.

L’ancien patron des stups poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiant

Au centre de toutes les attentions, le commissaire divisionnaire François Thierry, 57 ans. Il fut l’un des plus grands spécialistes de la lutte anti-drogue française, nommé à la tête de l’OCRTIS (l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiant) en 2010. Remercié en 2016, il est poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiant et destruction de preuves.

François Thierry en 2012, alors patron de l'OCRTIS
François Thierry en 2012, alors patron de l’OCRTIS • © PATRICK KOVARIK / AFP

Le deuxième grand nom du procès est Sophiane Hambli, 51 ans, originaire de Mulhouse, et principal informateur du commissaire. Considéré dans les années 2000-2015 comme le numéro un de l’importation de haschisch en France, voire en Europe. Actuellement incarcéré au Maroc, pour deux peines de prison d’une trentaine d’années au total, sa présence à l’audience est incertaine, suspendue à l’accord des autorités judiciaires marocaines.

La fiche Interpol de Sophiane Hambli
La fiche Interpol de Sophiane Hambli • © Interpol

Quel véritable lien entre le flic et le voyou ?

C’est en 2009 que les deux hommes signent un pacte. Le flic propose au voyou de devenir son indic, en échange d’une réduction de peine conséquente, alors que l’Alsacien est condamné à dix-huit ans de prison en Espagne où il s’était établi pour son fructueux business. Affaire conclue. La peine sera finalement réduite à cinq années. Et Sophiane Hambli permettra à son protecteur de démanteler des dizaines de réseaux, d’arrêter une centaine de trafiquants et de saisir plusieurs tonnes de résine de cannabis. Un exploit inédit pour la police française.
« On s’appuie sur lui pour faire rentrer des cargaisons de cannabis très importantes et essayer d’identifier les réseaux qui en bénéficient sur le territoire français, c’est ce qu’on a appelé l’opération Myrmidon » explique Eric Pelletier, spécialiste police – justice de France Télévisions. Cette fructueuse coopération durera six ans, jusqu’en octobre 2015. Ce week-end là, une « livraison surveillée » (suivie et infiltrée par les agents de l’OCRTIS dans l’objectif de faire tomber les commanditaires) est court-circuitée par les douanes.

7,1 tonnes de cannabis ont été découverts dans des camionnettes stationnées au pied de cet immeuble, Hambli y louait le dernier étage, avec piscine
7,1 tonnes de cannabis ont été découverts dans des camionnettes stationnées au pied de cet immeuble, Hambli y louait le dernier étage, avec piscine • © FTV

7,1 tonnes de cannabis sont découvertes dans trois fourgonnettes stationnées au pied de l’immeuble d’Hambli, dans le 16e arrondissement de Paris où il loue un appartement de 300 m2 avec piscine. Interpellé, le trafiquant expliquera qu’il agissait sous les ordres de l’Office antidrogue. Le commissaire divisionnaire François Thierry est alors inquiété. Cette opération met au grand jour ses méthodes, hors des clous.

Les "livraisons surveillées" sont soumises à un cadre très strict, en lien avec des magistrats, que n'a pas toujours respecté François Thierry
Les « livraisons surveillées » sont soumises à un cadre très strict, en lien avec des magistrats, que n’a pas toujours respecté François Thierry • © FTV

Le chef des stups omettait parfois, dans les « livraisons surveillées » pilotées en collaboration avec Hambli, de préciser des noms, des montants ou certaines quantités de drogue échangées, alors que les règles en la matière sont très strictes. Tout doit être scrupuleusement répertorié et préparé en amont avec les autorités judiciaires. Le policier agissait souvent en solo pour, explique-t-il, plus d’efficacité.

Hors des clous

Problème : a-t-il fermé les yeux sur une partie du trafic, permettant ainsi à son informateur de s’enrichir ? Était-ce une façon d’obtenir de meilleures informations et de faire briller son service et sa propre personne ? C’est toute la question. Sur les différents comptes d’Hambli, des dizaines de millions d’euros ont été trouvés. Plutôt intrigant.

Hambli était devenu quasi intouchable, il continuait son trafic avec l’accord tacite de François Thierry, ou bien dans son dos

Eric Pelletier. spécialiste police – justice FTV

Thierry est rapidement démis de ses fonctions, même si, côté police, on défend fermement l’ancien grand patron des stups. Le directeur général de la Police Nationale de l’époque le décrit comme un homme droit, loyal, à l’engagement exceptionnel, qui aurait simplement « manqué de discernement« . François Thierry admet des entorses « inévitables » au règlement. En 2017 il est mis en examen pour complicité d’exportation de stupéfiants en bande organisée et destruction de preuves, puis son habilitation d’officier de police judiciaire lui est retirée. C’est la descente aux enfers. L’OCRTIS est dissoute, remplacée par l’office national anti stupéfiant (Ofast).

