C’est Narcodiario qui nous rapporte que l’enquĂȘte menĂ©e par l’UnitĂ© des Affaires IntĂ©rieures de la Policia Nacional, en coordination avec l’UDYCO ( Direction Centrale de la Police), sur les activitĂ©s prĂ©sumĂ©es illicites de l’inspecteur Ăscar S., chef de l’UDEF Ă la Direction GĂ©nĂ©rale de la Police de Madrid, qui cachait 20 millions d’euros derriĂšre un mur de son domicile, a servi Ă focaliser l’attention sur Alejandro S., alias El Tigre, comme l’a rapportĂ© NARCODIARIO il y a quelques semaines.
Ăscar S., chef de l’UDEF
Au fur et Ă mesure que l’enquĂȘte progresse, on sait dĂ©sormais que les actions clandestines de l’inspecteur (qui est en prison depuis fin 2024) ont permis d’introduire en Europe via l’Espagne au moins 100 000 kilos de cocaĂŻne, de loin la plus grande quantitĂ© de drogue jamais attribuĂ©e Ă un trafiquant de drogue sur le continent.
A gauche le policier corrompu et son contact
C’est le chiffre suggĂ©rĂ© par les meilleurs experts anti-drogue aprĂšs avoir analysĂ© les donnĂ©es de l’enquĂȘte susmentionnĂ©e, qui rĂ©vĂšle que le policier a « effectivement » mis la main sur au moins 550 conteneurs en provenance d’AmĂ©rique du Sud sur une pĂ©riode de cinq ans, depuis son arrivĂ©e au Haut Commandement susmentionnĂ©. Les enquĂȘtes pointent, en remontant l’Ă©chelle criminelle, vers le lien entre Alejandro S., nĂ© Ă Madrid et basĂ© Ă DubaĂŻ, et la direction du Cartel des Balkans, basĂ© dans l’Ă©mirat mĂȘme, propriĂ©taire ultime de la majeure partie des cargaisons de drogue. Le policier corrompu, qui commandait trois groupes d’enquĂȘte (l’un axĂ© sur la fraude, l’autre sur le blanchiment d’argent et le dernier sur la lutte contre la corruption), a obtenu ce statut mi-2020. Depuis, il utilisait sa technique pour permettre le passage de conteneurs contenant de la cocaĂŻne : l’utilisation frauduleuse des bases de donnĂ©es du renseignement policier.
Ăscar S. contrĂŽla au moins 550 conteneurs qui, selon les calculs des enquĂȘteurs, ont permis l’entrĂ©e en Espagne d’au moins 100 000 kilos de cocaĂŻne, qui, convertis en espĂšces, atteindraient une valeur minimale de 3 milliards d’euros sur le marchĂ© illicite : Ă titre de comparaison, trois fois le budget annuel du Real Madrid.
ParallĂšlement Ă son contrĂŽle sur les conteneurs et pour sĂ©curiser le reste des personnes qui, selon l’enquĂȘte, faisaient partie du rĂ©seau en Espagne, l’inspecteur en chef a enregistrĂ© Ignacio T. et Juan Ăngel C.M. comme collaborateurs sous sa protection. et JosĂ© Luis L.R. Au moins les deux premiers se rendaient frĂ©quemment Ă DubaĂŻ, probablement pour rendre compte des opĂ©rations aux supĂ©rieurs. Parmi toutes les actions dans lesquelles l’inspecteur en chef enquĂȘtĂ© est intervenu, plusieurs cas ont Ă©mergĂ© dans lesquels l’UDYCO Central, par l’intermĂ©diaire de la Brigade Centrale des Narcotiques, a rĂ©ussi, grĂące Ă ses propres systĂšmes d’enquĂȘte, Ă obtenir des donnĂ©es sur les conteneurs que le fonctionnaire corrompu avait l’intention de jeter. C’est ce qui s’est produit, par exemple, en 2021, avec la dĂ©tection de plus de 1 600 kilos destinĂ©s Ă l’une des sociĂ©tĂ©s contrĂŽlĂ©es par les anciens « collaborateurs », Trapani Export.
La drogue Ă©tait contenue dans un conteneur dâananas. La mĂȘme source colombienne qui a fourni Ă la police des informations sur le bateau transportant la drogue qui devait entrer en Espagne grĂące au systĂšme conçu par l’inspecteur en chef a dĂ©clarĂ© que derriĂšre tout cela se trouvait « un Espagnol nommĂ© Alejandro, connu sous le pseudonyme « El Tigre », qui dirige les opĂ©rations criminelles depuis DubaĂŻ ». En avançant dans le temps et en arrivant en octobre 2024, lorsqu’on a appris que 13 062 kilos de cocaĂŻne Ă©taient arrivĂ©s Ă AlgĂ©siras en provenance d’Ăquateur – les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, il y avait eu d’autres coĂŻncidences entre les conteneurs surveillĂ©s par l’inspecteur corrompu et ceux enquĂȘtĂ©s par l’Udyco, qui avaient donnĂ© lieu Ă des saisies de cocaĂŻne – les personnes qui devaient recevoir la drogue (des hommes d’affaires basĂ©s Ă Alicante) Ă©taient en sĂ©curitĂ©. L’inspecteur Oscar savait qu’Udyco Central Ă©tait derriĂšre l’enquĂȘte, car il avait lui-mĂȘme Ă©tĂ© impliquĂ© dans l’opĂ©ration en utilisant son modus operandi habituel pour traiter de telles informations.
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