PORTUGAL đŸ‡”đŸ‡č (Narco-blanchiment – Coke en stock [CCCXXXIII]) : un gros tas d’euros Ă  Lisbonne

Toutes ces  opĂ©rations de transfert de drogue rapportent beaucoup d’argent. Mais on a du mal Ă  se rendre compte de ce que ça reprĂ©sente en tas de billets. Mais maintenant on le sait avec la dĂ©couverte d’un tas Ă©norme chez un trafiquant, et pas n’importe lequel car c’est lui l’organisateur principal du trafic brĂ©silien vers l’Europe.

Depuis, il se fait passer pour mort, ce dont les policiers ne sont pas du tout persuadĂ©s
  En voilĂ  un qui a essayĂ© de dĂ©tourner les effets mortels du Covid19 pour jouer au fantĂŽme !

L’opĂ©ration Cavok avait eu des consĂ©quences ailleurs qu’au BrĂ©sil, on s’en serait doutĂ© avec un trafic international d’une telle ampleur. A Lisbonne, au Portugal, c’est un tas de billets impressionnants que les enquĂȘteurs on trouvĂ© devant eux. Le tas d’euros paraĂźt sans fin en effet, empilĂ© sur deux tables (cf ici Ă  droite) oĂč il tient Ă  peine. « La police judiciaire portugaise a annoncĂ© vendredi (le 27 novembre 2020) la saisie d’environ 12 millions d’euros de billets dans une maison de Lisbonne. Le montant, Ă©quivalent Ă  plus de 76 millions de reais, a Ă©tĂ© trouvĂ© lors d’une perquisition qui fait partie de la branche portugaise ‘Operation Enterprise’, un groupe de travail qui enquĂȘte sur un systĂšme international de trafic de drogue et de blanchiment d’argent depuis 2017. Selon la police portugaise, l’argent a Ă©tĂ© retrouvĂ© dans plus de 10 valises dans une voiture Ă  Lisbonne. La justice a Ă©galement dĂ©terminĂ© la saisie de deux maisons au Portugal, qui, ensemble, ont une valeur estimĂ©e Ă  2,5 millions d’euros (voir Ă  la fin du rapport pour d’autres numĂ©ros de la task force). L’opĂ©ration a arrĂȘtĂ© 45 personnes depuis lundi, dont 38 rien qu’au BrĂ©sil. Au Portugal, oĂč l’action s’appelle «OpĂ©ration CamaleĂŁo», personne n’a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© jusqu’à prĂ©sent, selon les autoritĂ©s locales. Avec l’opĂ©ration, les enquĂȘteurs internationaux estiment avoir dĂ©mantelĂ© un gang chargĂ© de transporter 45 tonnes de cocaĂŻne en Europe chaque annĂ©e. Outre la police portugaise, des autoritĂ©s d’autres pays comme la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas, la Roumanie et les Émirats arabes unis ont participĂ© Ă  l’action. La PF a rempli plus de 200 mandats dans le cadre d’une enquĂȘte contre le trafic de drogue. Le dispositif de blanchiment d’argent, toujours selon la PF, impliquait des multimillionnaires au BrĂ©sil et Ă  l’étranger avec l’utilisation de plusieurs personnes interposĂ©es, appelĂ©es oranges, et des sociĂ©tĂ©s Ă©crans, dans le but de donner une apparence lĂ©gale au profit du trafic ». L’énorme tas d’argent, lui, appartenant Ă  un trafiquant bien prĂ©cis
 et c’était l’aboutissement, en quelque sorte de l’opĂ©ration commencĂ©e en 2019 au BrĂ©sil, et mĂȘme deux ans auparavant.

