La JUNALCO (Juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée) a du pain sur la planche!
Le parquet de Paris a finalement requis ce 5 janvier 2021 le renvoi en correctionnelle de sept agents de la DNRED pour «trafic de stupéfiants» et «complicité de trafic de stupéfiants».
Dans une affaire prĂ©cĂ©dente, du mĂȘme tonneau, six anciens hauts responsables de la DNRED, dont l’Ă©narque Erwan Guilmin, ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© renvoyĂ©s en correctionnelle pour «corruption», «blanchiment» et «dĂ©tournement de fonds publics».
Le tribunal devra trancher!
Le dĂ©rives de plus en plus nombreuses de ces derniĂšres annĂ©es de la DNRED ne sont une nouveautĂ© que pour ceux qui veulent aujourd’hui ouvrir les yeux.
J’ai en mĂ©moire le chargement qu’avait effectuĂ© Marc Fievet, dans le dĂ©troit de Gibraltar, de 1.250 kilos de rĂ©sine de cannabis et 35 kilos de pollen de cannabis sur son motor/yacht « Windarar », initialement sous pavillon britannique, rebaptisĂ© pour l’occasion « TancrĂšde » battant pavillon Francais avec document fourni par la Douane.
Il devait livrer cette cargaison Ă Port la Nouvelle aux agents de lâĂ©chelon DNRED de Lyon, venus au nombre de sept pour accĂ©lĂ©rer le dĂ©chargement de cette prĂ©cieuse marchandise et son chargement dans un petit camion.
Pour Fievet, la marchandise livrĂ©e, il lui restait seulement Ă percevoir le montant promis par Michel Ribatet, le chef dâĂ©chelon de Lyon avec lequel il avait traitĂ© au siĂšge parisien de la DNRED. C’Ă©tait du temps de Jean Henri Hoguet, de Gabriel Bastien, de GĂ©rard Estavoyer et en prĂ©sence de son officier traitant Christian Gatard.
La somme qui lui avait Ă©tĂ© promise, Ă l’arrivĂ©e, fut divisĂ©e par deux et il apprit par la suite que cette somme ponctionnĂ©e avait servi Ă financer l’installation d’une grue hydraulique sur un bateau en partance pour charger de la cocaĂŻne.
Quand aux 1.285 kilos de cannabis transportĂ©s et livrĂ©s…Seuls 900 furent officiellement saisis place Bellecourt Ă Lyon et le reste, sans aucun doute, s’Ă©vapora dans les mains de quelques revendeurs Ă la solde de la DNRED!
A l’Ă©poque, le Juge Jacques Dallest instruisit cette affaire…en vain!
Depuis ces annĂ©es folles, Marc Fievet pensait trĂšs sincĂšrement que les mĂ©thodes de nos chers douaniers avaient Ă©voluĂ©es, prĂ©fĂ©rant les actions de pure infiltration aux opĂ©rations douteuses avec des informateurs eux mĂȘmes directement impliquĂ©s dans le business de la drogue. Mais pour cela il faut se sentir couvert par la haute hiĂ©rarchie, mais le malheureux exemple donnĂ© avec le honteux lĂąchage de l’agent infiltrĂ© NS 55, nâencourageĂąt personne et, naturellement le recours Ă la facilitĂ© aura donc Ă©tĂ© donc la norme en vigueur.
Extrait de l’article paru dans LibĂ©ration
Pendant des annĂ©es, les deux groupes «stups» de la prestigieuse DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquĂȘtes douaniĂšres) ont multipliĂ© les belles saisies et fait la fiertĂ© de Bercy, leur ministĂšre de tutelle. La plupart des gros dossiers fonctionnaient de la mĂȘme façon : les agents utilisaient leurs informateurs pour hameçonner des trafiquants et piĂ©ger ces derniers grĂące Ă des «livraisons surveillĂ©es».
Une technique lĂ©gale qui permet, sous le contrĂŽle dâun magistrat, de laisser passer de la drogue sans la saisir pour en suivre le cheminement et retarder les interpellations.
Mais de leurs aveux mĂȘmes Ă la justice, des douaniers avaient pris lâhabitude de laisser passer une ou deux cargaisons avant dâintercepter la marchandise au troisiĂšme voyage. Ce stratagĂšme leur permettait de mettre en confiance les trafiquants tout en dĂ©tournant une partie de la drogue pour rĂ©munĂ©rer leurs «aviseurs», le nom donnĂ© aux indics dans le jargon douanier. Des mĂ©thodes encouragĂ©es par les chefs des groupes «stups» et largement connues de la hiĂ©rarchie, selon plusieurs tĂ©moignages recueillis par LibĂ©ration.
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