François Thierry est aujourd'hui responsable de la tranformation numérique de la police
François Thierry est aujourd’hui responsable de la transormation numérique de la police • © FTV

En 2024, devenu responsable de la transformation numérique de la police, et jugé dans une affaire annexe pour faux en écriture publique destiné à protéger un indicateur, un crime aux yeux de la loi, il est acquitté.

Un procès médiatique

Ce 2 mars, il comparaîtra de nouveau, à Bordeaux cette fois, devant la première chambre du tribunal correctionnel pour complicité de trafic de stupéfiants et destruction de preuves. Le procès se tiendra dans les locaux de la cour d’appel où une salle de presse a été aménagée. Des dizaines de journalistes sont attendus pour couvrir cette affaire hors norme, qui met en question l’éthique, l’ensemble de l’organisation de la lutte antidrogue en France et les frontières de la légalité. Affaire qui a inspiré un livre, « l’Infiltré » de H. Avoine et E. Fansten, et un film, « Enquête sur un scandale d’Etat » (de T. de Peretti – 2021).

source

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Souvenons-nous !

ET AUSSI

Avec la réaction du secretaire générale de l’ AIDF (Association Internationale des Douaniers Francophones)

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FRANCE 🇫🇷 (Douane française #DGDDI) : 20 ans plus tard… c’est toujours le silence à Montreuil et Bercy

Avec Gérard Schoen, l’envoyé spécial de Jérôme Fournel, qui racontait des conneries sur le plateau de « Pièces à conviction ».

Quelques semaines après sa prestation sur ce plateau de TV, Gérard Schoen se sauvera en m’apercevant et ira se planquer derrière une porte cochère accueillante !

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED) : les  » gardiens du territoire  » insuffisamment reconnus

Clotilde Champeyrache, chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), dans le pôle sécurité, défense, renseignement, fut récemment auditionnée par une commission sénatoriale sur le financement de la criminalité organisée.

Voici quelques questions et ses réponses lues dans Marine et Océans

Derrière les saisies record, l’activité des douaniers est-elle suffisamment connue?

Oui, les douaniers manquent de reconnaissance, c’est clair. On les entend peu et c’est un regret que j’avais eu au moment de la commission sénatoriale, quand on cherchait à mieux orienter la lutte contre les trafics et à casser l’offre, on ne mentionnait pas les douanes. Ils ont été eux aussi auditionnés par la commission, mais on avait d’abord pensé à police, gendarmerie ou Ofast (Office anti-stupéfiants). Les douaniers ont une position qui est dans les faits très importante et qui n’est pas suffisamment reconnue. On ne voit pas toujours que la grande majorité des saisies de stupéfiants, de 50 à 80%, ce sont eux. Ce qui est important aussi, ce sont les armes, la contrefaçon, ils sont présents sur une multitude d’activités. Ce sont les gardiens de la frontière, du territoire. »

Payent-ils un cliché de saisies par chance?

« Tomber par hasard sur un conteneur avec des marchandises prohibées, ce n’est quasiment jamais le cas. On ne se rend pas compte que, déjà, il y a toute une politique de ciblage en amont. Dans un contexte extrêmement contraint en termes budgétaires, on ne peut pas mener des contrôles systématiques sur toutes les marchandises. Et on ne peut pas perdre de temps à faire de l’aléatoire. »

Quelle est la partie invisible de leur travail?

« Il y a un travail de renseignement du premier cercle, donc vraiment accès à des sources confidentielles en lien avec d’autres services pour faire de grosses saisies, pas de petites saisies au niveau du trafiquant, du dealer. Là on essaie d’intercepter les cargaisons et ce travail de collaboration à l’international permet aux douanes françaises d’avoir des informations venues de pays exportateurs de stupéfiants. Et en retour, les douanes communiquent à d’autres services pour permettre ces fameuses saisies en haute mer qui sont impressionnantes en termes de volume. Ce travail de renseignement, c’est un peu l’opposé de l’opération +place nette+ qui va être mise en scène. Là, au contraire, on est plutôt sur des logiques d’infiltration à long terme, de livraisons surveillées, tous ces processus qui impliquent les personnes parfois au risque de leur vie. C’est du travail de l’ombre. Ils mériteraient d’avoir plus d’effectifs pour articuler encore mieux l’approche marchandise et l’approche filière criminelle. »

Quels sont les obstacles?

