EUROPE đŸ‡ȘđŸ‡ș : essor de la mĂ©thamphĂ©tamine dans l’ombre du marchĂ© unique

« Breaking Bad » en Europe centrale

Un reportage de Prune Antoine 

La drogue, miroir dĂ©formant des sociĂ©tĂ©s ? La mĂ©thamphĂ©tamine qui gangrĂšne la Mitteleuropa n’ouvre pas les portes d’autres mondes possibles mais aide Ă  supporter les cadences Ă  l’usine, Ă  oublier la duretĂ© du prĂ©sent, Ă  repousser un avenir sinistre. Dans des zones frontaliĂšres, les laboratoires clandestins Ă©closent partout, la production se professionnalise et profite du grand marchĂ© europĂ©en.

Il est cinq heures du matin lorsque les gyrophares dĂ©chirent l’obscuritĂ© d’une zone industrielle Ă  la pĂ©riphĂ©rie d’Ostrava. Des hommes armĂ©s enfoncent une porte mĂ©tallique. À l’intĂ©rieur, des fĂ»ts de prĂ©curseurs chimiques empilĂ©s jusqu’au plafond, des tuyaux de distillation, l’odeur Ăącre de l’éphĂ©drine en cuisson. Un laboratoire clandestin dĂ©mantelĂ© de plus.

Cette descente de police illustre la guerre sans fin que mĂšne la TchĂ©quie contre sa drogue nationale. Ici, on ne parle pas de crystal meth mais de pervitine, du nom du stimulant distribuĂ© massivement aux soldats de la Wehrmacht pendant la seconde guerre mondiale. Quatre-vingts ans plus tard, la molĂ©cule circule toujours largement dans les marges industrielles de l’Europe centrale. On l’appelle la « cocaĂŻne du pauvre Â». Un gramme de cocaĂŻne coĂ»te environ 150 euros dans la rĂ©gion ; un gramme de mĂ©thamphĂ©tamine, 30.

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