OĂč l’on retrouve nos fameux camions brĂ©siliens

A l’origine, il y a trois ans alors, un cargo au BrĂ©sil et un envoi de coke ratĂ© : « Le Service fĂ©dĂ©ral des impĂŽts a dĂ©clarĂ© que les enquĂȘtes avaient commencĂ© aprĂšs une saisie en septembre 2017, lorsque 776 kilogrammes de cocaĂŻne, qui Ă©taient exportĂ©s via le port de ParanaguĂĄ vers le port d’Anvers, en Belgique, avaient Ă©tĂ© saisis. A partir de cette apprĂ©hension, toujours selon l’IRS, le PF a ouvert une enquĂȘte policiĂšre et les deux agences publiques ont agi de concert dans les enquĂȘtes jusqu’à dĂ©couvrir l’organisation criminelle ». A noter que le 19 mars 2020 on avait interceptĂ© au mĂȘme endroit 766 kg de cocaĂŻne dissimulĂ©s dans un chargement de bois au dĂ©part pour le Havre (cf les deux photos ci-contre). Le 14 octobre 2019, c’était 1 300 kilos de coke qui avaient Ă©tĂ© interceptĂ©s dans le mĂȘme port
 dĂ©cidĂ©ment rĂ©cidiviste.

A Paranagua la drogue arrivait par
 camions, comme le montrait dĂ©jĂ  ce rapport de 2014
 une enquĂȘte qui avait Ă©tĂ© toute simple : elle avait analysĂ© en effet les urines des camionneurs
 « Soixante-deux conducteurs ont Ă©tĂ© inclus dans l’étude. Les analyses toxicologiques ont montrĂ© que 8,1% (intervalle de confiance Ă  95% [IC], 2,7 Ă  17,8%) des Ă©chantillons d’urine Ă©taient positifs pour les drogues (4,8% pour la cocaĂŻne, 1,6% pour l’amphĂ©tamine et 1,6% pour les deux); 8,1% ont dĂ©clarĂ© avoir consommĂ© de la drogue au cours des 30 jours prĂ©cĂ©dents dans le questionnaire et un seul a Ă©tĂ© testĂ© positif pour le mĂ©dicament dans l’échantillon d’urine. Aucun Ă©chantillon n’était positif pour les cannabinoĂŻdes. Au total, au moins 14,5% (IC Ă  95%, 6,9-25,8%) avaient consommĂ© des drogues illicites au cours des 30 jours prĂ©cĂ©dents sur la base d’auto-dĂ©clarations et de tests d’urine. Les conducteurs qui ont dĂ©clarĂ© avoir Ă©tĂ© impliquĂ©s dans des accidents de la route l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente ont Ă©tĂ© plus souvent testĂ©s positifs Ă  la dĂ©tection de drogues dans des Ă©chantillons biologiques (P <0,05). » Ici à droite la tonne dĂ©couverte le 9 juillet 2018. Le 10 juin c’était 390 kilos de chlorhydrate de cocaĂŻne, cachĂ©e dans un conteneur chargĂ© de contreplaquĂ© et Ă  destination du port d’Anvers, encore une fois. Le lendemain, le 11, la coke Ă©tait dissimulĂ©e dans le bras mĂ©canique d’une pelle excaveuse qui devait Ă©galement ĂȘtre envoyĂ©e en Belgique. Dans le mĂȘme conteneur, un tracteur Ă©tait Ă©galement transportĂ©. Il y en avait cette fois 881 kilos au total, qu’il a fallu extraire en dĂ©coupant le fer de la structure avec des meules spĂ©ciales apportĂ©es par les pompiers !!! Ci-dessous un autre chargement de contreplaquĂ© dĂ©couvert en Itlalie (avec des trafiquants fans d’History Channel, visiblement (1) !):