« Le contrôle dans les ports est complexe à mener. Il y a des pressions économiques, parfois un peu d’intimidation. Les douaniers ne sont pas forcément les bienvenus quand ils doivent travailler, donc ce n’est pas un métier facile. Il y a une problématique montante aussi dans le trafic de stupéfiants, c’est l’envoi par colis postaux. Et il y a des dispositions économiques qui sont prises au détriment de la sécurité. La Poste a obligation de se soumettre au contrôle douanier, mais tout ce qui est prestataire de services qu’on appelle les +expressistes+ (colis express du privé, ndlr), eux, ne sont pas assujettis à ces mêmes obligations. Donc, on crée des prestations qui sont problématiques par rapport à ces flux de produits prohibés. »

Mais il n’y a pas que les douaniers qui soient insuffisamment reconnus, les agents infiltrés et les aviseurs, indispensables sources de nombreuses opérations importantes, sont également insuffisamment reconnus, lorsqu’ils ne sont pas totalement oubliés,  voire même lâchés par la haute hiérarchie douanière.

L’exemple de Marc Fievet,  AKA NS 55 en est un des meilleurs exemples où l’on constate le refus d’assurer des engagements pris par les dirigeants de la DNRED, Jean Paul Garcia, l’attaché DGDDI à Madrid, Bernard Pouyanné #DNRED, Jean Puons DNRED, Philippe Galy, l’attaché DGDDI à Londres, Christian Gatard et Bernard ROUX, l’attaché de la #DGDDI à Washington D.C. lors des innombrables visites qu’ils rendirent à Fievet, aussi bien en Espagne, en Angleterre,  au Canada et en France, pour lui demander de plaider coupable et de taire sa qualité d’infiltré pour ne pas déranger les opérations menées par HM Customs excise et RCMP/GRC.

N’hésitant pas à pratiquer un chantage inacceptable de la part de fonctionnaires et allant jusqu’à demander aux témoins de cette période et de leurs conseiller de se taire et que tout s’arrangerait dès le retour de Fievet en France.

François AUVIGNE

C’est  François Auvigne, un DG de la DGDDI, de passage, qui déclara qu’il n’avait pas à assumer les décisions de ses prédécesseurs ne réussissant qu’à démontrer sa lâcheté,  allant jusqu’à se planquer derrière ses jeunes enfants lorsque Fievet chercha à le rencontrer chez lui rue d’Assas. Il réussit aussi à ce que son épouse Sophie Auvigne, fasse en sorte que jamais la radio, dans laquelle elle s’exprime régulièrement, n’aborde le cas Fievet.

Seuls Jean Henri Hoguet de la DNED, puis DNRED et Yves Bonnet, ex Directeur de la DST se sont clairement exprimés sur la situation de Marc Fievet, n’hésitant pas à clairement reprocher la lâcheté dont a fait preuve la Douane française.

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FRANCE 🇫🇷 (#DNRED) : bis repetita placent

Plus de quinze ans après les faits et huit ans après la fin d’une enquête qualifiée d’«hors norme», sept agents de la prestigieuse DNRED (Direction nationale des recherches et des enquêtes douanières), dont deux anciens cadres, viennent d’être renvoyés devant le tribunal correctionnel pour«trafic de stupéfiants» et «complicité de trafic de stupéfiants», aux côtés de quatre de leurs informateurs. Un délai «inhabituellement long», concède la magistrate, tant ce scandale «emblématique» questionne en profondeur les pratiques de ce service, «du côté des agents de terrain, de leur hiérarchie et de l’autorité judiciaire qui dirige les enquêtes».

Cargaisons de cocaïne et résine de cannabis

Plusieurs saisies suspectes mettent en cause les mêmes protagonistes, qui appartenaient tous aux deux groupes «stups» de la Direction des opérations douanières (DOD) de Paris, une des unités opérationnelles de la DNRED.

Ces affaires démarrent fin 2009 et aux manettes, coté administration, la DOD (Direction des opérations douanières) qui a pour directeur Vincent Sauvalère

Et dans tout ce grand merdier, on retrouve Zoran Petrovic, qui est capable de refourguer n’importe quelle « came » à la demande !

Et même qu’à l’issue d’une réunion de crise entre responsables de la DOD, la décision est alors prise de conserver un reliquat de10 kilos de coke dans le coffre du directeur, sans en aviser les magistrats.

Mais de tout cela, ni les magistrats, ni la haute hiérarchie douanière ne reconnaitront qu’ils savaient !

Quant aux écoutes, elles ont été permises grâce à des IMSI-catchers !

