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Paris, le 06 mars 2008
Monsieur le ministre,
AprĂšs avoir parcouru plus de 24 000 kilomĂštres Ă la rencontre des douaniers et personnels de la douane française, en visitant les Ă©coles, les centres opĂ©rationnels et de trĂšs nombreuses directions aux quatre coins de lâHexagone, jâai alertĂ© sur la question de la drogue dans notre sociĂ©tĂ© comme sur ma situation personnelle.
AdoubĂ© et envoyĂ© mener la guerre contre le narcotrafic en premiĂšre ligne il y a presque vingt ans par votre prĂ©dĂ©cesseur Michel Charasse, et suite Ă ses propos tenus il y a quelques jours dans son fief de Puy-Guillaume â « que la douane fasse son travail et que le ministre actuel fasse le sien ! Ce sont Ă eux dâagir ! » -, il mâa semblĂ© tout naturel de boucler ce tour de France en cherchant Ă vous rencontrer. Câest dâici aussi que sont partis les ordres et les envoyĂ©s spĂ©ciaux pour venir me demander de cacher mon identitĂ© dâagent infiltrĂ©, faisant de moi un coupable idĂ©al et Ă bon compte.
Voici trois jours que je suis devant votre ministĂšre jour et nuit et vous nâavez pas estimĂ© possible, ni intĂ©ressant ni opportun, de me recevoir malgrĂ© les sollicitations adressĂ©es Ă votre cabinet.
DĂ©montreriez-vous par lĂ votre mĂ©pris pour les agents de lâombre sans lesquels vos services perdent toute efficacitĂ© dans la lutte contre la grande criminalitĂ© ?
Vous avez jugĂ© prĂ©fĂ©rable de mâignorer, refusant par lĂ -mĂȘme de vous pencher sur mon dossier que vous pouvez, par votre position et votre intervention, enfin solutionner.
Je nâose imaginer que la dĂ©cision de justice de 2006 mâinnocentant nâa aucune valeur Ă vos yeux⊠Faudrait-il encore que vous puissiez la consulter pour en apprĂ©cier la teneur.
Face Ă la superbe ignorance dans laquelle vous me laissez me dĂ©battre, vous ne vous Ă©tonnerez pas que je transforme ce courrier en lettre ouverte, en le transmettant aux mĂ©dias qui nâont cessĂ© de dĂ©noncer le caractĂšre scandaleux et inique de ma situation. ConfrontĂ© Ă une montagne dâindiffĂ©rence, câest la seule solution que vous me laissez pour espĂ©rer que vous lirez ce courrier.
On ne choisit pas toujours les armes avec lesquelles on va au combat, Monsieur le Ministre.
Ce 6 mars, NS55 de la DNRED dépose à vos pieds les armes de cette derniÚre campagne.
Ce faisant, soyez assuré que je continue le combat.
Respectueusement.
Marc Fiévet, NS55 DNRED
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