L’organisateur principal  du trafic vivait à Marbella

En rĂ©alitĂ© la police portugaise cherchait autre chose, ou plutĂŽt quelqu’un de prĂ©cis. Le maĂźtre d’Ɠuvre d’une bonne cinquantaine de cargaisons de plus d’une tonne de coke :  « le raid a Ă©tĂ© menĂ© dans l’espoir de mettre fin au fugitif international, SĂ©rgio Carvalho, 62 ans, soi-disant originaire du Surinam, alias Paul Wouter, un ancien major de la police militaire brĂ©silienne, surnommĂ© «le major», qui est le cerveau derriĂšre un Ă©norme transport de cocaĂŻne qui a Ă©tĂ© saisi sur la cĂŽte galicienne de l’Espagne en 2017, pour lequel une peine de 13 ans de prison a Ă©tĂ© prononcĂ©e par la police espagnole, qui affirme que ses activitĂ©s criminelles remontent Ă  1997, alors qu’il Ă©tait apparemment toujours dans la police brĂ©silienne. Carvalho-Wouters aurait «vĂ©cu comme un roi» dans la station balnĂ©aire de luxe espagnole de Marbella, et rĂ©cemment, des histoires circulaient selon lesquelles il Ă©tait mort d’un coronavirus et avait Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©, une rĂ©clamation auprĂšs des autoritĂ©s n’achetant pas, comme il y en a eu aucune confirmation officielle de sa mort. LuĂ­s Neves, chef de la police de PJ, a dĂ©clarĂ© que le transport n’était « qu’une petite partie de l’argent provenant du trafic », et qu’il est connu pour ĂȘtre un visiteur rĂ©gulier Ă  Lisbonne, oĂč ses deux appartements de luxe, d’une valeur d’environ 2,5 millions d’euros, ont ont Ă©tĂ© confisquĂ©s, dans lesquels la police a trouvĂ© « divers comptes bancaires et documents, qui permettront Ă  la police d’avancer encore plus loin », le total cumulĂ© jusqu’à prĂ©sent rĂ©cupĂ©rĂ© lors des raids antĂ©rieurs contre Carvalho se chiffrant Ă  163 propriĂ©tĂ©s, 70 voitures, 37 avions et diverses cachettes de trĂ©sorerie en Belgique et au BrĂ©sil. » Sous le nom de Wouter, il se prĂ©sentait comme responsable de plusieurs entreprises d’importation de fruits de mer au Maroc et Ă  DubaĂŻ.

Un homme trĂšs organisĂ© et trĂšs puissant que cet ancien policier brĂ©silien : « jusqu’à six cellules parfaitement Ă©quipĂ©es fonctionnent Ă  son service, chacune avec une fonction spĂ©cifique. Ainsi, il dispose d’un groupe dĂ©diĂ© au transport de drogue par bateau, d’un autre qui fournit des infrastructures aĂ©riennes (dans l’opĂ©ration Enterprise plusieurs avions de grande capacitĂ© de fret ont Ă©tĂ© saisis) et jusqu’à trois organisations diffĂ©rentes pour expĂ©dier de la cocaĂŻne cachĂ©e dans des conteneurs, avec deux ports de dĂ©part vers l’Europe: Natal (ici Ă  gauche) et ParaguanĂĄ. Ces deux quais Ă©taient les principaux, mais pas les seuls, utilisĂ©s par l’organisation. Les autoritĂ©s judiciaires et policiĂšres de Pontevedra sont claires: « Il est plus puissant que n’importe lequel des trafiquants de drogue galiciens » En tant que portes d’entrĂ©e vers l’Europe, outre la Galice, le cartel de Carvalho a opĂ©rĂ© en Espagne et au Portugal, Ă©galement en Afrique, en Allemagne, en France, en Italie et mĂȘme au Danemark, mais surtout il l’a fait via les deux ports ayant le plus de trafiquants de drogue au mĂštre carrĂ© au monde: Rotterdam et Anvers. Les deux sont pleins de taupes. La preuve en est que seuls six des 59 envois attribuĂ©s au groupe ont Ă©tĂ© saisis dans les enclaves susmentionnĂ©es. La police fĂ©dĂ©rale, cependant, gĂšre les preuves que 14 autres conteneurs contenant des milliers de kilos de cocaĂŻne saisis Ă  l’origine (au BrĂ©sil) Ă©taient destinĂ©s Ă  ces endroits. »

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