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Détournement de drogue, indics en roue libre… Les vieilles «magouilles» douanières rattrapées par la justice

Pour en savoir plus, allez sur Libé

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Lors d’une intervention sur le plateau de LCP

FRANCE 🇫🇷 (DNRED) : retour sur l’affaire Fievet aka NS55

A l’attention des DG de la DGDDI Jean Dominique COMOLLI, Jean Luc VIALA, Pierre Mathieu DUHAMEL, François AUVIGNE, Alain CADIOU, François MONGIN, Jérôme FOURNEL, Hélène CROCQUEVIELLE, Rodolphe GINTZ, Isabelle Braun-Lemaire et Florian COLAS

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FRANCE 🇫🇷 (OFAST Marseille) : l’effarante genèse d’un trafic de coke piloté par les flics

Opération Trident (1/4) 

Pour piéger un gros trafiquant de drogue, des policiers de l’Office antistupéfiants marseillais ont monté une opération de grande envergure, baptisée «Trident», avec l’aide de la DEA, l’agence antidrogue américaine.

Mais l’affaire a viré au fiasco, révélant le rôle actif d’agents dans le trafic, dont cinq sont à ce jour mis en examen, et l’intervention de protagonistes troubles.

Une débâcle qui menace désormais de fragiliser d’autres procédures judiciaires.

Une série de Libération en quatre épisodes.

A lire assurément

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GOLFE D’OMAN : un tir des « Royal Marines » permet la saisie de plus d’une tonne de drogue

Au total, plus de 1.500 kilos de stupéfiants – héroïne, méthamphétamine et cannabis – ont été saisis.

L’unique tir d’un soldat britannique embarqué dans un hélicoptère survolant le Golfe d’Oman a stoppé dans leur course des embarcations transportant de la drogue.

Il s’agit de « l’une des interceptions de lutte contre la drogue les plus spectaculaires auxquelles la Royal Navy ait participé au Moyen-Orient », selon le ministère de la Défense britannique qui l’a annoncée dans un communiqué, dimanche 12 octobre.

Lire

Zone de narco-business

Le cargo « Melor » a chargé 32 tonnes de cannabis durant l’été 1993.

Affaire suivie par la #DNRED malgré l’interdiction des opérations d’infiltration décidée par Nicolas Sarkozy.

Le Melor n’ayant pas un moteur suffisamment puissant pour affronter les vents violents de l’océan indien, la cargaison a été transférée sur un « supplyer » qui reçut le télex du Melor pour pouvoir communiquer.

Ma compagnie « Rio plata ltd » enregistrée à Gibraltar, propriétaire du navire Melor financé en partie par le Trésor public français, recevait les factures de ‘Marconi’ concernant les communications établies par ce Télex.

J’ai découvert après factures reçues que ce Télex passait régulièrement des messages avec une banque américaine à New York et un numéro ‘liste rouge’ dans le Var en France.

J’ai communiqué ces informations à Jean Paul Garcia, l’attaché douanier en poste à Madrid qui a refusé de me donner le moindre retour.

Cette cargaison a été livrée en Atlantique nord et interceptée. Sur ces 32 tonnes, 27 tonnes ont été saisies par les autorités canadiennes (Opération Cutknife II) et 5 tonnes par les autorités anglaises (Opération Schema).

source

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FRANCE 🇫🇷 (narco-business) : retour sur deux affaires emblématiques

Fausto Cattaneo et la «flic connection»

1992 est une année record.

Cette année-là, 1,6 tonne de cocaïne est saisie par les services français. C’est 96% de plus qu’en 1991. Mais une ombre apparaît bientôt au tableau. Un «superflic» suisse «undercover» accuse les stups d’avoir révélé sa véritable identité dans le milieu.

Pourquoi ? Fausto Cattaneo est l’auteur d’un rapport explosif sur l’opération «Matto Grosso», qui a pour cible un trafic de cocaïne reliant le Brésil à l’Europe. Selon lui, les services français, suisses et italiens ont directement supervisé l’import de 116 kilos de poudre, tout droit sortie des scellés des services brésiliens, afin de la vendre à des malfaiteurs, arrêtés dans la foulée.

Pour faire fonctionner l’opération, les indics auraient été directement rémunérés avec l’argent de la transaction. Subissant les foudres de la «flic connection», Fausto Cattanéo sera placardisé plusieurs années, avant d’être blanchi par une enquête interne. Il quittera finalement les services pour une retraite anticipée.

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C’est l’histoire du lâchage de NS 55 de la #DNRED

Au début des années 1990, Marc Fiévet est un informateur hors-pair. Infiltré dans le milieu pendant six ans, il livre une avalanche de renseignements. Grâce à lui, les douanes françaises mettent la main sur une centaine de trafiquants et saisissent ou/et font saisir plus de 105 tonnes de stups

En 1994, le voilà en compagnie de Claudio Pasquale Locatell, un brooker présumé de la Cosa Nostra. Fievet, se sentant en danger, demande aux services français une «exfiltration». Celle-ci n’arrivera jamais !

