FRANCE đŸ‡«đŸ‡· : le secret-dĂ©fense couvre d’un voile d’opacitĂ© ce que le droit interdit, en raison de l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la Nation

Mais quel intĂ©rĂȘt national peut-il justifier, en matiĂšre pĂ©nale, que la dĂ©fense ne puisse accĂ©der aux documents sur lesquels se fonde l’accusation ? Existe-t-il rĂ©ellement de lĂ©gitimes raisons de sacrifier ainsi les droits de la dĂ©fense sur l’autel de la raison d’État ?

Par Robin Binsard, Amaury Bousquet, SĂ©lim Brihi et Guillaume Martinele 06 Octobre 202

La raison d’État est un pouvoir qui agit au-dessus de la morale et du droit, au nom ou au prĂ©texte du bien commun1. C’est Ă  l’aune de ce principe que l’État s’autorise, ponctuellement, Ă  violer le droit et la loi au nom d’un critĂšre d’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur2. C’est en application de ce mĂȘme principe qu’en 1822, puis en 1875, le Conseil d’État a créé la catĂ©gorie des actes de gouvernement : ces dĂ©cisions insusceptibles de recours, puisqu’intrinsĂšquement liĂ©es Ă  l’action du pouvoir exĂ©cutif et, in fine, Ă  la politique3.

Si nĂ©cessaire soit-elle, la raison d’État est l’ennemi des libertĂ©s individuelles, dont le rĂŽle est aussi de « raisonner la raison d’État »4. Puisque la raison d’État permet d’outrepasser la loi, alors des garde-fous sont nĂ©cessaires, afin d’éviter le basculement d’une dĂ©mocratie vers un rĂ©gime autoritaire. C’est d’ailleurs dans cette perspective que le lĂ©gislateur et les constituants sont intervenus, Ă  l’occasion de la Constitution du 4 octobre 1958, puis de la rĂ©vision constitutionnelle du 23 juillet 2008, afin de rĂ©duire le champ des actes de gouvernement, et d’autoriser les recours en justice internationale et devant le Conseil constitutionnel contre certains d’entre eux.

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Et aussi lorsque le ‘SECRET DÉFENSE’ est mis Ă  toutes les sauces

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