FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Drogues) : dans un entretien au Parisien – Aujourd’hui en France, GĂ©rald Darmanin dresse un un bilan positif sur prĂšs d’un an d’action contre le trafic de stupĂ©fiants

QUID de la cyber-distribution via Twitter ?

QUID de l’incapacitĂ© de nos cyber-services pour supprimer les milliers de propositions de stups, d’armes et d’offres pĂ©docriminelles ?

QUID de l’implantation des nouveaux points de vente ?

QUID du contrĂŽle efficace possible dans nos ports maritimes ?

QUID de l’embouteillage des services judiciaires ?

QUID de l’économie souterraine qui alimente des quartiers dĂ©favorisĂ©s ?

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EXTRAITS

de

l’interview cocorico !

Par Jean-Michel Décugis et Damien Delseny

Il y a neuf mois vous avez fait de la lutte contre le trafic de drogue une priorité. Quel est votre bilan ?

Nous sommes en train de regagner le terrain. Et c’est sans prĂ©cĂ©dent. Nous menons la bataille sur deux fronts : l’offre et la demande. L’offre, avec la lutte contre les trafics internationaux, les grossistes et tous les points de deal que nous avons recensĂ©s et ciblĂ©s, mais aussi en travaillant sur la demande, avec les consommateurs et les amendes forfaitaires dĂ©lictuelles (AFD) pour usage de stupĂ©fiants (NDLR : 200 euros et une inscription au fichier des antĂ©cĂ©dents judiciaires).

Cela signifie que la demande reste forte ?

Oui. La preuve, c’est que dans une annĂ©e 2020 marquĂ©e par le confinement et le couvre-feu, les saisies de drogue ont Ă©tĂ© trĂšs importantes.

Est-ce liĂ©, selon vous, Ă  la crĂ©ation de l’Office anti-stupĂ©fiants, l’OFAST ?

Il y a tout un dispositif. Avant, les services travaillaient en silo, l’ OFAST, voulu par le prĂ©sident de la RĂ©publique, c’est la task-force au service d’une mobilisation gĂ©nĂ©rale anti-drogue, une DEA (la Drug Enforcement Administration aux Etats-Unis) Ă  la française. Dans chaque dĂ©partement, dĂ©sormais, une cellule du renseignement opĂ©rationnel sur les stupĂ©fiants coordonne l’action. Cela a contribuĂ© Ă  dĂ©manteler 12622 rĂ©seaux l’an dernier.

Vous aviez recensé en septembre 3952 points de deal en France, combien ont été démantelés ?
Quatre cent cinquante. Et nous allons accélérer la cadence.
Justement, ces attaques contre la police vous les attribuez Ă  la lutte contre le trafic de drogue ?
Il y a un lien Ă©vident entre le trafic de drogue et la violence. Mais pas seulement contre les forces de l’ordre.
Vous pensez aux rĂšglements de compte et aux rixes entre bandes ?
En tout cas, tous les rĂšglements de compte commis pendant l’Ă©tĂ© Ă©taient en lien avec le trafic de drogue, Ă  l’exception des Ă©pisodes violents survenus Ă  Dijon avec la communautĂ© tchĂ©tchĂšne. C’est une inquiĂ©tude et, en mĂȘme temps, la consĂ©quence du travail menĂ© par la police sur le terrain.
Il y a aussi les armes ?

Les dealers se sont beaucoup armĂ©s aussi. A titre d’exemple, en novembre 2019, quand on dĂ©mantelait un trafic, 8% des personnes interpellĂ©es Ă©taient porteuses d’armes Ă  feu. Aujourd’hui, c’est 22%. C’est la preuve d’une militarisation du trafic de drogue.