Le 23 septembre, il est interpellé par Interpol au sud de l’Espagne, alors que 5,4 tonnes de poudre ont été interceptées au large du Canada.


Onze ans derrière les barreaux

Des émissaires français lui conseillent rapidement de ne pas révéler sa vraie condition, en l’échange d’une peine de prison symbolique en France. Transféré, il passera finalement 11 ans derrière les barreaux, «lâché» par la DGGDI, la direction générale de la Douane Française et en particulier par Francois Auvigne malgré l’intervention de Jean Puons, le patron de la DNRED.

Depuis sa sortie, l’ex-agent «NS55» a réclamé un dédommagement à l’État français en vain, des énarques de Bercy ayant réécrit les faits pour dégager LA DOUANE FRANÇAISE de toutes responsabilités. Son histoire a notamment inspiré le film «Gibraltar», avec Gilles Lellouche dans le rôle principal.

Le scénario original a été modifié suite aux pressions de Jérôme Fournel, alors DG de la Douane Française et les dialogues modifiés par Gilles Lellouche et Tahar Rahim.

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En septembre 2025, Vincent Thomazo, secrétaire général de l’AIDF (Association Internationale des Douaniers Francophones) a publié sur Facebook

FRANCE (#DNRED) : un scandale d’Etat étouffé depuis 30 ans

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🟥🟥 MARC FIÉVET : HÉROS TRAHI PAR L’ÉTAT FRANÇAIS 🟥🟥
UN SCANDALE D’ÉTAT ÉTOUFFÉ DEPUIS 30 ANS

Pendant 6 ans, Marc Fiévet, alias NS55, a infiltré les cartels internationaux pour le compte des Douanes françaises.
Résultat :

✅ 23 opérations de haut niveau menées à bien
✅ Des tonnes de drogue saisies
✅ Une vingtaine de grands truands internationaux arrêtés

Mais en septembre 1994, tout bascule.
Lors de l’interception du cargo Pacifico au Canada, chargé de cocaïne, l’opération est un succès…
… mais Marc Fiévet est brûlé.

🔻 Quelques jours plus tard, il est arrêté en Espagne, et là, c’est le début de l’abandon.
Les Douanes françaises refusent d’admettre qu’il travaillait pour elles.
Aucun soutien. Aucune reconnaissance. Un silence organisé.

🔒 3888 jours de prison.
Soit plus de 10 ans, enfermé comme un trafiquant — alors qu’il n’était qu’un agent infiltré de l’État.
Un homme sacrifié pour protéger les méthodes opaques de la DNRED.

Et aujourd’hui ?
➡️ À 82 ans, Marc Fiévet conduit encore des poids lourds pour survivre.
➡️ Aucune retraite. Aucune indemnisation. Aucun honneur.
➡️ Juste l’oubli organisé. L’invisibilisation volontaire.

🎬 Le film Gibraltar, diffusé cette semaine à la télévision, raconte son histoire sous le nom de “Marc Duval”, joué par Gilles Lellouche.
Mais derrière la fiction, il y a un homme réel, brisé, trahi, mais debout.

🛑 Ce que l’État cherche à cacher, nous devons le crier.

📢 La France doit reconnaître Marc Fiévet.
📢 La Douane doit assumer ses responsabilités.
📢 Il est temps de réparer cette injustice monstrueuse.

➡️ On ne sacrifie pas un homme qui a servi la République au péril de sa vie.
➡️ On ne détruit pas un agent parce qu’on a peur du scandale.

🔁 Partagez son histoire. Faites du bruit.
Pour que Marc Fiévet ne soit plus jamais invisible.

#JusticePourMarcFiévet #ScandaleDÉtat #DouanesFrançaises #IndemnisationMaintenant #HérosTrahi #NS55 #Gibraltar

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FRANCE 1988 🇨🇵 (Douane française) : de la DNED à la DNRED avec Jean Henri Hoguet

Jean Henri Hoguet m’a offert son livre en novembre 2019 lors d’une des visites que je lui rendais lors de mes passages du côté de Saintes non loin de son domicile.

Relisant ces jours derniers « Au service de l’Etat – A travers la Douane « , j’ai relu la dédicace qu’il me fit.

Qui mieux que lui pouvait confirmer l’injustice de l’administration des Douanes ?

