Clotilde Champeyrache, chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), dans le pÎle sécurité, défense, renseignement, fut récemment auditionnée par une commission sénatoriale sur le financement de la criminalité organisée.
Voici quelques questions et ses réponses lues dans Marine et Océans
DerriĂšre les saisies record, lâactivitĂ© des douaniers est-elle suffisamment connue?
Oui, les douaniers manquent de reconnaissance, câest clair. On les entend peu et câest un regret que jâavais eu au moment de la commission sĂ©natoriale, quand on cherchait Ă mieux orienter la lutte contre les trafics et Ă casser lâoffre, on ne mentionnait pas les douanes. Ils ont Ă©tĂ© eux aussi auditionnĂ©s par la commission, mais on avait dâabord pensĂ© Ă police, gendarmerie ou Ofast (Office anti-stupĂ©fiants). Les douaniers ont une position qui est dans les faits trĂšs importante et qui nâest pas suffisamment reconnue. On ne voit pas toujours que la grande majoritĂ© des saisies de stupĂ©fiants, de 50 Ă 80%, ce sont eux. Ce qui est important aussi, ce sont les armes, la contrefaçon, ils sont prĂ©sents sur une multitude dâactivitĂ©s. Ce sont les gardiens de la frontiĂšre, du territoire. »
Payent-ils un cliché de saisies par chance?
« Tomber par hasard sur un conteneur avec des marchandises prohibĂ©es, ce nâest quasiment jamais le cas. On ne se rend pas compte que, dĂ©jĂ , il y a toute une politique de ciblage en amont. Dans un contexte extrĂȘmement contraint en termes budgĂ©taires, on ne peut pas mener des contrĂŽles systĂ©matiques sur toutes les marchandises. Et on ne peut pas perdre de temps Ă faire de lâalĂ©atoire. »
Quelle est la partie invisible de leur travail?
« Il y a un travail de renseignement du premier cercle, donc vraiment accĂšs Ă des sources confidentielles en lien avec dâautres services pour faire de grosses saisies, pas de petites saisies au niveau du trafiquant, du dealer. LĂ on essaie dâintercepter les cargaisons et ce travail de collaboration Ă lâinternational permet aux douanes françaises dâavoir des informations venues de pays exportateurs de stupĂ©fiants. Et en retour, les douanes communiquent Ă dâautres services pour permettre ces fameuses saisies en haute mer qui sont impressionnantes en termes de volume. Ce travail de renseignement, câest un peu lâopposĂ© de lâopĂ©ration +place nette+ qui va ĂȘtre mise en scĂšne. LĂ , au contraire, on est plutĂŽt sur des logiques dâinfiltration Ă long terme, de livraisons surveillĂ©es, tous ces processus qui impliquent les personnes parfois au risque de leur vie. Câest du travail de lâombre. Ils mĂ©riteraient dâavoir plus dâeffectifs pour articuler encore mieux lâapproche marchandise et lâapproche filiĂšre criminelle. »
Quels sont les obstacles?
« Le contrĂŽle dans les ports est complexe Ă mener. Il y a des pressions Ă©conomiques, parfois un peu dâintimidation. Les douaniers ne sont pas forcĂ©ment les bienvenus quand ils doivent travailler, donc ce nâest pas un mĂ©tier facile. Il y a une problĂ©matique montante aussi dans le trafic de stupĂ©fiants, câest lâenvoi par colis postaux. Et il y a des dispositions Ă©conomiques qui sont prises au dĂ©triment de la sĂ©curitĂ©. La Poste a obligation de se soumettre au contrĂŽle douanier, mais tout ce qui est prestataire de services quâon appelle les +expressistes+ (colis express du privĂ©, ndlr), eux, ne sont pas assujettis Ă ces mĂȘmes obligations. Donc, on crĂ©e des prestations qui sont problĂ©matiques par rapport Ă ces flux de produits prohibĂ©s. »
Mais il n’y a pas que les douaniers qui soient insuffisamment reconnus, les agents infiltrĂ©s et les aviseurs, indispensables sources de nombreuses opĂ©rations importantes, sont Ă©galement insuffisamment reconnus, lorsquâils ne sont pas totalement oubliĂ©s, voire mĂȘme lĂąchĂ©s par la haute hiĂ©rarchie douaniĂšre.
Lâexemple de Marc Fievet, AKA NS 55 en est un des meilleurs exemples oĂč lâon constate le refus dâassurer des engagements pris par les dirigeants de la DNRED, Jean Paul Garcia, lâattachĂ© DGDDI Ă Madrid, Bernard PouyannĂ© #DNRED, Jean Puons DNRED, Philippe Galy, lâattachĂ© DGDDI Ă Londres, Christian Gatard et Bernard ROUX, lâattachĂ© de la #DGDDI Ă Washington D.C. lors des innombrables visites quâils rendirent Ă Fievet, aussi bien en Espagne, en Angleterre, au Canada et en France, pour lui demander de plaider coupable et de taire sa qualitĂ© dâinfiltrĂ© pour ne pas dĂ©ranger les opĂ©rations menĂ©es par HM Customs excise et RCMP/GRC.
NâhĂ©sitant pas Ă pratiquer un chantage inacceptable de la part de fonctionnaires et allant jusquâĂ demander aux tĂ©moins de cette pĂ©riode et de leurs conseiller de se taire et que tout sâarrangerait dĂšs le retour de Fievet en France.

François AUVIGNE
Câest François Auvigne, un DG de la DGDDI, de passage, qui dĂ©clara quâil nâavait pas Ă assumer les dĂ©cisions de ses prĂ©dĂ©cesseurs ne rĂ©ussissant quâĂ dĂ©montrer sa lĂąchetĂ©, allant jusquâĂ se planquer derriĂšre ses jeunes enfants lorsque Fievet chercha Ă le rencontrer chez lui rue dâAssas. Il rĂ©ussit aussi Ă ce que son Ă©pouse Sophie Auvigne, fasse en sorte que jamais la radio, dans laquelle elle sâexprime rĂ©guliĂšrement, nâaborde le cas Fievet.
Seuls Jean Henri Hoguet de la DNED, puis DNRED et Yves Bonnet, ex Directeur de la DST se sont clairement exprimĂ©s sur la situation de Marc Fievet, nâhĂ©sitant pas Ă clairement reprocher la lĂąchetĂ© dont a fait preuve la Douane française.
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