Y a-t-il toujours une loi du silence dans ces quartiers ?
De moins en moins, et je m’en rĂ©jouis. C’est tout l’intĂ©rĂȘt de la plate-forme de signalement mise en place (moncommissariat.fr et la brigade numĂ©rique de la gendarmerie).
Cela veut-il dire que les mĂ©thodes des trafiquants s’adaptent Ă  la conjoncture ?
Entre mars et juin, pĂ©riode de confinement, le trafic s’est effondrĂ©. Notamment en raison de l’arrĂȘt du trafic aĂ©rien et de la limitation de la circulation routiĂšre. Mais, en rĂ©alitĂ©, ce trafic s’est transformĂ© avec le dĂ©veloppement de la livraison Ă  domicile. On a vu arriver des plates-formes sur les rĂ©seaux sociaux comme sur Snapchat pour passer les commandes et, ensuite, des livraisons avec scooters, motos ou mĂȘme voitures. Il y a aussi les livraisons par voie postale.
Votre action vise aussi les consommateurs. Grùce aux AFD, les amendes forfaitaires délictuelles, peut-on dresser une cartographie précise de cette consommation, et un profil des clients ?
J’ai demandĂ© une analyse plus fine de cette question. Il y a d’abord une consommation de proximitĂ© par des habitants de ces quartiers populaires. Mais il y a aussi une population plus bourgeoise qui consomme et qui, elle, se fait livrer Ă  domicile. La consigne que j’ai donnĂ©e, notamment Ă  la prĂ©fecture de police de Paris, c’est aussi d’ĂȘtre prĂ©sent dans les quartiers plus « huppĂ©s » pour contrĂŽler ces livraisons Ă  scooter ou moto. ArrĂȘtons d’accepter la consommation mondaine de la drogue.
Dans votre guerre contre le trafic, vous comptez aussi sur les élus ?
Nous allons proposer aux 100 maires les plus concernĂ©s de travailler Ă©troitement avec nous. Parce que nous avons besoin d’eux aussi pour un travail plus social, afin de sortir certains consommateurs de leurs addictions, de travailler sur la re scolarisation. Dans les Ă©coles parmi les plus touchĂ©es, nous allons renforcer, avec Jean-Michel Blanquer, la vidĂ©oprotection et les contrĂŽles aux abords.
Pour lutter contre ces Ă©quipes trĂšs organisĂ©es, il faut aussi du matĂ©riel. OĂč en est-on de l’utilisation des drones ?
Cela va ĂȘtre dĂ©battu cette semaine devant le SĂ©nat dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la sĂ©curitĂ© globale. Pour l’instant, faute de cadre lĂ©gislatif, ils sont au garage.
L’occupation des halls d’immeuble se poursuit mĂȘme durant le confinement ou le couvre-feu…
C’est un dĂ©lit, mais il est difficile Ă  rĂ©primer puisque personne ne tĂ©moigne. Donc nous allons mettre en place en octobre, lĂ  aussi, un systĂšme d’amende forfaitaire, ce qui permettra de verbaliser mais aussi d’inscrire ces personnes contrĂŽlĂ©es au fichier des antĂ©cĂ©dents judiciaires et ainsi de mieux identifier ceux qui travaillent comme petites mains dans les rĂ©seaux.
A Paris, la consommation de crack reste un problÚme récurrent

Le problĂšme du crack, c’est qu’il engendre une trĂšs forte dĂ©pendance. Les effets sur la santĂ© physique et mentale sont dĂ©vastateurs et la dĂ©tĂ©rioration de ceux qui consomment est rapide et souvent inĂ©luctable. C’est une toxicomanie qui touche particuliĂšrement des personnes fragilisĂ©es dĂ©jĂ , venant des classes populaires et parfois une population immigrĂ©e clandestine. L’intervention et le rĂŽle de la police sont trĂšs compliquĂ©s. Il y a des saisies et des revendeurs arrĂȘtĂ©s tous les jours, mais c’est une drogue trĂšs facile Ă  fabriquer. Il faut travailler avec le corps mĂ©dical et social des villes touchĂ©es pour pouvoir faire un accompagnement qui ne soit pas que policier.
Vous parlez de prévention. Votre plan de bataille comporte-il un volet préventif ?
Oui, et nous devons ĂȘtre plus efficaces sur la prĂ©vention. Nous n’avons pas encore gagnĂ© la bataille pour expliquer que la drogue, c’est vraiment de la merde. Le Premier ministre a donnĂ© son accord pour lancer une vaste campagne de communication sur le sujet. Il n’y en a pas eu depuis le dĂ©but des annĂ©es 1980. Il faut dĂ©montrer la nocivitĂ© absolue des stupĂ©fiants dans le dĂ©crochage scolaire, dans les maladies psychologiques, dans les violences conjugales, dans les accidents de la route.  La drogue n’est pas un produit sympathique. La drogue, c’est la mort.

SOURCE et l’intĂ©gralitĂ© de l’interview


Étant tous Ă©gaux devant la loi, merci de signer la pĂ©tition pour un contrĂŽle dĂ©pistage de drogues sur l’ensemble de nos Ă©lus faiseurs de lois, des dĂ©cideurs, des douaniers, des policiers, des gendarmes et des magistrats

Pour signer la pétition

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