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Dans le cadre de notre rétrospective de l’histoire des services d’enquêtes, de recherche et de renseignement de l’institution douanière française, le passage de la « DNED » à la « DNRED » constitue un séquence déterminante. C’est en 1988 que voit le jour une véritable direction du renseignement au sein du service.

Pour relater cette séquence, Nous reproduisons ici l’éclairage apporté par Jean-Henri Hoguet, promoteur de cette mesure novatrice et chef du service à cette époque. Son témoignage est extrait – avec son aimable autorisation – de son ouvrage « Au service de L’Etat à travers la douane – 1954-1996 ».

L’équipe de rédaction 


La Direction du renseignement

L’année 1988 a d’abord été celle de l’adjonction d’un pôle Renseignement à la D.N.E.D., devenue de ce fait D.N.R.E.D., suite à la parution d’un arrêté ministériel du 1er mars 1988 et de 1’Instruction Cadre du 19 mai. Comme proposé par le G.P.A. (Groupe Prospective et Action), le Centre de Documentation et d’Evaluation (C.D.E.), créé quelques années auparavant et qui, faute d’une doctrine bien établie et appliquée avec des moyens correspondant aux objectifs à atteindre, devait disparaître. Les moyens de l’ex -C.D.E, étaient transférés, au moins en partie, à la Direction du Renseignement. La partie Evaluation du C.D.E. était reprise, au niveau des principes, par la Direction générale et l’application pratique des règles relatives à la Valeur en douane relevait des Directions régionales à travers les bureaux de douane et les C.E.R.D.O.C.

Le C.D.E. avait été dirigé jusqu’ici par un directeur, flanqué de deux adjoints cadres supérieurs qui régnaient sur un effectif d’environ 70 agents. Le personnel, livré à des tâches peu exaltantes et mal encadré, relevait plus de la réserve indienne que de la troupe d’élite. Je reçus carte blanche de la D.G. – ce qui est rare – pour ne conserver que les agents que j’estimerais convenir à l’accomplissement des nouvelles tâches de renseignement. Ce contrat prévoyait toutefois que je devais garder le directeur. Je n’ai conservé qu’environ la moitié de l’effectif du C.D.E..

Pour faire fonctionner la nouvelle Direction du Renseignement, il fallait certes des « petites mains » non expertes, mais surtout un encadrement de spécialistes de la lutte contre la fraude. Or, où les trouver sinon chez les enquêteurs de la D.N.E.D. ? Je fis le tour des cinq divisions parisiennes de la Direction des Enquêtes et Recherches en expliquant aux agents ce que je voulais faire avec cette nouvelle Direction du Renseignement et de la Documentation, et les moyens que j’entendais y consacrer, y compris à l’étranger. Je demandais que chaque Division – sur la base du volontariat – me « prête » pour un an ses deux meilleurs agents, libre à eux si l’aventure leur plaisait, de rester un temps plus long à la D.R.D. Si cette expérience ne les satisfaisait pas, ils étaient assurés de retourner, au bout d’un an, dans leurs unités d’origine. Le pari était risqué – un enquêteur de classe n’aime rien plus que de faire des enquêtes avec un résultat probant au bout. Un enquêteur c’est avant tout un chasseur. S’asseoir derrière un bureau ou un ordinateur, peloter des listings ou confronter des séries de données n’a rien de très passionnant, encore que tout enquêteur prépare souvent son enquête de la sorte. Devant la réticence des enquêteurs à venir à la D.R.D., je leur racontais que j’avais rencontré à Londres, au siège de 1’Investigation Division, un enquêteur réputé qui, antérieurement, avait battu moult fois la campagne dans le cadre de ses investigations et qui maintenant se contentait de recueillir des informations, de les analyser et de lancer ses jeunes collègues sur les routes. Cet agent me disait qu’assis derrière son ordinateur, il éprouvait « une véritable jouissance chaque fois qu’il avait réuni le faisceau d’informations qui ferait tomber son client ». L’homme derrière l’ordinateur ajoutait : « avant je me déplaçais, maintenant j’envoie les autres et ça marche ». C’est ainsi qu’avec un peu de persuasion j’ai pu débaucher une petite dizaine (9 au départ) d’enquêteurs qui ont fait démarrer la D.R.D. Quelques-uns y sont restés plus d’un an. Je n’ai pas été ensuite ingrat avec ces agents qui m’ont cru et ont eu le courage de tenter l’aventure.

(…)


La mise en place de la nouvelle D.N.R.E.D.

Concernant le fonctionnement du service, on peut dire que 1988 a vu la mise en marche de la D.R.D. et le début de rapports nouveaux entre cette Direction et celle des Enquêtes Douanières. Nous revenions de loin car, au début, les enquêteurs de la D.E.D., soucieux de conserver leurs enquêtes d’initiative, niaient la nécessité, l’utilité et même la viabilité d’une Direction du Renseignement. Pour les enquêteurs, la Direction du Renseignement ne pouvait avoir qu’une tendance monopolistique et confiscatoire au regard de l’information opérationnelle.

