L’enquĂȘte de Marianne rĂ©vĂšle les dĂ©faillances au cĆur des systĂšmes policier et judiciaire.

LâĂtat peut-il encore agir face Ă la gangrĂšne du narcotrafic ? Si lâon en croit les spĂ©cialistes qui ont dĂ©filĂ© depuis des mois devant la commission dâenquĂȘte sĂ©natoriale consacrĂ©e Ă ce flĂ©au, le pessimisme est de rigueur. FlorilĂšge : « Le risque Ă court terme est de voir lâĂtat de droit se dĂ©liter » (Olivier Leurent, prĂ©sident du tribunal judiciaire de Marseille). « Aucune profession nâest Ă©pargnĂ©e » par la corruption (StĂ©phanie Cherbonnier, cheffe de lâOffice anti-stupĂ©fiants-Ofast).
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MĂȘme constat du cĂŽtĂ© des policiers, des juges et des magistrats interrogĂ©s par Marianne. François Antona, chef de la Juridiction nationale chargĂ©e de la lutte contre la criminalitĂ© organisĂ©e (Junalco) : « Aujourdâhui, la criminalitĂ© organisĂ©e est la menace numĂ©ro un de nos sociĂ©tĂ©s. Notre rĂ©action doit ĂȘtre Ă la mesure. » François Molins, ancien procureur de Paris : la lutte contre le narcotrafic « consomme lâĂ©nergie de milliers et de milliers de fonctionnaires de police, de gendarmerie et de magistrats⊠On y consacre des milliards et des milliards. Et on nâarrive pas Ă faire reculer le problĂšme. Au contraire, mĂȘme. » Le magistrat ajoute cette prĂ©diction : « Je pense qu’on va finir par le payer trĂšs chĂšrement. » Pour mieux agir, il faut comprendre.
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