A la D.E.D., on avait également innové. On avait monté des opérations faisant intervenir soit plusieurs échelons, soit une division parisienne et plusieurs échelons. Ces opérations concernaient des livraisons surveillées de stupéfiants naissant à la frontière espagnole et se terminant àMarseille, Lyon ou dans le nord, mais aussi d’autres opérations plus classiquement douanières relatives à un produit importé mais ayant des points de chute disséminés sur tout le territoire. L’importance de ces opérations amenait naturellement à évaluer leur coût en hommes, en matériel et en frais de déplacement et à tirer de cette évaluation des conséquences au regard de la rentabilité

(…)

La D.N.R.E.D. en 1989

Les 14 et 15 mars, je me rendis, en passant par Lille où je pris Bardu avec moi, à Anvers. Le but du voyage était d’examiner avec nos collègues douaniers belges les possibilités d’échanges de renseignements en matière de conteneurs arrivant dans ce grand port et dont une bonne partie était ensuite acheminée sur la France. Je m’aperçus qu’en Belgique la Douane a d’abord pour directive du gouvernement de ne pas freiner le commerce afin que le bon renom du port d’Anvers ne soit pas altéré. La vitesse du dédouanement primait donc la recherche de la fraude.

Les échanges internationaux de renseignements sur la fraude ne s’en développèrent pas moins en 1989. Le nombre des dossiers traités augmenta de 14% par rapport à 1988 et de 67% par rapport à 1985. Compte tenu des facilités que i’avais obtenues pour envoyer des agents en mission à l’étranger, le nombre des missionnaires passa de 26 en 1987 à 51 en 1989. Certaines de ces missions donnèrent d’excellents résultats sur le plan contentieux. Pour la première fois, une permanence H 24 fut instituée dans le secteur de l’assistance mutuelle avec l’étranger, en raison du développement de celle-ci et de la nécessité, dans certains cas, de réagir très vite. En 1989 également un système international de surveillance des navires suspects a été mis sur pied – Mar-Info – et une partie de la gestion du système fut confiée à la D.R.D. par nos collègues étrangers, Pour la première fois, un pays gérait en temps réel un fichier douanier et le mettait à la disposition des autres.

La D.R.D. commençait à être victime de son succès, car si les besoins en informatique pouvaient à peu près être satisfaits, il n’en allait pas de même pour ce qui concerne le renfort en personnel. Cette mēme pénurie nous empêchait de nous lancer dans l’élaboration d’une structure apte à traiter l’information en matière de blanchiment.

A partir de septembre, la D.R.D. eut un nouveau patron. En remplacement de Pla, j’avais pu, en insistant beaucoup, faire nommer sur ce poste de directeur le chef d’échelon de Lille, Jacques Bardu. Tout son passé, y compris lorsqu’il était chef de subdivision dans l’Est, montrait qu’il savait recueillir l’information, développer des réseaux d’informateurs et faire des affaires sur renseignements. Son efficacité était même dérangeante pour certains, d’autant qu’il agissait et rendait compte après, chaque fois qu’il pressentait que la diffusion préalable de I’information était susceptible de retarder ou d’arrêter l’action. De plus, sa notoriété auprès de ses collėgues chefs d’échelon était de nature à donner une crédibilité accrue à la jeune D.R.D.. Dès son arrivée, il mit sur pied un nouveau système de diffusion mensuel de l’information sur la fraude qui incitait les services destinataires à faire du retour d’information et créait 1’émulation entre ces services en publiant leurs résultats. Ce bulletin était en outre présenté sous une forme attractive, relevant plus de la bande dessinée que de la note administrative. Yvon Pelafigue, directeur interrégional à Lille, nous donna un très sérieux coup de main en mettant pendant plusieurs mois à notre disposition le dessinateur-douanier qui illustrait si bien notre document mensuel.

La D.E.D. quant à elle, si elle avait achevé sa reconversion du Change vers la Douane, n’en avait pas moins deux problèmes à résoudre pour s’adapter aux évolutions en cours. Alors qu’elle fonctionnait auparavant en circuit fermé concernant le renseignement qu’elle recueillait et exploitait directement, il lui fallait maintenant, non seulement admettre l’existence de la D.R.D., mais aussi participer à son fonctionnement en la pourvoyant en informations. Des progrès restaient à faire, spécialement pour les recherches, car le changement des habitudes mentales ne se réalise pas immédiatement à la suite d’une injonction, même forte. Le dexièeme problème pour la D.E.D. était que ses unités apprennent à travailler entre elles compte tenu des dimensions nationales et internationales prises par la fraude, qu’il s’agisse de stupéfiants ou de fraudes commerciales communautaires. Devant la complexité ou la difficulté des dossiers à traiter, les agents se rendaient compte que la matière était en train de changer de nature et de dimension et que, pour mener à bien les enquêtes, il fallait mettre en jeu des moyens juridiques, techniques et matériels dont certains faisaient encore défaut (écoutes légales, coopération judiciaire internationale, mesures conservatoires sur les biens situés à l’étranger, etc.).

Jean Henri Hoguet

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FRANCE 🇫🇷 (Narco-logistique) : les pêcheurs sollicités et parfois complices des importations

Des pêcheurs se retrouvent approchés par des narcotrafiquants pour récupérer des livraisons de stupéfiants en mer. Approchés et parfois complices, plusieurs récentes interpellations et mises en examen ont eu lieu dans le Calvados.

Des pêcheurs recrutés

Cinq mois plus tard, les dealers continuent d’approcher les marins d’Ouistreham et des ports voisins, comme le confie un pêcheur. « Un homme assez grand et puis avec une grosse parka, alors qu’on était en plein mois de juin. Il me demande comme ça, « t’es marin pêcheur, tu connaîtrais pas du monde qui pourrait faire des passages ? » Il dit que c’est bien rémunéré et je lui dis, je ne suis pas intéressé et puis le mec il est parti comme ça. Mais comme quoi, ils peuvent venir demander sur les quais », constate-t-il. Parfois, les trafiquants repèrent sur les réseaux sociaux les pêcheurs qui publient une simple photo de leur sortie en mer et ils leur envoient directement un message.

À la criée, on ne justifie pas, mais on tente d’expliquer pourquoi les pêcheurs sont devenus une proie facile pour les narcotrafiquants. Les marins pêchent de moins en moins, les prêts et les dettes s’accumulent. Certains sont pris à la gorge. Et dans les ports normands, les pêcheurs évoquent aussi les méthodes extrêmement violentes des dealers. Pression, intimidation, séquestration pour contraindre les marins les plus réticents à passer à l’acte. « Ils se renseignent bien avant sur ta position familiale. Surtout si tu as des enfants et une femme. Le mec, il sait toute ta vie. Et ça peut faire peur », indique un autre pêcheur.

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FRANCE 🇫🇷 (Opérations anti-stups) : l’interview de J.H. Hoguet, ex directeur de la #DNRED

EXTRAIT

Comment se situe la France, en matière de lutte contre le trafic international ?

En Europe ,je crois que nous sommes parmi les gens qui comptent, comme les Britanniques. Il faut tout de même savoir que l’on estime que l’on n’arrête que 5 à 10% de la drogue et qu’il a été jusqu’ici impossible de faire mieux. Beaucoup de pays font plus mal ! C’est le problème de la demande qu’il faudrait traiter, car il est illusoire de croire que l’on règlera la question en jugulant l’offre, ce qui est impossible dans un monde de plus en plus ouvert, avec des Etats aux motivations souvent antagonistes. Croit-on résoudre l’alcoolisme en supprimant l’alcool ?

Que faudrait-il changer pour accroître l’action des douanes en la matière ?

Le problème ne concerne pas que la douane, mais aussi la police et la gendarmerie. Il faut développer le renseignement aux plans national et international. L’échange de renseignements se heurte à de nombreuses difficultés : égoïsme des services qui travaillent d’abord pour eux mêmes, rivalités entre services, confidentialité des sources, rémunération des indics, etc.

Après le triste exemple Fiévet, il faudrait se donner les moyens d’avoir des infiltrés, de s’en occuper, de leur fournir protection. Ce qui implique des moyens considérables, notamment juridiques. Je doute qu’on en prenne le chemin, car les efforts à consentir ne peuvent être garantis au niveau des résultats à en escompter.

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OFAST 🇫🇷 (Narcotrafic) : « La menace est partout », un rapport confidentiel montre que le trafic de drogue n’épargne plus aucun territoire

L’Office central antistupéfiants (OFAST) publie un rapport confidentiel qui dresse un tableau sombre sur le narco-banditisme. Consommation et production de cocaïne en hausse, tout comme les faits d’ultra-violence et l’emprise grandissante sur le territoire : la menace grandit et entend sa toile. Le rapport cite notamment Bagnols-sur-Cèze (Gard) et le « pouvoir social » des dealers qui achètent la paix auprès des habitants.

Décryptage.

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